Plan israélo-palestinien du Président Trump : Ces questions, en simples observateurs…

Nous ne sommes ni Palestiniens, ni Israéliens, bien sûr.

Si nous étions Israéliens, nous serions, soit parmi les plus heureux, du fait que le «Deal du siècle» du Président Trump nous a accordé, ce mardi 28 janvier 2020, la souveraineté sur de nouveaux territoires de Palestine, notamment la Vallée du Jourdain. Soit parmi les plus hargneux, pestant contre l’idée d’un Etat palestinien, alors que le but du «Grand Israël» est d’en chasser tous les Palestiniens et tous les Arabes, même si derniers sont israéliens.

Et si nous étions Palestiniens, nous serions aujourd’hui à la fois abattus, tant nous nous serions sentis impuissants devant l’arbitraire américano-israélien ; et animés des pires sentiments de haine et de rage.

N’étant ni les uns, ni les autres, nous ne sommes pas habilités à décider à leur place de la suite à donner à ce Plan qui, de l’avis de tous, sauve, d’abord, l’avenir immédiat du Président Trump, assuré désormais du soutien massif des électeurs évangélistes et autre lobbies américains pro-Israéliens (au moment où la procédure d’impeachment engagée contre lui menaçait d’entacher significativement son image auprès de l’électorat américain et, donc, de compromettre sa réélection).

Mais, n’être ni Palestinien, ni Israélien, n’empêche pas d’observer… Et de se poser des questions…

Quatre questions essentiellement.

La première est simple. Comment en est-on arrivé à ce qu’un seul pays –ici, les Etats Unis- puisse imposer à un conflit de plus de près de 70 ans des solutions qui s’opposent ouvertement à celles de la communauté internationale exprimées dans les résolutions de l’ONU ? Si les deux parties au conflit l’avaient mandaté pour une médiation, cela se comprendrait. Mais, alors qu’une des deux parties ne veut pas en entendre parler, le considérant disqualifié pour cause de partialité, à quel titre peut-il se substituer aux instances onusiennes, au lieu de faire et défendre ses propositions dans le cadre de ces instances ?

La 2ème question découle de la consternation de tous les observateurs qui n’ont encore rien compris à la solution que propose Donald Trump pour Jérusalem.

D’un côté, il déclare que «Jérusalem est la capitale indivisible» d’Israël. Et de l’autre, il promet aux Palestiniens une capitale à Jérusalem-Est ?! L’embrouillamini est tel qu’il laisse entendre qu’il y a entourloupe quelque part dans les 80 pages du Plan de paix que le Président américain présente au monde.

Une 3ème question  concerne les pays arabes. Le Président Trump a dit que des pays arabes soutenaient ce Plan. Plan qui est catégoriquement rejeté par les Palestiniens. Certains pays arabes (l’Arabie saoudite en tête) étaient représentés à la cérémonie de présentation du «Deal» par Trump et Netanyahu, alors que les Palestiniens la boycottaient. Et, tandis que l’ONU déclarait s’en tenir aux frontières définies en 1967, suivie par la seule Jordanie qui rappelait que «la solution basée sur les frontières de 1967 est la seule voie vers la paix», les autres pays arabes affichaient profil bas. Bien sûr, une réunion d’urgence a été décidée par la Ligue arabe. C’est le moins qui puisse être fait. Mais ceux qui ont défendu les Palestiniens sont ceux qu’on aurait voulu voir se taire (l’Iran, le Hezbollah).

Pour les Emirats, ce «Deal» est un «important point de départ pour un retour à la table des négociations». Pour l’Egypte, il mérite «un examen approfondi». Le Maroc, selon une déclaration du ministre des Affaires étrangères, Nacer Bourita, «forme le souhait qu’une dynamique constructive de paix soit lancée».

Soit ! Que ce Plan américain ouvre de nouvelles perspectives à des négociations palestino-israéliennes, l’Accord d’Oslo ne servant plus à rien…

Mais est-ce possible ? C’est la 4ème question.

Est-il possible que des négociations s’engagent entre les deux parties à ce conflit, quand le plan du Président Trump prévoit quatre années de négociations, au moment où l’armée israélienne occupe immédiatement la vallée du Jourdain et que Netanyahu déclare le jour-même de la présentation du Plan (mardi 28 janvier) qu’il saisira son gouvernement à la fin de la semaine (dimanche 2 février), pour qu’il approuve l’annexion d’une partie de la Cisjordanie ?  

Non seulement c’est un Etat qui n’en est pas un qui est proposé aux Palestiniens (Etat démilitarisé, sans les colonies implantées illégalement, ni la Vallée du Jourdain, ni… ni…). Etat qui a été qualifié de «fromage suisse -genre gruyère- avec le fromage pour Israël et les trous pour les Palestiniens».

Mais en plus de ce qui a été annexé avant le Plan, Netanyahu se dépêche d’annexer encore davantage de territoires, sur la base de ce Plan et sans attendre de quelconques négociations ! Plan dont le chef de file des Palestiniens, Mahmoud Abbas, a dit qu’il accordait à Israël 30% de la Cisjordanie !

C’est une journée historique, a dit le Président Trump. Oui. Oui. Bien sûr…

Bahia Amrani

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Un commentaire

  1. Ni palestiniens, ni israéliens, soit. Mais votre sultan n’est il pas président du comité El qods? La position officielle était le soutien a la cause palestinienne. Non? El qods n’est pas concernée par le hold-up du siècle ?
    C’est comme si vous écriviez sur un problème sur les aborigènes d’Australie.
    Mais non. C’est une affaire qui touche les peuples arabes du golfe à l’océan.
    Ce n’est pas en adoptant un ton détaché que la honte qu’on ne peut s’empêcher de ressentir quand à la position du Maroc serait plus supportable. Non. Je suis sûr que beaucoup, la gorge nouée, éviteront les miroirs.

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