dimanche 22 octobre 2017

Elections : Une regrettable pression…

Report… Pas report… Suite à une polémique politico-politicienne entre la majorité et l’opposition, portant sur les prochaines échéances électorales, le gouvernement s’est voulu inflexible ! Il a confirmé le maintien des dates annoncées pour les prochaines consultations électorales, excluant tout changement de calendrier.
Ainsi, les grandes élections communales et régionales sont prévues pour le 4 septembre 2015 (suffrage universel direct: c’est le peuple qui vote). Elles seront suivies de l’élection des Conseils préfectoraux et provinciaux, le 17 septembre (vote indirect: ceux qui ont été élus par le peuple, élisent leurs Conseils). Enfin, aura lieu l’élection de la Chambre des Conseillers, le 2 octobre (scrutin indirect également: ce sont les élus des chambres professionnelles, des salariés et des collectivités locales qui élisent les Conseillers de la 2ème Chambre du Parlement).
Pendant quelques semaines, un petit doute a flotté sur ce planning, suite à des rumeurs selon lesquelles un report des élections serait possible.

La polémique a enflé lorsque les causes de cet éventuel report ont commencé à circuler.
Apprenant que l’opposition imputait le supposé report au retard pris par le gouvernement dans l’adoption des nouvelles lois électorales, les partis de la majorité ont énergiquement démenti aussi bien le report que le retard, criant à une tentative de discréditer l’exécutif et accusant, à leur tour, l’opposition de souhaiter secrètement un réel report de ces élections, faute de pouvoir s’y préparer d’ici au 4 septembre…
Piqués au vif, les uns et les autres n’ont eu d’autre choix que de se déclarer attachés au calendrier prévu, toute idée de report étant définitivement écartée.
Pourtant, il est évident que les dates arrêtées pour ces élections ne sont pas vraiment idéales.
Certes, sachant qu’au Maroc, conformément à l’article 65 de la Constitution, la première session parlementaire commence le deuxième vendredi d’octobre (une session dont l’ouverture est présidée par le Roi), ces dates font tomber à pic le renouvellement des élus pour l’ouverture de la session. Notamment les élus de la 2ème Chambre dont la mise à jour est attendue depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution (2011).
Certes aussi, pour le grand projet de régionalisation que le Maroc a décidé de mettre en place, ces élections -qui ont déjà beaucoup tardé- sont impératives…
Cependant, le contexte dans lequel devront se dérouler ces scrutins n’est pas des meilleurs.
Les Marocains, à peine sortis du mois sacré du Ramadan, tentent, chacun selon ses moyens, de planifier leurs vacances. Face aux enfants qui n’attendaient que ce mois d’août, que pensons-nous que vont faire les parents ? Se consacrer à leur petite famille et chercher le meilleur rapport qualité/prix pour leur évasion d’été ? Ou se casser la tête pour des élus qui ne viennent frapper à leur porte que d’élection en élection ? Et, à la fin du mois d’août, le souci de ces mêmes parents, sera-t-il celui des inscriptions à l’école, des fournitures exigées, des dépenses qui y sont rattachées et de la remise sur rails de la vie familiale pour l’année administrative qui commence…? Ou celui du vote pour des candidats qu’ils ont rarement –sinon jamais- vus et qui viennent leur demander de leur donner leur voix pour gérer, les uns leur commune, les autres leur région ?
Qu’on se le dise. Pendant les congés, aucune campagne électorale ne peut optimiser ses résultats. Les électeurs ne regardent presque pas la télévision. Ils ne peuvent être efficacement sensibilisés à des consultations dont l’enjeu ne leur apparaît pas clairement. Seules les directions des partis se mobiliseront et chercheront à mobiliser leurs militants, si tant est qu’ils en aient vraiment (les Islamistes, sans doute, mais les autres…?).
Il est donc bien dommage que ces élections aient tant tardé. On ne reviendra pas ici sur les détails des causes de ce retard. Rappelons seulement que s’il n’y avait pas eu cette «année politique blanche» passée à attendre la décision de l’Istiqlal relative à son maintien ou non dans la majorité (au lendemain de l’arrivée à sa tête de Chabat), avant que ce parti ne finisse par basculer dans l’opposition… Si, par ailleurs, le gouvernement avait accéléré son travail d’implémentation de la nouvelle Constitution, via les lois organiques et autres textes électoraux, malgré les soucis financiers auxquels il était confronté (qui n’étaient pas des moindres, il est vrai, le déficit ayant dépassé les 7% du PIB en 2012)… Si le pays avait pu disposer d’une plus grande marge pour organiser ces élections, les 1ères du genre depuis l’adoption de la nouvelle Constitution et qui seront déterminantes pour la régionalisation… Il y aurait eu un meilleur contexte pour la sensibilisation des électeurs. C’est-à-dire, de meilleures chances pour l’enjeu capital que nous avons tous en tête: le taux de participation !

Bahia Amrani

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