samedi 20 janvier 2018
Flash Infos

Panique côté taxis : Des dizaines d’agréments falsifiés et des agressions

Autorisations falsifiées, agressions, risques pour les passagers.  Le sujet soulève des inquiétudes aussi bien chez les chauffeurs de taxi à Casablanca que dans l’opinion publique. Alors que les responsables de ce secteur observent un «motus et bouche cousue» quant au nombre exact de «faux agréments», des syndicalistes révèlent au Reporter que plus d’un millier des taximen circulent dans les rues de Casablanca, sans aucune autorisation.   Les détails.

Il est 5 heures et demie, ce lundi 13 novembre, lorsqu’un chauffeur de taxi prend dans sa voiture deux jeunes personnes, près de la résidence «Al Baidaa», au niveau de l’Arrondissement  de Sidi Moumen. A peine les deux clients montés à l’intérieur du véhicule que la situation a rapidement dégénéré. Des professionnels, qui ont raconté l’histoire au Reporter, ont indiqué que ces clients ont agressé le chauffeur de taxi violemment, allant même jusqu’à l’éjecter de son véhicule, après l’avoir dépossédé de ses biens (400 DH et un téléphone portable).

Les deux malfaiteurs se sont saisis de son véhicule pour poursuivre leur sale besogne. Par bonheur, ils n’ont pas pu poursuivre leurs agressions. Le taximan a été transporté à l’hôpital dans un état très grave. Plus tard, la voiture, abandonnée, sera repérée par la police près du cimetière de Sidi Moumen. La police scientifique se rend sur place pour effectuer les premières investigations, selon les mêmes sources professionnelles. Une version qui n’est pas encore confirmée par les services sécuritaires. Selon nos sources, les enquêteurs, malgré leurs recherches, n’ont pas encore pu mettre la main sur les deux agresseurs.

Grosse inquiétude dans la profession

Dans les milieux professionnels, l’incident suscite une grande inquiétude. Des professionnels, approchés ce même lundi par Le Reporter, ont déploré cet incident qui «n’est pas le seul», selon eux et espèrent que les investigations en cours permettent d’arrêter les deux coupables, lesquels, disent-ils, auraient pu se servir du taxi pour agresser les clients. «D’autres personnes auraient pu être agressées et dépossédées de leurs biens. Mais, l’un des pneus du véhicule a éclaté. C’est pourquoi les agresseurs n’ont pas pu aller plus loin avec le taxi qui a finalement été abandonné près du cimetière de Sidi Moumen», ont-ils indiqué. En tant que professionnels du secteur, ils ont souligné: «On ne peut que se préoccuper de l’image de la profession, à cause de ces ‘‘faux taximen’’».

Une chose est sûre. Le sujet de ces «faux chauffeurs de taxi» suscite, depuis un certain temps déjà, des préoccupations au sein de la profession.

Bouchaïb Abdelmoughit, SG de l’Union nationale des taxis, indique que plusieurs plaintes pour agression ont été enregistrées contre «deux faux taximen» qui sévissent dans certaines zones de la ville. D’ailleurs, ces deux individus feraient actuellement l’objet de recherche, apprend-on de sources concordantes. «C’est un vent de peur qui souffle depuis quelques semaines sur certains Arrondissements de Casablanca, où plusieurs familles conseillent à leurs filles de ne plus prendre les petits taxis», soulignent les mêmes sources.

Devant ce problème, les éléments sécuritaires intensifient les investigations pour arrêter les deux individus soupçonnés de sévir toujours et qui seraient les auteurs de plusieurs agressions, notamment à Sidi Moumen et à Sbata. Il y a près d’une année, des cas de kidnapping de jeunes filles ayant pris des «petits taxis rouges» ont fait la Une des journaux. En effet, elles ont été violées sauvagement par de faux taxi-drivers au niveau du quartier de Salmia, dans la périphérie de Casablanca, tient à rappeler Bouchaïb Abdelmoughit, lequel évoque également le problème des «faux agréments».

Un réseau organisé derrière le phénomène de falsification!

Alors que les responsables de ce secteur font motus sur le nombre exact de ces «faux chauffeurs», nos sources syndicalistes confient que plus d’un millier de ces taxis continuent d’opérer dans les rues de Casablanca, sans aucune autorisation. Le SG Bouchaïb Abdelmoughit déclare au Reporter que la guerre contre les taxis «clandestins » n’est pas prête de finir à Casablanca. Selon lui, des centaines de taxis seraient toujours en circulation, en utilisant de faux papiers. Un nombre important de ces taximen, d’après d’autres professionnels, opèrent en effet sans autorisation, notamment à Sidi Moumen, Lissasfa, Sahat Sraghna et Hay Hassani. «Ces taximen exercent en utilisant le même numéro d’agrément qu’un taxi autorisé. Parfois, trois ou quatre taxis opèrent avec le même numéro, dans des périmètres différents», déclare le SG du Syndicat national des taxis (petits et grands).

Le coordinateur général du transport à l’UNTM, Abdelhak Dahbi, lui, n’y va pas par quatre chemins. Selon lui, c’est tout un réseau bien organisé et bien informé qui serait derrière ce phénomène de falsification d’agréments de taxi à Casablanca. «Ce réseau dispose d’informations sur tous les agréments résiliés et ne circulant plus depuis plusieurs années dans les rues casablancaises», précise-t-il. Il confie qu’une première liste officielle de ces agréments serait déjà transmise par la Wilaya de la région de Casablanca-Settat aux services sécuritaires. «Il s’agit de 100 agréments, dont les propriétaires sont décédés et ne devant plus circuler depuis plusieurs décennies. C’est une première liste. Mais en réalité, le nombre exact est bien supérieur à 100». Sur les quelque 16.000 taxis à Casablanca, près de 1.200 taximen opèrent dans l’illégalité, car n’ayant pas d’autorisation, avance notre interlocuteur.

Le sujet des «faux agréments», qui semble susciter la colère des professionnels, occupent de nouveau les devants de la scène. Vendredi 10 novembre, les services sécuritaires de Sidi Bernoussi ont mis la main sur le propriétaire d’un grand taxi. Après investigations, il s’est avéré que celui-ci, un syndicaliste, utilisait un agrément résilié depuis plusieurs années. «Ce syndicaliste, qui a falsifié l’agrément, opérait, de manière illégale depuis un certain temps. Une enquête est ouverte à ce sujet», indiquent des sources bien informées. Un dossier à suivre…

Naîma Cherii

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