
Le Maroc a organisé, mardi au siège de l’ONU à New York, un événement de haut niveau sous le thème “Les femmes au cœur de la transformation de la sécurité alimentaire en Afrique”, en marge de la 70è session de la Commission de la condition de la femme (9-19 mars).
Présidé par l’ambassadeur, représentant permanent du Royaume auprès de l’ONU, Omar Hilale, ce Side Event a réuni les ambassadeurs des Etats membres, plusieurs hauts responsables onusiens, représentants d’organisations internationales et partenaires institutionnels dans l’objectif d’examiner les moyens de renforcer l’autonomisation économique des femmes et leur contribution au développement agricole du continent.
Ont notamment pris part à cet événement le président de la session 2026 du Conseil économique et social (ECOSOC), Lok Bahadur Thapa, et la directrice exécutive d’ONU Femmes et Secrétaire générale adjointe des Nations Unies, Sima Bahous.
Dans sa déclaration d’ouverture, l’ambassadeur Hilale a reconnu les défis auxquels l’Afrique est confrontée. Il a toutefois mis en avant le potentiel de transformation du secteur agricole africain, soulignant que cette transformation peut être pleinement réalisée grâce à la promotion de la transformation locale, à un accès durable et abordable aux fertilisants, au développement de chaînes de valeur résilientes et au renforcement des marchés régionaux.
Il a en outre relevé l’importance d’appuyer les forces vives du continent, en particulier les femmes africaines, qui jouent un rôle central dans la production, la transformation et la résilience des systèmes alimentaires africains.
L’ambassadeur a également souligné qu’en droite ligne de la Vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour le développement de l’Afrique, le Maroc fait de la sécurité alimentaire une priorité stratégique dans le cadre de sa politique de coopération Sud-Sud et triangulaire.
Cette coopération est ancrée dans des initiatives et projets concrets, innovants et solidaires, associant institutions publiques, secteur privé et organisations internationales, pour libérer le potentiel agricole du continent africain, a-t-il fait valoir.
Le Groupe OCP a également participé à cette rencontre de haut niveau à travers sa filiale OCP Africa, représentée par sa directrice générale, Hajar Alafifi. Les programmes de cette filiale sont aujourd’hui déployés dans plus de 40 pays africains et bénéficient à plus de quatre millions de petits exploitants agricoles à travers le continent.
Intervenant à cette occasion, Mme Alafifi a rappelé que le Groupe OCP, fort de plus d’un siècle d’expertise avec une présence sur cinq continents, figure parmi les leaders mondiaux des phosphates et des solutions de nutrition des plantes à base de phosphates.
Sa raison d’être, “Donner vie au phosphore – Bringing Phosphorus to Life”, traduit à la fois la volonté de garantir l’accès à cet élément indispensable à la sécurité alimentaire mondiale et celle de valoriser pleinement le potentiel du phosphate marocain, a-t-elle relevé.
Cet engagement, à la fois national et mondial, reflète la détermination du Groupe OCP à mettre le phosphore au service des agriculteurs et des communautés afin de contribuer à nourrir une population mondiale croissante en fournissant aux cultures les nutriments essentiels dont elles ont besoin, a conclu l’intervenante.
En tant que groupe africain, OCP accompagne les agriculteurs du continent dans l’amélioration de leurs rendements tout en promouvant des pratiques agricoles durables et respectueuses de l’environnement. Sa vision vise à contribuer à transformer le paysage agricole africain, à renforcer la sécurité alimentaire mondiale et à promouvoir un développement durable.
À travers l’action de sa filiale OCP Africa, le Groupe OCP développe des solutions innovantes et adaptées de nutrition des sols et des plantes, tout en collaborant étroitement avec les agriculteurs, les gouvernements africains, les institutions financières internationales – notamment la Banque mondiale et la Société financière internationale (IFC) – ainsi qu’avec le secteur privé, afin de développer des capacités locales de production de solutions de nutrition des plantes accessibles et abordables.
Les discussions lors de cet événement de haut niveau ont également mis en lumière le rôle stratégique de l’agriculture pour l’avenir du continent africain, dans un contexte marqué par les défis du changement climatique, de la dégradation des sols et de la sécurité alimentaire.
Dans ce cadre, les intervenants ont souligné que les femmes jouent un rôle central dans les systèmes alimentaires africains, produisant jusqu’à 70% de l’alimentation consommée sur le continent, tout en restant confrontées à des obstacles structurels, notamment en matière d’accès à la terre, au financement, aux intrants et aux marchés.
Les participants ont insisté sur la nécessité de promouvoir des politiques publiques favorables, de renforcer les investissements dans l’agriculture durable et d’encourager les partenariats entre institutions internationales, gouvernements et secteur privé afin d’accélérer la transformation agricole du continent.
Les initiatives présentées lors de cette rencontre ont de même mis en avant l’importance de la formation, de l’innovation scientifique et de la coopération Sud-Sud pour soutenir les agricultrices africaines, améliorer la productivité agricole et renforcer la résilience des systèmes alimentaires.
Les participants ont, enfin, appelé à intensifier les efforts collectifs pour lever les obstacles qui freinent l’autonomisation économique des femmes dans l’agriculture, estimant que leur pleine participation constitue un levier essentiel pour accélérer le développement durable et la sécurité alimentaire en Afrique.
La rencontre a également connu la participation et les interventions de la directrice du Bureau de liaison de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Angélica Jácome, et de la représentante spéciale de l’Organisation internationale du travail (OIT) auprès de l’ONU et directrice du Bureau de l’OIT à New York, Cynthia Samuel-Olonjuwon.
Il s’agit aussi de la directrice du Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud (UNOSSC), Dima Al-Khatib, du directeur du Bureau du Conseiller spécial des Nations Unies pour l’Afrique, Jean-Paul Adam, ainsi que de la représentante spéciale de la Banque mondiale auprès des Nations Unies, Maria Dimitriadou.
LR/MAP
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