Scandale. La chirurgie esthétique, entre fantasmes, tromperies, et tribunaux… | Voire fin tragique

Dr Hassan Tazi,Mounia Tazi,médecin esthéticien,chirurgien plasticien

Les standards et normes de beauté ont évolué considérablement au cours des dernières décennies. De nos jours, il ne suffit plus d’être belle/beau. A l’époque actuelle, tout le monde veut atteindre la perfection physique, quel que soit le à payer.

Dans cette quête effrénée et concurrentielle vers la beauté parfaite, il arrive que certains perdent le nord, nourrissant ainsi une véritable obsession pathologique sur une ou plusieurs parties de leurs corps.

Liposuccion, Botox, lifting du visage, augmentation ou réduction mammaire, Hollywood Smile, greffe de cheveux, fausses fossettes… Le client (patient) n’a que l’embarras du choix. De leur côté, les chirurgiens plasticiens se livrent une concurrence effrénée pour attirer le maximum de personnes, sachant que la chirurgie esthétique n’est plus l’apanage des riches. Les grandes villes marocaines comptent aujourd’hui des cliniques spécialisées en la matière, proposant des tarifs avantageux.

Il faut toutefois noter qu’une opération chirurgicale à caractère esthétique n’est pas sans risques et peut très bien entraîner des complications plus ou moins graves. La plupart des cas de décès pendant ou après une chirurgie plastique sont dus à des négligences médicales. Au cours des dernières années, des accidents mortels ont été répertoriés à Casablanca et à , incriminant des chirurgiens plasticiens.

Plus récemment (avril 2022), une affaire d’escroquerie a éclaboussé le milieu médical marocain. Celui par qui le scandale est arrivé n’est autre que le Dr. Hassan Tazi. Surnommé «médecin des pauvres» ou encore «magicien du bistouri», s’est adonné à une magie d’un autre genre. Incarcéré, lui et son épouse, au centre pénitenciaire d’Oukacha à Casablanca, Dr. Tazi est accusé d’avoir pris des photos de patientes appartenant à des familles nécessiteuses avant d’utiliser ces clichés pour récolter d’importantes sommes d’argent sous forme de dons de la part de bienfaiteurs.

Lire aussi
Rachid Lazrak, professeur de droit à l’Université Ibn Tofail

D’autres chefs d’inculpations pèsent sur le célèbre , notamment la constitution d’une bande criminelle et la traite d’êtres humains, falsification de factures de traitement et de dossiers médicaux, blanchiment d’argent et usurpation de fonction. S’il est reconnu coupable, Dr. Tazi risque gros.

Ce scandale a mis la puce à l’oreille des pouvoirs publics, qui comptent mettre les moyens qu’il faut pour barrer la route aux profiteurs qui n’éprouvent aucune gêne à exploiter la faiblesse physique, mentale, ou encore l’ignorance d’une personne pour servir leurs propres intérêts.

De manière plus large, l’affaire du Dr. Tazi doit nous interpeller, tous autant que nous sommes, sur le fait que c’est la diversité des morphologies qui caractérise l’apparence humaine. Certes, il n’est pas toujours simple d’accepter son physique à l’époque de la dictature de l’image. Toutefois, s’obstiner à vouloir changer pour devenir un autre, peut donner non seulement des conséquences psychologiques, mais aussi physiques graves, voire mortelles.

M. Lourhzal

Voir aussi

8 mars,Journée Internationale des Femmes

Développement humain | L’INDH, acteur clé pour l’amélioration de la condition féminine

SPECIAL 8 MARS Le Maroc connaît des mutations sociales profondes, notamment en matière d’égalité entre …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Captcha Plus loading...