mardi 17 octobre 2017

Fondation CDG : Carte Blanche conjuguée au féminin

Amina benbouchta

La Fondation CDG donne Carte Blanche à l’artiste Amina Benbouchta pour le montage d’une exposition animée, à ses côtés, par quatre artistes de son choix.

Après quatre éditions menées par de grands maîtres de l’art marocain, en l’occurrence Fouad Bellamine, Mahi Binebine, Mehdi Qotbi et Hassan Bourkia, l’exposition Carte Blanche de cette année est dirigée par l’artiste Amina Benbouchta. L’artiste explique: «Ma sélection s’est tout de suite portée sur les œuvres de quatre talentueuses et prometteuses artistes plasticiennes et visuelles:

Dalila Alaoui, Zainab Andalibe, Myriam El Haïk et Soukaina Joual. J’ai considéré ce rôle comme un véritable engagement, un repositionnement, une interrogation à l’égard de ma propre démarche artistique. Pour cela, il m’a fallu entrer en immersion, traverser les créations des autres à la recherche du fil de maillage qui nous unissait. Il s’agissait de faire naître ‘‘la révélation’’ d’une cohérence perçue d’abord de façon intime et en dégager la forme, à l’instar d’un sculpteur qui taille la matière. Tamiser hors de l’eau les poussières d’or de la rivière… J’ai retrouvé dans le travail de chacune d’entre nous un lien profond à l’organique, un lien entre l’art et la vie mis en évidence à travers le thème du cœur et du charnel. Le corps et les rituels dont il est question sont des sujets récurrents dans le travail des artistes contemporaines: les performances de Marina Abramovic, celles de Gina Pane, les installations de Joanna Vasconsuelo, pour ne citer qu’elles. J’ai retrouvé cette présence dans -Les rythmes d’écritures- chez Myriam El Haïk, rythmes semblables à ceux des rythmes cardiaques; présence aussi dans -Le cœur blessé- de Dalila Aloui, -Le cœur de chair et de sang- chez Soukaina Joual et enfin -Le cœur/corps- empaqueté comme un morceau de viande chez Zainab Andalibe…».
Autre regard concernant la sélection d’artistes proposée par Amina Benbouchta, celui de Dina Naciri, la directrice générale de la Fondation CDG: «Elle nous a d’emblée séduits, convaincus en cela par la pertinence du lien entre le travail d’Amina et celui de ces artistes et nous est parue équilibrée, car ces dernières sont de générations différentes. Cette sélection procède également de la volonté affirmée d’Amina Benbouchta de mettre en avant le travail d’artistes femmes qui, grâce à la force seule de leurs œuvres, parviennent à faire valoir un discours féministe avec beaucoup de sensibilité et de subtilité».
En effet, Dalila Alaoui investit des champs artistiques autour de sa double identité franco-marocaine à partir d’images de son enfance, d’images vécues, de souvenirs qu’elle remanie. Quant à Zainab Andalibe, il s’agit de trouver un point d’équilibre entre une recherche esthétique et un contexte social. Et de souligner: «En évoquant un contexte particulier, je questionne par la même occasion le rapport du spectateur avec cette donnée réelle. L’œuvre est une cohabitation entre la forme esthétique et l’interrogation qu’elle véhicule». Concernant le langage de Myriam El Haïk, une artiste franco-marocaine, plasticienne, compositrice et performeuse, il repose sur la répétition de signes simples qui s’inspirent de la graphie arabe, latine ou de la notation musicale. Enfin, Soukaina Joual souligne: «Mon travail se concentre sur le corps et ce qui est caché sous la peau. Je suis inspirée par l’imagerie de boucheries, la beauté de la viande, les superbes couleurs et la texture de la chair, les os et les organes. Mais cette beauté est également une réminiscence de l’horreur et de la violence de la vie. Pour moi, la viande a une dualité: elle est à la fois morbide, mais aussi sensuelle et politique». L’artiste ne cache pas que ses œuvres sont souvent choquantes, mais représentent la réalité de la vie: son horreur et sa beauté, la connexion entre la base et le sublime.
A noter que l’exposition, ouverte le 10 septembre 2015, se poursuit jusqu’au 10 novembre à l’Espace Expressions CDG (ouvert du mardi au samedi, de 13h à 20h, place Moulay El Hassan à Rabat).

Bouchra Elkhadir

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