Sahara | Et maintenant la Zone tampon !

Le Conseil de Sécurité a adopté lundi 30 octobre 2023 sa Résolution annuelle sur le Sahara: la Résolution 2703 (2023) qui a recueilli 13 voix sur les 15 que compte le Conseil et 2 abstentions (la Russie et le Mozambique) et qui apporte un nouvel appui aux positions du Maroc.

Le tir de projectiles du Polisario contre Smara, qui a fait un mort et trois blessés dont deux graves, la veille du jour du vote, dans l’intention d’en changer le cours, aura in fine été un acte stupide à effet boomerang… Mais aussi un fait d’armes quiremet –cette fois-ci avec force- le problème de la zone tampon sur la table. Pour le Maroc, autant que pour l’ONU.

Alors que le Conseil de Sécurité (CS) devait se réunir lundi 30 octobre (2023) pour voter la Résolution sur le Sahara qui décide notamment de la prorogation du mandat de la Minurso, les séparatistes du Polisario ont cru réussir un coup d’éclat en tirant des projectiles, dans la nuit-même du 29 au 30 octobre, sur la ville de Smara, située à moins d’une vingtaine de Km de la zone tampon qui longe le mur de défense marocain de part et d’autre. Tirs qui ont provoqué la mort d’un jeune visiteur de la ville, blessé trois habitants dont deux gravement et détérioré quelques habitations de Trois quartiers.

Cette agression militaire, qui a visé et atteint des civils, est définie par le droit international comme «acte terroriste». Un acte que, dans une grande confusion, le Polisario a d’abord revendiqué, avant de se rétracter, puis de le re-revendiquer. Notammentpar la voix de ses acolytes, tel Mohamed Omar, qui a revendiqué les attaques lors d’une conférence de pressesuite au vote de la résolution du CS, tenue au siège de l’ONU (où il est introduit tantôt par l’Algérie tantôt par l’Afrique du Sud).

Poursuivant dans ses menaces, qui l’enfoncent dans le «statut de terroriste», le Polisario annonce d’autres actes similaires.

Un des siens, Mbarek Sid Ahmed Mamine, lance sur X (ex-Twitter), à quelques jours duFestival national de la Marche verte qui se tient à Mahbesdu 4 au 6 novembre (2023): «Nous conseillons aux Sahraouis de ne pas participer au festival… Vous savez et tout le monde sait que Mahbes est très proche de Smara. Prenez cet avertissement au sérieux sinon vous connaîtrez le même sort que ceux qui vous ont précédés…».

La menace est claire et s’adresse à des civils, entrant par là-même dans la catégorie d’«actes terroristes», qui plus est… prémédités, programmés.

Certes, le Maroc a choisi d’éviter la précipitation, procédant méthodiquement.

Le parquet a ouvert une enquête judiciaire afin d’identifier l’origine, la nature des projectiles et attend les résultats de ses propres enquêtes, ainsi que le Rapport de la Minurso, qui a été appelée sur place dès les déflagrations, sachant qu’elle a une base d’opération à Smara.

Cependant, l’Ambassadeur Représentant Permanent du Maroc auprès de l’ONU, Omar Hilale, a prévenu: «Nous savons que le droit international, le droit humanitaire international et les Résolutions du Conseil de sécurité qualifient toute attaque ou tout ciblage de civils comme un acte terroriste, un acte de guerre. Cela suppose, bien sûr, des conséquences et des responsabilités», ajoutant que les responsables: «devront assumer leurs responsabilités juridiques mais aussi politiques. Non seulement ceux qui ont perpétré ces attaques, mais aussi ceux qui sont derrière eux, ceux qui les abritent, ceux qui leur fournissent les missiles ou les mortiers».

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Si la Communauté internationale s’accorde à qualifier le Polisario de «terroriste», ce sera l’un des prix à payer pour cet acte fou du 29 octobre contre Smara.

Mais le Maroc qui, répétons-le, est dans une logique de démarche méthodique, ne se suffira pas de cette solution hypothétique.

Le souci du Royaume a toujours été de sécuriser ses frontières, dont celles du Sahara. D’où le mur de défense qui a été érigé sur 2.700 Km de long et 3 mètres de haut, afin de protéger les populations de ces régions.

Lors de la signature de l’accord de cessez-le feu du début des années 90, le Maroc a accepté le principe d’une zone tampon, afin de permettre à la Minurso d’effectuer sa mission en territoire démilitarisé ; ainsi que de zones d’accès restreint de 30 Km de large.

Or, ce dispositif ne suffit plus à protéger les populations civiles, le Polisario multipliant les incursions dans ces zones pour des attaques armées.

L’outrecuidance du Polisario le pousse même jusqu’à entraver la libre circulation de la Minurso, qui en est réduite à engager d’humiliantes négociations avant de pouvoir aller d’un point à un autre pour se ravitailler en carburants. Le dernier Rapport du Secrétaire Général de l’ONU (celui de ce mois d’octobre, pour ne citer que celui-là) en fait état dans de nombreux paragraphes.

Ainsi, dans les paragraphes 13, 14, 15 et 16, le Secrétaire Général de l’ONU rapporte:«Les restrictions imposées par le Front Polisario à la liberté de circulation ont continué d’empêcher la MINURSO d’assurer de manière sûre et fiable des opérations de logistique, de maintenance et de ravitaillement à destination des bases d’opérations situées à l’est du mur de sable.

Le 17 mars 2023, alors que les réserves de carburant des bases d’opérations situées à l’est du mur de sable atteignaient un niveau critique (…) la Mission de déployer un convoi terrestre de Smara à Mehaires le 22 mars, en dernier recours, pour réapprovisionner ses bases d’opérations et maintenir les opérations de la MINURSO à l’est du mur de sable. Le même jour, l’Armée royale marocaine a répondu en soutien au convoi.

Le convoi est parti le 22 mars. À l’approche de Mehaires, une vingtaine d’éléments armés du Front Polisario ont bloqué la voie et arrêté le convoi, insistant sur le fait qu’il ne pouvait pas continuer et qu’il devait retourner à Smara. Après avoir discuté avec le chef du groupe, le convoi a passé la nuit dans le désert et est retourné à Smara le lendemain, sans livrer sa cargaison à l’équipe qui se trouvait sur le site de Mehaires.

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À la suite d’échanges de haut niveau avec mon Envoyé personnel, mon Représentant spécial et des membres du Conseil de sécurité, le Secrétaire général du Front Polisario m’a écrit le 29 mars pour m’informer que, en signe de bonne volonté et pour aider à surmonter certains des problèmes logistiques que rencontraient la MINURSO, le Front Polisario était disposé à accorder à la Mission un passage sûr, à titre exceptionnel et provisoire pour qu’elle effectue un convoi logistique terrestre afin de réapprovisionner ses bases d’opérations situées à l’est du mur de sable».

Et dans le paragraphe 44: «À l’est du mur de sable, le Front Polisario a continué de restreindre les mouvements des patrouilles terrestres de la MINURSO le long de couloirs de 20 kilomètres à partir de chaque base d’opérations».

Plus graves encore sontles problèmes de sécurité et les dangers mortels que fait peser le Polisario sur les civils, sur les éléments de la Mission onusienne (à Smara, les obus auraient pu tomber sur la base de laMinurso) et sur toute la région.

Voilà pourquoi, la zone tampon dans son ensemble –qui représente 20% de la superficie du Sahara- ne peut rester livrée à l’anarchie qu’y a instauré le Polisario… Si près des agglomérations qui se trouvent  à portée de tirs des séparatistes, telles queMahbes, Smara, Oum Dreiga, ou Awserd.

Mais la sécurisation de cette zone ne relève pas que du Maroc.

L’ONU ne peut pas se contenter de quelques paragraphes de réprimandes à l’encontre du Polisario, dans les Rapports du Secrétaire Général, si nombreux soient-ils.

Et la Mauritanie, quise retrouve également sous le coup de ces menaces d’insécurité, le long de ses milliers de Km frontaliers du Sahara, est aussi concernée.

D’où la 1ère démarche du Maroc, suite à l’agression de Smara: le déplacement sur instructions Royales du Général de Corps d’Armée, Inspecteur Général des FAR et Commandant la Zone Sud, Mohamed Berrid, à la tête d’une importante délégation militaireà Nouakchott,où il a coprésidé avec le Chef d’Etat-Major Général des Armées de la République Islamique de Mauritanie, mercredi 1er novembre, la 4ème réunion de la Commission Militaire Mixte maroco-mauritanienne, qui avait «pour objectif de renforcer la coopération militaire bilatérale», selon un communiqué des FAR.

La veille, le ministre mauritanien des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Merzoug, recevait l’ambassadeur du Maroc Hamid Chabar.

Dans le dossier du Sahara, la Mauritanie, bien que soutenant observer une «neutralité positive », est citée par le Rapport du SG et la Résolution du CS comme une des 4 parties appelées à participer aux tables rondes.

Elle est donc aussi bien diplomatiquement que géographiquement concernée par la sécurité dans les zones tampon et d’accès restreint.

Une chose est sûre, le Maroc est déterminé à défendre les frontières ses du sud et l’agression de Smara par le Polisario lui ouvre toutes les portes de la «légitime défense».    

BA

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