Compensation Rien ne nous y prépare !

Or, donc, nous sommes tous préoccupés par les sommes pharamineuses qu’engloutit la

Le 1er choc, ce n’est pas nous, humbles citoyens, qui l’avons ressenti, mais le chef du et toute son équipe de l’exécutif, quand en mai de l’an dernier, ils avaient réalisé qu’ils avaient déjà épuisé, en frais de compensation, tous les milliards prévus pour les douze mois de l’année. Un budget prévu pour une année qui est épuisé au bout de 5 mois seulement, ce n’est bien sûr pas pour rassurer… Mais si le chef du nous en avait parlé, c’était surtout pour justifier sa décision d’augmenter les prix des carburants (intervenue le 2 juin)…

Il avait bien raison de le faire, d’ailleurs, il était temps qu’un se décide enfin à commencer à dire la vérité aux citoyens… Le hic, c’est que les explications aux citoyens se sont ensuite arrêtées net.

Craignant de mettre sa popularité en danger, le gouvernement n’a plus parlé que de l’aide directe qui pourrait être allouée aux couches les plus défavorisées, quand interviendra la réforme de la . Mais de la réforme en elle-même, de l’éventuel calendrier de son application, des fameux scenarii sur lesquels travaillent les ministres les plus concernés (Affaires générales, Finances et budget)… Rien ! Si ce n’est quelques déclarations, de temps à autre, pour dire que les textes du projet de réforme sont presque prêts, ou quelques échanges homériques au , à ce sujet.

Le large public, lui, est «épargné». Jusqu’à quand ? Dieu seul le sait !

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En attendant, un autre choc a rappelé à notre bon souvenir l’urgence de réformer la Caisse de compensation. C’est celui de cette fin d’année où, en arrêtant les comptes de l’Etat pour 2012, le gouvernement a constaté que le budget général avait été grevé de quelque 55 milliards de DH au titre de la compensation !

Où allons-nous comme ça ? C’est la question que le microcosme politico-médiatique se pose.

Mais que fait-on pour que l’ensemble des Marocains se pose cette question ?

Pas seulement les plus démunis d’entre eux, mais aussi les autres: les industriels qui profitent le plus de cette Caisse ! Le Conseil de la concurrence n’avait-il pas présenté une étude, récemment, où il démontrait que, sur les filières «hydrocarbures», «sucre» et «farine», la Caisse de compensation profitait aux industriels, à hauteur de 94%, voire 95% ?

Bien sûr, pour les démunis –et même pour la pseudo classe moyenne, aujourd’hui fragilisée par la crise- une réforme de la Caisse de compensation serait un séisme, tant les hausses de prix que cette réforme engendrerait seraient difficiles, voire impossibles à assumer…. Mais ce serait un séisme pour les industriels aussi qui font mine aujourd’hui de regarder ailleurs, alors que le sujet est près de leur exploser au nez (et que c’est d’eux qu’on pourrait attendre les plus gros efforts, les démunis n’ayant plus grand chose à concéder).

Toutes les catégories sociales seront impactées d’une manière ou d’une autre par la réforme de la Caisse de compensation. Il faudrait donc qu’elles s’y préparent toutes, chacune à son niveau. Mieux, il faudrait qu’elles soient toutes impliquées dans cette phase cruciale de préparation du projet de réforme.

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S’il ne veut pas que la réforme de la compensation anéantisse tous les efforts de résilience et de stabilité dont le pays a su faire montre jusqu’ici, le gouvernement doit oublier les intérêts partisans, les enjeux électoraux et tous les petits calculs de politique politicienne, pour ne plus penser qu’à une chose: sauver l’Etat d’un naufrage économique et financier certain, si la compensation reste sur son trend. Et cela ne lui sera possible qu’en faisant de cette réforme l’affaire de tous.

Au lieu de concocter, dans le plus grand secret, des scenarii qui, de toutes les manières, provoqueront un choc dans l’opinion publique et seront voués aux gémonies, MM , , Baraka et ElYazami devraient saisir l’occasion de la réforme pour faire œuvre pédagogique auprès des Marocains, lancer un débat national, occuper tous les canaux de et expliquer pourquoi la compensation ne peut pas être maintenue en l’état, pourquoi il faut d’autres solutions et pourquoi le choix d’une quelconque autre solution est difficile. Ils devraient mettre à contribution tous les Marocains, faire appel à leurs idées et prendre tout le temps qu’il faut pour ça…

Cela ne veut pas dire qu’au bout du compte, tous les Marocains seront d’accord sur la solution finale, mais au moins, ils auront tous compris de quoi il s’agit et, surtout, ils auront tous été préparés à la mise en œuvre de cette éventuelle solution finale.

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