jeudi 19 juillet 2018

Corée du Nord : L’incroyable réchauffement

Il ne faut jamais jurer de rien, surtout en politique internationale.

Il y a deux mois, on se demandait si Trump n’allait pas déclencher un feu nucléaire préventif sur la Corée du Nord ou si ce régime n’allait pas, lui, tenter un nouveau Pearl Harbour. On en est à une rencontre historique…

Une rencontre pour parler de dénucléarisation et de paix dans une zone ou règne, depuis  le conflit coréen des années 50, un état de guerre permanent.

L’annonce est aussi inattendue que spectaculaire: le président américain, Donald Trump, a accepté, le 8 mars dernier, de rencontrer prochainement le leader nord-coréen, Kim Jong-un, avec lequel il s’était engagé dans une agressive joute verbale depuis son arrivée au pouvoir.

Libération raconte: «Dans une brève allocution devant la West Wing de la Maison-Blanche, à la nuit tombée, Chung Eui-yong, conseiller national sud-coréen à la Sécurité, a annoncé que M. Trump avait accepté l’invitation» pour ce sommet historique. Le leader nord-coréen «a fait part de son désir de rencontrer le président Trump le plus vite possible», a-t-il dit. «Le président Trump a apprécié le compte-rendu et a dit qu’il rencontrerait Kim Jong-un d’ici fin mai, pour parvenir à la dénucléarisation permanente», a-t-il ajouté. La Maison Blanche a confirmé que le président américain, 71 ans, avait accepté la proposition de l’énigmatique dirigeant trentenaire.

Dans un tweet, Donald Trump, a salué de «grands progrès» sur le dossier nord-coréen, insistant sur le fait que l’homme fort de Pyongyang avait parlé de «dénucléarisation», pas seulement d’un «gel» des activités nucléaires. «Les sanctions doivent rester en place jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé», a-t-il ajouté».  

Il faut rester prudent. On n’en est pas à la dénucléarisation de la péninsule, à une paix stable avec le départ des 30.000 soldats américains de la Corée du Sud. Si le dialogue entre les deux dirigeants les plus fantasques du monde débouchait sur un échec, la crise pourrait rebondir.

Pour le moment, les deux hommes sont gagnants.

Kim Jong-un peut affirmer que sa politique d’essais nucléaires et le renforcement de son arsenal balistique ont payé. Il oblige la première puissance du monde à négocier avec lui d’égal en égal. Quant à Trump, il peut affirmer que ses menaces ont payé et que sa politique de fermeté oblige un régime menaçant à s’asseoir à la table des discussions.

Le Japon se félicite, mais reste prudent.

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a salué le «changement de la part de la Corée du Nord» et l’annonce de la tenue d’un sommet Trump-Kim, le voyant comme «le résultat de la coopération entre le Japon et les Etats-Unis et entre le Japon, les Etats-Unis et la Corée du Sud, destinée à maintenir une forte pression, de concert avec la communauté internationale». «Il n’y a pas de changement de politique de la part du Japon et des Etats-Unis», a-t-il ajouté. «Nous continuerons à exercer une pression maximale, jusqu’à ce que la Corée du Nord prenne des mesures concrètes vers une dénucléarisation de manière parfaite, vérifiable et irréversible».

Plusieurs observateurs américains restent cependant très sceptiques, après des mois de guerre des mots entre Washington et Pyongyang, sur fond de progrès nord-coréens dans les domaines nucléaire et balistique.

Visé par une série de sanctions imposées par le Conseil de sécurité des Nations Unies et plusieurs pays, le régime nord-coréen avait jusqu’ici toujours affirmé que le développement de son programme nucléaire n’était tout simplement pas négociable. Il y a moins de trois semaines, M. Trump avait annoncé de nouvelles sanctions, quelques heures après l’arrivée de sa fille Ivanka en Corée du Sud pour la fin des Jeux Olympiques.

Le défilé commun des deux délégations nord-sud avait été, dans le climat actuel, une énorme surprise. La diplomatie des jeux avait entraîné un réchauffement surprise entre les deux pays rivaux, à la surprise générale.

On est maintenant un pas plus loin avec une rencontre historique, du jamais vu  depuis la guerre entre un président américain et un  président coréen!

Décidément, c’est l’inattendu qui dirige la politique internationale. Sans pouvoir dire si ces deux-là vont s’embrasser sur la bouche à la soviétique ou tenter de se lyncher à l’américaine…

Patrice Zehr

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