Sahara-Algérie | «Raid» du Maroc, Minurso et communauté internationale

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Et voilà une nouvelle affaire qui laisse perplexes les observateurs des relations Maroc-Algérie: cette affaire des deux camions algériens brûlés au Sahara, qui suscite bien des interrogations, voire qui intrigue, au vu de l’ampleur qu’a tenté de lui donner l’Algérie.

Alger a en effet clairement joué la surchauffe dans cette affaire.  

Oublions ce qu’ont déballé les médias algériens, rivalisant d’insultes et de menaces contre le Maroc, accusé d’avoir bombardé deux camions algériens sur leur route vers la Mauritanie et fait trois victimes.

Ces médias sont aux ordres du Régime et réagissent comme il leur est dit de réagir. L’opinion publique s’y est habituée.

Ce qui confirme la résolue volonté de surchauffe, par contre, c’est ce communiqué de la présidence algérienne –c’est-à-dire, du chef de l’Etat algérien, le Président Tebboune- qui est une véritable déclaration de guerre contre le Maroc.

Que dit ce communiqué daté du mercredi 3 novembre, soit 3 jours après les faits, si l’on s’en tient à la version algérienne ?

Il commence par une instrumentalisation de la date des présumés faits, destinée à braquer le Peuple algérien en tirant sur la corde sensible de son patriotisme. On y lit: «Le 1er novembre 2021, alors que le peuple algérien célèbre dans la joie et la sérénité le 67ème anniversaire du déclenchement de la glorieuse Révolution de libération nationale, trois ressortissants algériens ont été lâchement assassinés par un bombardement barbare de leurs camions, alors qu’ils faisaient la liaison Nouakchott-Ouargla, dans un mouvement naturel d’échanges commerciaux entre les peuples de la région».

Puis, s’employant à justifier le silence de deux jours par une supposée enquête –dont aucun détail n’a pourtant été donné- la Présidence avance que «Les autorités algériennes ont aussitôt pris les dispositions nécessaires pour enquêter sur cet acte ignoble en vue d’élucider les circonstances l’ayant entouré».

Vient enfin l’accusation portée contre le Maroc par la plus haute autorité constitutionnelle de l’Etat algérien et assénée avec les mots les plus fielleux et  provocateurs. La Présidence écrit: «Plusieurs facteurs désignent les forces d’occupation marocaines au Sahara occidental comme ayant commis, avec un armement sophistiqué, ce lâche assassinat à travers cette nouvelle manifestation d’agressivité brutale qui est caractéristique d’une politique connue d’expansion territoriale et de terreur».

Les mots, quand ils viennent de si haut, après 3 jours de silence, prennent leur pleine signification. L’on comprend bien qu’ils ont été choisis avec soin. Et le dernier paragraphe du communiqué de la Présidence confirme le ton et la tendance. Notamment avec son mot de la fin. «Les trois innocentes victimes de cet acte de terrorisme d’Etat rejoignent, en ce glorieux jour du 1er Novembre, les martyrs de la Libération nationale (…). Leur assassinat ne restera pas impuni». Telle est la conclusion du communiqué sur la base duquel la horde des médias affidés a rué aveuglément dans les brancards, en en rajoutant même, avec des titres et des menaces où rien n’a été épargné au Maroc. Des agressions alimentées par la seule version officielle d’Alger.

Or, en quelques heures, les failles de cette version sont apparues au grand jour.

L’enquête -la vraie, celle-là- de la Minurso dont la crédibilité n’est pas sujette à caution, a détricoté cette fumeuse version. La mission onusienne s’est rendue sur le terrain, a examiné les camions carbonisés, singulièrement exposés l’un à côté de l’autre et a livré son premier constat. Elle n’a trouvé aucune trace de projectiles ou d’obus, ce qui dément la thèse du bombardement. La structure des camions cramés est intacte, alors qu’un bombardement les aurait déchiquetés. La Minurso n’a pas trouvé non plus de trace de corps humain, alors que les commentateurs de la vidéo partagée sur les réseaux sociaux parlaient de démembrement des corps (vidéo des «providentiels» cameramen qui ont filmé les camions en feu au moment du prétendu bombardement et s’exprimaient en Hassani). Autre constat de la Mission onusienne, elle n’a trouvé aucune cargaison commerciale, ni dans un camion, ni dans l’autre, ni autour…

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Par contre, elle a relevé des traces d’extincteur de feu !

Autre démenti formel à la toute première version du Pouvoir algérien et de sa meute médiatique, il n’y a eu aucun bombardement sur le territoire mauritanien. L’armée mauritanienne l’a officiellement affirmé. Les camions n’étaient donc ni en territoire algérien, ni en territoire mauritanien. Ils étaient dans la zone tampon que le Polisario présente comme une zone de guerre et où il se gargarise de mener des combats sanglants contre l’armée marocaine, après avoir unilatéralement rompu le cessez-le feu, en réaction à son expulsion de Guregarat. Si cette zone a été décrétée zone de guerre par le Polisario lui-même, qui prétend la contrôler, qu’y faisaient des camions commerciaux, à des dizaines de kilomètres des frontières algériennes et mauritaniennes ?

Pour le Maroc donc, les désaveux de la Minurso et de la Mauritanie suffisent, pour que la Communauté internationale soit prise à témoin de sa non-implication dans un quelconque bombardement, ni utilisation d’«armes sophistiquées». Qu’en est-il alors ? Tout au plus, les camions algériens ont pu prendre feu suite à l’explosion de mines… Ou alors –c’est ce que soutiennent de nombreux analystes- cette affaire a été montée de toutes pièces par le Régime algérien, qui veut tirer le Maroc vers une guerre, afin de détourner les regards de ses échecs internes et internationaux. Guerre dont Rabat, qui n’en veut pas, déjoue tous les pièges, l’un après l’autre.    

Le Maroc, dont le Régime algérien attendait une réaction qui justifierait la surenchère programmée, a réagi comme il a réagi à toutes les dernières provocations algériennes. Face à ce voisin dont il connaît les intentions, il n’a jamais de réponse directe aux provocations. Quand il ne les ignore pas totalement, il se contente de rappeler globalement ses positions de principe ou bien l’absence d’impact des coups portés.

Malgré son inépuisable machiavélisme, le Régime algérien en est pour ses frais cette fois-ci encore. S’il voulait parasiter les célébrations marocaines de l’anniversaire de la Marche Verte (6 novembre), de l’an 1 de la sécurisation de Guergarat (13 novembre) et de la Fête de l’Indépendance (18 novembre), c’est raté !

Ni le Maroc a donné suite à cette affaire, ni la Communauté internationale ! Le Pouvoir d’Alger l’aura noté avec amertume, aucune grande puissance ne s’en est mêlée. Un signe…

Bahia Amrani

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