«8 Mars» : Le pire ennemi des femmes…

Et voilà un autre «8 Mars» ! Le monde entier (nous compris) déblatèrera sur «La Femme», ses droits, ses acquis et tout ce qu’elle n’a pas encore acquis… Cette journée n’a-t-elle pas été créée pour ça ? Une journée internationale de «La Femme», avec un seul point à l’ordre du jour: «La Femme».

Et comme «La Femme» ne désigne pas une seule catégorie de femmes, mais plusieurs: la jeune, la vieille ; la citadine, la rurale ; la riche, la pauvre ; la mariée, la divorcée ; la cheffe de famille, la célibataire ; l’instruite, l’analphabète ; la moderne, la conservatrice ; la rebelle, la soumise… Tout ceci à l’intérieur d’un même pays…

Et qu’il y a aussi les différences entre femmes de différents pays: la femme n’a pas le même statut dans une démocratie occidentale et une dictature ; un Etat laïc et un pays musulman ; une super puissance et un Etat-croupion…

Il est donc inévitable que le flot d’analyses, commentaires, dénonciations et autre conseils, auquel donne lieu la journée du 8 Mars, se transforme en Tsunami !

Pour autant, quel que soit le pays, l’âge, ou le statut de cette multitude de femmes, elles ont toutes en commun un seul et même idéal: jouir pleinement de tous leurs droits d’être humain.

C’est cela qui est à la base de n’importe quel combat en faveur de «La Femme» ! Que la femme puisse jouir de ses droits, jouir de ses libertés, jouir de sa citoyenneté !

Quand les féministes des années 60 réclamaient l’égalité de sexes, dans les démocraties occidentales, c’était au fond une revendication de droits humains… Bien que cela ait été caricaturé à volonté…

De même que toutes ces revendications de révision des lois (notamment le statut de la famille) ; ces luttes contre les plafonds de verre et les inégalités de salaires ; ces batailles juridiques contre les violences faites aux femmes ; ces mobilisations populaires contre les dérives misogynes de telle ou telle société (à commencer par la nôtre)… Tout cela n’est que revendication de droits humains !

Un combat on ne peut plus noble, qui a donné ses fruits, au vu des grands progrès que connaît, globalement, la condition de «La Femme» dans le monde.

Le fait que «Le Citoyen» soit désormais mis au cœur de toutes les politiques, profite également à la cause de la femme, qui est devenue «un citoyen» égal aux autres citoyens, notamment dans les manifestations, les réseaux sociaux… 

Bien sûr, il reste bien des batailles à mener, sur les plans juridique, politique et/ou économique.

Au Maroc, comme ailleurs, les défenseurs des droits de «La Femme» ne baissent pas les bras.

Mais le pire obstacle auquel se heurte ce combat et sur lequel il s’échoue, comme s’échoue un navire sur un récif, c’est… La mentalité !

D’abord, la mentalité de l’homme pour qui la femme est un être qui lui est inférieur «Wa Intaha Al Kalam» (fin de la discussion).

Ensuite, la mentalité que cultivent de larges pans de la société, soit du fait d’un conservatisme ancien, qui se nourrit de traditions, us et coutumes. Soit –et c’est le grand bouleversement de ces dernières années- du fait d’un ultra conservatisme, nouveau, notamment dans les pays arabes et musulmans, qui se nourrit, lui, de tous les fondamentalismes, voire obscurantismes, dominant la scène internationale.

Le plus grave est que, non seulement ces mentalités empêchent de réaliser de nouvelles avancées, mais elles contribuent à une régression lente et sournoise, mais de plus en plus évidente…

Le combat des défenseurs des droits de la femme devient clivant. Les illustrations en sont nombreuses au Maroc. De l’affaire de la jupe que portaient les deux jeunes filles d’Inezgane (agressées pour cela), à celle des libertés individuelles que propose le CNDH (auxquelles s’oppose le Gouvernement), les chocs de mentalités ont poussé plus d’une fois les Marocaines à manifester dans la rue.

Et ce 8 Mars 2020, malheureusement, n’y changera rien.

D’où l’importance de poursuivre le combat qui sera de longue haleine.

Bahia Amrani

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