vendredi 18 août 2017

Maroc/M’sid : L’ardoise en bois défie le temps

Les Marocains se sont distingués, depuis la nuit des temps, par leur méthode authentique dans la mémorisation du Saint Coran. Transmise de père en fils à l’aide d’ardoises en bois (Louha) et d’encre traditionnelle (Brou de noix, dit aussi  «Smaq» ou «Smagh»), cette méthode défie toutes les nouvelles technologies et s’impose en tant que source de savoir et d’apprentissage des principes de base de l’islam.
Cette méthode authentique, adoptée par les écoles coraniques ou M’sid (ou Kouttab), repose sur l’écriture des versets sur l’ardoise et leur mémorisation après que le «Fqih» a ordonné d’effacer l’ancienne version et de la remplacer par celle corrigée.
En effet, cette méthode ne permet pas uniquement aux élèves de mémoriser le Coran, mais d’apprendre aussi les styles calligraphiques arabes et de perfectionner la langue arabe classique.
Au fil des générations, l’école coranique a contribué significativement à l’éducation des enfants en les initiant au Coran et aux préceptes de l’Islam et en préservant l’identité spirituelle du Royaume et ses spécificités.
Etant donné le rôle qu’elles jouent dans la diffusion des valeurs au sein de la société, les écoles coraniques ont bénéficié d’une sollicitude particulière de la part des Sultans et des Rois du Maroc, comme en témoigne l’instauration du Prix Mohammed VI des katatibs coraniques, créé en 2002 pour promouvoir ces écoles et développer les méthodes d’apprentissage.
En effet, ces katatibs coraniques jouent un rôle primordial dans la diffusion des valeurs d’un Islam de tolérance et du juste milieu. Ces écoles ont des répercussions positives sur le comportement des jeunes et les protègent contre toutes formes de délinquance.
En dépit du recul, ces dernières années, du nombre des écoles coraniques dans les villes et régions rurales, certains parents veillent encore à inscrire leurs enfants à ces katatibs. Durant le Ramadan particulièrement,  ces écoles connaissent une grande affluence, surtout que ce mois béni coïncide avec les vacances d’été.
Il faut dire que la grande affluence vers l’enseignement traditionnel «M’sid» et «kouttab», lequel a formé depuis plusieurs années l’élite de la société, des intellectuels et ouléma, témoigne de l’histoire séculaire de cette tradition ancrée et de sa contribution à l’édification des fondements de la société islamique modérée.

Hamid Dades

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