vendredi 24 janvier 2020

Algérie : Le «coût» d’Etat du Général Gaïd Salah

Algérie : Le «coût» d’Etat du Général Gaïd Salah

Le coup d’Etat fomenté par Gaïd Salah, a eu un  «coût» qui ne faisait pas partie des comptes du Général, celui d’une année de contestations ininterrompues ; et aura un coût qui ne fait pas partie des comptes du peuple algérien, celui d’un ancien système rejeté mais qui semble devoir perdurer. 

En février 2019, Abdelaziz Bouteflika, alors président de la République, annonçait sa volonté de briguer un cinquième mandat à la tête de l’Algérie. S’en est suivi un Hirak populaire sans précédent qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui  C’est alors qu’un nouveau personnage a pris les devants de la scène. Il s’agit de Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée algérienne et vice-ministre de la défense.  

Pour renforcer sa mainmise sur l’Algérie, Gaïd Salah a adopté une approche graduelle. Sous la pression populaire, il a d’abord évincé l’ancien Président Abdelaziz Bouteflika, avant de mener une campagne d’assainissement aux allures de règlement de comptes, contre le clan du Président déchu. Le résultat a été fatal pour l’économie algérienne déjà en panne sèche.  

L’attitude revancharde du Général Gaïd Salah a eu des conséquences catastrophiques sur l’image de l’Algérie à l’international. Pas plus tard que le 28 novembre 2019, le Parlement européen s’est exprimé sur la  crise politique dans le pays. L’organe parlementaire de l’Union Européenne (UE) s’est dit profondément préoccupé du recul des libertés en Algérie depuis le début du mouvement de protestation anti-système.   

A la demande d’amorcer un changement profond et consensuel du système, Gaïd Salah a opposé une fin de non-recevoir. Idem pour les appels au départ des 3B (Noureddine Bedoui, Abdelkader Bensalah et Tayeb Belaïz). Si le président du Conseil constitutionnel algérien a démissionné en avril 2019, Bedoui et Bensalah eux, sont toujours en poste. Ils occupent respectivement les fonctions de premier ministre et président de la République par intérim.

Décidé à mettre le peuple algérien devant le fait accompli, Gaïd Salah a annoncé la tenue, le 12 décembre 2019, de l’élection présidentielle pour élire un successeur à Abdelaziz Bouteflika. Quand tout le peuple algérien refuse la tenue d’un tel scrutin, le Général, lui, continue de faire la sourde oreille.

Toutefois, malgré le prix à payer et les dangers encourus, le Hirak algérien semble plus déterminé que jamais à regagner sa dignité et sa liberté. Les prochains jours, avec la date du 12 décembre fixée à l’élection présidentielle, seront déterminants pour l’avenir de l’Algérie. A scruter avec la plus grande attention…

Mohcine Lourhzal

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