vendredi 18 août 2017

Première au Maroc : Un marché aux bestiaux verra le jour

Une première au Maroc. Un marché aux bestiaux sera réalisé à Sidi Bennour. Le projet est en phase d’appel d’offres. Les travaux de la réalisation de ce chantier, qui nécessitera une enveloppe budgétaire de 20 MDH pour sa 1ère tranche, devront être entamés en septembre 2017.

La ville de Sidi Bennour aura son marché aux bestiaux. Après plusieurs négociations et réunions, ayant pratiquement duré une année, les autorités locales de la ville de Sidi Bennour se sont finalement prononcées en faveur de la création de ce marché dans cette région. Considérée comme étant le bastion de l’élevage bovin au Maroc, la ville de Sidi Bennour compte actuellement 180.000 bovins et 300.000 ovins. La Délégation régionale de l’agriculture estime à 20% les transactions de bovins de toute la région de Casablanca-Settat qui se font uniquement à Sidi Bennour. Pour un coût global de 26 MDH, le nouveau projet sera étalé sur une superficie de 5, 8 ha, dont 1 ha sera couvert. Il devra contribuer à changer les habitudes de vente des animaux dans la région. Un appel d’offre a été lancé récemment pour le choix de l’entreprise qui sera chargée de la réalisation de ce projet, le premier du genre au Maroc. A l’heure où nous mettions sous presse, nos sources assuraient que la fin du délai de réception des candidatures était fixée à fin juillet. L’ouverture des plis est prévue pour le 4 août prochain et la durée des travaux devra s’étaler sur 18 mois, selon des sources à l’Office régional de mise en valeur agricole de Doukkala (maître d’ouvrage du projet).
A terme, la capacité de ce marché sera de 4.000 bovins, 2.000 ovins et 400 équidés. Les travaux de réalisation de ce projet, qui nécessitera une enveloppe budgétaire de 20 MDH pour sa 1ère tranche, devront être entamés début septembre 2017. «L’objectif de la création de ce projet est de valoriser le potentiel de l’élevage dans la région, laquelle est connue pour son grand cheptel de bovins dans le pays. Il s’agit d’offrir aux éleveurs un souk pour commercialiser leurs bêtes dans de bonnes conditions et avec une gestion moderne», déclaré Abdelaziz Ouaaka, chef  responsable du Département de développement agricole à l’Office régional de mise en valeur agricole de Doukkala. Et celui-ci d’ajouter: «Pour l’instant, les travaux de réalisation de ce chantier, qui seront lancés après la signature des marchés, s’inscrivent dans la première tranche du projet. Car, on prévoit son extension par la suite».
A noter qu’au Maroc, la vente et l’achat d’animaux vivants se fait à la pièce et non au kilo, dans les souks traditionnels ou «Rahbat Lebhayem». «Ces souks sont considérés comme une halle où se fixent les prix des bêtes et ce, selon l’offre et la demande», explique-t-on. Cependant, ces marchés traditionnels ne sont équipés ni pour les bêtes, ni pour les éleveurs, ni même pour les visiteurs», tient à commenter un éleveur de la région. Les animaux y sont vendus la nuit, en dehors de toute sécurité. Le nouveau concept prévoit l’équipement de ce «marché aux bestiaux» de barrières de sécurité, de quais de débarquement, de sanitaires, d’éclairage public, d’un écran d’affichage, etc.
Du côté des professionnels, on se dit satisfait de la création de ce premier «marché aux bestiaux» au Maroc, lequel, assure-t-on, va permettre de maintenir les bovins dans la ville de Sidi Bennour. Dans une déclaration au Reporter, le président de la Fédération Interprofessionnelle des Viandes Rouges (FIVIAR), Mohamed Karimine, considère le nouveau «marché aux bestiaux» de Sidi Bennour comme étant un projet prioritaire qui cadre bien avec les préoccupations et les priorités des professionnels du secteur. Pour lui, la mise en place d’un  tel marché -qui permet la vente via un système d’enchères électroniques- devrait redynamiser la filière bovine. C’est un projet, dit-il, qui prendra en compte les besoins et les attentes des éleveurs. Et ce n’est pas tout. Karimine estime que ce nouveau concept devra assurer plus d’honnêteté dans les transactions d’achat et de vente des animaux au Maroc. «Dans ce marché à bestiaux, il y aura une balance pour que l’éleveur puisse vendre ses animaux au poids et non plus à la pièce. Il y aura aussi des écrans pour afficher les prix, pour qu’il y ait de l’honnêteté dans les transactions. Chose que nous n’avons  pas en ce moment dans les souks traditionnels», dit-il.
Selon président de la FIVIAR, les premières discussions, en rapport avec la création de marchés à bestiaux, ont été lancées au départ au niveau de la Fédération. «Dans tout le processus, la Fédération était le catalyseur, puisque c’est elle qui a proposé l’idée de la conception et de la faisabilité d’un projet de marché aux bestiaux. Sachant que l’on s’est inspiré des marchés aux bestiaux réalisés en Europe», précise Karimine. Et celui-ci de faire savoir: «D’autres marchés aux bestiaux sont également envisagés pour d’autres villes. Des efforts sont actuellement déployés par la FIVIAR pour faire aboutir ces projets. Un autre marché sera réalisé à Taroudant et un troisième verra le jour à Khénifra. Vendredi 14 juillet, une réunion a été tenue dans ce cadre entre la FIVIAR et les autorités locales de Khénifra qui est  une région qui produit plus d’ovins que de bovins».

Naîma Cherii

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