lundi 23 septembre 2019

Gilets jaunes : Début de l’acte 22 à Toulouse

Des milliers de protestataires manifestent samedi à Toulouse, proclamée “capitale des gilets jaunes” pour leur 22e samedi consécutif d’action, dans l’attente des annonces ces prochains jours du président Emmanuel Macron censées mettre un terme à une crise de près de cinq mois.

A Paris, quelques centaines de personnes ont commencé à défiler, selon un journaliste de l’AFP. “Urgence climat”, “Macron on n’attend rien de vos annonces”, “dissolution de l’AN, états généraux citoyens” pouvait-on lire sur les pancartes de tête.

“Le grand débat, on n’en attend rien”, déclare Phil, venu pour la 22e fois manifester à Paris depuis le Loiret. “Pour que le mouvement s’arrête il faudrait qu’il annonce le Ric (référendum d’initiative citoyenne) et la baisse de la TVA sur les produits de première nécessité”.

Ces rassemblements, comme ceux prévus à Marseille, Grenoble ou Lille sont les premiers à se dérouler sous le coup de la loi anticasseurs, particulièrement ciblée par les manifestants.

Cela laisse au pouvoir “encore plus la liberté de faire tout et n’importe quoi” contre le mouvement, a déploré Priscillia Ludosky, l’une de ses figures, venue en renfort à Toulouse où Fly Rider-Maxime Nicolle est aussi attendu.

Jean-Baptiste, qui défile qui régulièrement à Paris, a répondu aux appels sur les réseaux sociaux pour converger sur Toulouse. Mots d’ordre: “montrer que tout ne fait que commencer après les résultats du gros débat”, et poursuivre la lutte “contre Macron et son monde”.

“Voici les casseurs” proclame sa pancarte, avec des photos notamment du chef de l’Etat et du ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner.

Surfant sur une forte mobilisation dans cette ville depuis novembre – jusqu’à 10.000 manifestants recensés en janvier – les “gilets jaunes” comptent notamment sur des renforts de Bordeaux et Montpellier.

“Volonté d’en découdre”

Non-déclarée, la manifestation a été interdite d’accès, comme depuis fin mars, à la place emblématique du Capitole. Et plus de 800 policiers et gendarmes étaient prévus, selon la Dépêche du Midi.

S’ils se soldent toujours par des heurts, les cortèges toulousains ont perdu ces dernières semaines en violences.

Se félicitant de cette amélioration, le maire Jean-Luc Moudenc s’est toutefois dit “inquiet” car “beaucoup de monde est attendu”. Mais ni la municipalité ni les associations de commerçants n’ont souhaité une opération “ville morte”.

Ce rendez-vous est le premier depuis l’entrée en vigueur jeudi de la loi anticasseur, instaurant notamment un délit de dissimulation du visage dans les manifestations.

“Ma liberté de donner mon opinion aujourd’hui elle m’est interdite, si je me masque le visage on peut me mettre en garde à vue, je suis scandalisée”, s’indigne Pauline, une trentenaire “gilet jaune” de la première heure, venue de l’Ariège voisine.

“Loi liberticide”

A Paris, ce dispositif, partiellement censuré par le Conseil constitutionnel et dont une cinquantaine d’organisations ont demandé l’abrogation, est aussi dans le collimateur des manifestants. Le premier cortège parisien rejoindra en début d’après-midi Place de la République la marche pour “la liberté de manifester”, organisée par plusieurs associations (dont LDH, Amnesty, Attac, Unef, SOS Racisme ?).

La préfecture de police a interdit tout rassemblement sur les Champs-Élysées et les rues perpendiculaires. Régulièrement imposées depuis la mi-mars, les interdictions partielles de manifester concernent aussi nombre d’autres villes: Lille, Lyon, Montauban…

La semaine dernière, l’acte 21 avait rassemblé 22.300 personnes dans les rues en France, selon l’Intérieur, soit le plus faible décompte officiel depuis le 17 novembre.

Sur la page Facebook du “Nombre jaune”, les “gilets jaunes” revendiquaient eux plus du triple.

La possibilité d’un sursaut, en riposte à la tentative de reprise en main du chef de l’Etat inquiète. M. Castaner s’en est fait l’écho. “La menace semble plus forte pour le 20 avril, vous avez vu un certain nombre d’appels qui invitent quasiment à détruire Paris. Je crois qu’aujourd’hui, on a perdu tout le sens de la manifestation, on a perdu tout le sens de la revendication, il n’y en a plus. C’est le rituel du samedi”, a-t-il déploré.

Avec AFP

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