samedi 19 août 2017

Managem : Plongée dans les entrailles de la terre

Managem Guemassa Mars 2014

Qu’est-ce que ça fait de se retrouver à 1.000 mètres sous terre, dans une atmosphère hautement humide et à près de 40° C de chaleur suffocante ? L’aventure d’une descente vertigineuse à la découverte de la vie et de la roche. Une véritable plongée dans les entrailles de la terre. Suivez le guide.

Managem dévoile une partie de son œuvre et précisément dans la mine de Draa Sfar et du complexe hydro métallurgique de Guemassa à une cinquantaine de kilomètres de Marrakech.

Rien ne laissait entendre au départ que l’expérience allait être aussi passionnante et que le rendez-vous allait avoir lieu bien au fond. Car c’est bien d’un travail de fond qu’il s’agissait et de l’œuvre de gens qui ne sont ni des «démons», ni des «vampires». Ce sont des hommes qui ont choisi de passer leur vie sous terre à la lumière d’une «merveilleuse» petite lampe qui, mieux que celle d’«Aladin», ne fait que la prouesse d’éclairer un chemin. Le chemin d’une vie vouée au labeur, à la sueur et à l’honneur. Car c’est bien ça leur vie et c’est ça les «mineurs».
Une vie que nous avons partagée un court moment. Mais si court a-t-il été, il a suffi pour en dire long sur ce qui s’est fait et s’est réalisé et dont voici ici quelque simples extraits…

Il fallait d’abord se mettre en tenue. Sécurité oblige, le port de la Combinaison réglementaire et tout ce qui va avec (bottes, casque, gants et surtout lampe) est obligatoire. D’emblée on nous a mis dans la peau de mineur.
Vient ensuite la phase des explications. Des tableaux tout en couleurs, contenant des chiffres et des dessins ainsi que des photos, illustraient bien l’ampleur du travail entrepris et la grandeur de l’œuvre.
Deux ingénieurs, nous expliqueront, (alors que nous sommes encore sur terre) tout le processus de travail à la mine polymétallique de Draa Sfar située sur la bordure nord du haouz à la limite Sud des Jbilet Central. Le Site nous expliquera ainsi Chafik Hamami, (ingénieur responsable du site), possède un potentiel important en minerai polymétallique.
«De plus d’un kilomètre de profondeur, le projet aval Draa Sfar est la mine la plus profonde de l’Afrique du Nord».
Employant quelque 1.530 personnes la mine regorge de concentrés de Zinc et Oxyde de Zinc, et de concentrés de Plomb et de cuivre.
Ces minerais servent dans l’électricité, la construction, le transport, les biens de consommation et les équipements industriels, pour le cuivre. Le plomb est utilisé dans les batteries, les alliages et l’armement alors que le Zinc sert dans la galvanisation, l’automobile, le domaine chimique…
Tout cela, c’est bien dans cette profondeur qu’il faut aller le chercher et tout commence par une roche qui à première vue et à part sa sombre couleur, n’a que l’air de ne rien valoir…
Ahmed Kassbi, ingénieur responsable du Complexe expliquera pour sa part que le Complexe industriel de Guemassa est connu pour la valorisation des métaux par voie hydro-métallurgique. Il comporte ainsi six usines métallurgiques pour la valorisation du Cobalt, du Zinc, du Nickel, du cuivre et de métaux précieux Or et Argent (Au et Ag).
C’est aussi nous dira-t-il, l’un des premiers sites à être certifié, dès 2002, selon la norme ISO 14001. Il produit des Cathodes de Cobalt, à une pureté de 99,3%, précisera-t-il en plus de l’Oxyde de Cobalt, l’Oxyde de Zinc, le Sulfate de Sodium… Le Cobalt est utilisé dans les batteries, la métallurgie, l’aéronautique, l’industrie de la pétrochimie…Le complexe génère 1.700 emplois.
Les explications terminées, il fallait passer à l’étape suivante : la descente !
Répartis en petits groupes par mesures de sécurité, nous avons emprunté le «fameux» ascenseur. Une gigantesque structure métallique montée sur un support solidement attaché au sol. La gestion des montées et descentes est la responsabilité d’un seul homme, sans l’ordre de qui l’ascenseur ne bouge pas et qui coordonne ce mouvement en concertation avec un agent en service en bas… La trappe se baisse, les portes se fermes alors que retentit une alarme répétitive… Et c’est parti!
Plus on descendait plus on sentait monter la chaleur… 10 minutes plus tard, l’ascenseur s’arrête… Terminus! Tout le monde descend! Le tunnel (vertical) de l’ascenseur, débouche sur une large galerie que nous emprunterons non pas pour arriver à 1.000 mètres mais nous n’étions qu’à 940 mètres. Il fallait visiter un point important dans l’histoire de cette mine: «La percée».
Ce point où deux équipes se sont rencontrées au bout de 3 ans de travail acharné.
«C’est un peu comme ce qui s’est passé pour l’Euro tunnel» nous dira Hamami… C’est un vrai travail de fourmi mais en dimensions colossales. «Tout est fait en fonction de la solidité du sol. Les équipes ont avancé avec une moyenne de 1 mètre et demi par jour. Dans certaines zones, elles pouvaient atteindre trois mètres jour, mais c’était très rare…», a-t-il encore dit. Puis la descente continuait. A pied cette fois, sur près de 60 mètres, un chemin en colimaçon, sinueux très accidenté et peu aéré. «C’est une voie empruntée par les véhicules, donc elle n’est pas aérée comme les galeries de travail» poursuivra Hamami qui comme pour apaiser la crainte montante des visiteurs dira «Ici, notre principal souci est la sécurité des hommes et la sécurisation des lieux… Managem maintient à cet effet l’objectif de «Zéro AT» (accident de travail), et déploie en continu des efforts de la prévention des risques inhérents aux opérations. Une culture de vigilance règne au sein des équipes qui s’impliquent pour leur propre sécurité et celle de ce qui les entoure…».
Puis notre accompagnateur rira à pleines dents d’entendre certains d’entre nous répéter qu’il fait du 40°C de chaleur dans les lieux qui sentent d’emblée le renfermé et l’Ammoniac ! … «Il ne fait pas plus de 22 ou 24° C mais avec l’humidité des lieux on a cette impression…», nous explique-t-il. Bizarre ce que tout peu sembler différent sous terre!
Au bout de cette longue marche, ponctuée par des explications, nous débouchons dans une large galerie, éclairée et aérée. Un espace de travail où tout ou presque est aujourd’hui automatisé, ce qui n’empêche pas pourtant une armée de mineurs et ‘ingénieurs, jeunes et moins jeunes, enthousiastes et fiers de faire de leur métier une profession de foi.
Ceux qui nous expliquaient «sur terre» qu’il ne s’agissait que de la partie apparente de l’iceberg, savaient bien de quoi ils parlaient. La partie cachée est bien l’œuvre des soldats de l’ombre qui traduisent jour et nuit l’excellence marocaine «qui n’a rien à envier aux autres».
Ce travail sous terre est parallèle à un autre. Celui du centre R&D. Une vraie fourmilière que nous visiterons plus tard dans la journée et qui travaille aussi en 3 X8 pour assurer la disponibilité et être parée à toute éventualité…
Sous terre, nous avons vu ces hommes à l’œuvre, un travail synchronisé et harmonieux et un traitement en «douceur» d’une riche roche qui bien qu’aride, fait vivre des milliers de gens…
Ces gens dont on a eu l’occasion de rencontrer quelques-uns à 1.000 mètres sous terre.
La visite finie, il fallait remonter, laissant ces gens vaquer à leur occupation…
Là encore, on nous alertera d’une sensation bizarre. A l’approche du haut, nous devions nous couvrir, car nous allions sentir un froid polaire! Alors qu’il faisait du 26°C. C’est un effet normal nous expliquera-t-on… Tellement normal qu’on s’en est vite remis. Alors qu’à ce jour, nous ne sommes pas encore remis de notre émotion d’avoir côtoyé ces gens, de les avoir vus à l’œuvre au fin fond de la terre.

DNES à Marrakech, Hamid Dades

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R&D : Un centre dédié


Ismail akalay managem

Parmi les points visités lors du voyage de presse organisé par Managem, il y a lieu de citer le centre de recherche et développement de Managem qui compte 120 chercheurs. Sur les lieux Ismail Akalay, directeur général de la branche des Métaux de base et Cobalt nous expliquera que «les activités de ce centre se concentrent sur la R&D, l’appui industriel, l’analyse et la caractérisation. Il intervient au niveau de la recherche et développemennt, l’appui industriel, l’analyse et la caractérisation. Le centre détient jusqu’ici 7 brevets d’invention».
Opérationnelle depuis début 2013, l’unité industrielle d’acide sulfurique permet à Managem de «sécuriser son approvisionnement. L’industriel importait chaque année entre 60.000 et 70.000 tonnes d’acide sulfurique. Les ruptures de stocks à plusieurs reprises avaient contraint l’entreprise à arrêter ses usines. L’unité d’acide sulfurique qui compte 120 collaborateurs produit aujourd’hui le double des besoins de Managem» explique encore Akalay et d’ajouter que «le groupe minier s’est positionné sur des produits à forte valeur ajoutée depuis quelques années notamment la cathode de cobalt». L’usine produit 50% des besoins énergétiques de l’activité hydrométallurgie.
« Managem, qui emploie près de 5.000 collaborateurs, a enregistré un chiffre d’affaires de 3,5 MMDH en 2012 dont 1,2 milliard proviennent de Guemassa. Déjà présent dans plusieurs pays sur le continent, le groupe entend clairement se positionner comme un opérateur de premier plan» a-t-il conclut.

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Social : L’engagement d’un groupe

Managem 2014

«Nous ne voulons pas que les enfants des villages autour de nos mines deviennent des ouvriers, mais qu’ils puissent faire de bonnes études», relève Ismail Akalay, directeur général de la branche des métaux de base et cobalt à Managem. Au-delà du désenclavement des sites d’implantation, l’industriel finance des projets dans le préscolaire, l’apprentissage de métier ou encore l’alphabétisation des habitants des villages situés aux alentours des mines. En outre, une partie des ouvriers des mines est recrutée dans les villages environnants. Managem vient de signer trois conventions portant sur un investissement de 35 MDH dans les projets de développement des communautés riveraines de ses mines. L’objectif est de favoriser le développement des zones d’implantation, mais également de créer un bon voisinage. Les conflits avec les populations riveraines, notamment sur le site d’Imiter dernièrement, avaient beaucoup perturbé l’activité de Managem.
Dans les parages de Guemassa, nous avions d’ailleurs visité trois villages où ce soutien à l’associatif quant au préscolaire, à l’alphabétisation et au soutien par les AGR est très actif.
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Autre projet : Valorisation des effluents des oxydes de zinc et de cobalt

Les usines hydrométallurgiques génèrent d’importantes quantités d’effluents liquides riches en sels (sulfate de sodium, sulfate de magnésium,…). Ces effluents sont stockés dans des bassins d’évaporation. Le centre de recherche a développé un procédé de traitement de ces effluents pour les transformer en sulfate de sodium et en eau distillée basé sur le principe de cristallisation qui consomme peu d’énergie.
Le sulfate de sodium produit est utilisé dans la fabrication de lessive. Il était jusqu’à présent importé au Maroc. Cette production couvre désormais les besoins nationaux et épargne aussi bien la balance économique que l’impact du transport de ce produit sur l’environnement. L’eau distillée récupérée est réinjectée dans l’usine.

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Bénéfices environnementaux, sociaux et économiques

• Création de 50 emplois directs ;
• Elimination des bassins d’évaporation et par conséquent des risques environnementaux ;
• Economie de 200 000 m3 de consommation d’eau par an ;
• Génération de 10% de chiffre d’affaires supplémentaire pour l’activité cobalt et spécialités

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