samedi 16 décembre 2017

Diplomatie Economique : Mezouar explique

Salaheddine mezouar ministre des ae maroc 2013

Entretien avec Salaheddine Mezouar, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération

Dans cet entretien, Salaheddine Mezouar, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, livre au Reporter les fondements de la nouvelle politique étrangère du Maroc, notamment pour ce qui est de la diplomatie économique et du positionnement en Afrique.

Interview

Quels sont les fondements de la nouvelle diplomatie économique et ses perspectives de développement?

Partant de la feuille de route dictée par la Lettre royale aux ambassadeurs, du 30 août 2013, tout en prenant en compte les principales mutations au niveau mondial, il devient nécessaire d’instruire une nouvelle impulsion dans notre diplomatie économique en définissant des objectifs clairs avec des initiatives structurées à travers le développement de mécanismes appropriés avec les différents acteurs, dont la CGEM, ainsi qu’une volonté de positionner le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération comme acteur et impulseur des réformes stratégiques au Maroc. Dans ce cadre, il devient impératif de positionner le Maroc comme plate-forme stratégique africaine, notamment en accélérant l’agenda bilatéral et régional (UE, USA, BRICS, pays africains et pays du Golfe) tout en développant les partenariats triangulaires. Cette nouvelle diplomatie économique vise à attirer les investissements, promouvoir l’attractivité du pays et mobiliser les énergies pour développer les partenariats. Elle a aussi pour but de conquérir de nouvelles positions et d’intensifier les échanges extérieurs.

Le Royaume travaille pour le renforcement de son positionnement en Afrique. Sur quoi se base ce travail?

Sa Majesté le Roi Mohammed VI n’a eu de cesse, depuis son intronisation, de confirmer l’Afrique comme priorité stratégique de la politique extérieure du Maroc. Cet engagement, conforté par le nombre important de visites -près d’une trentaine que le Souverain a effectuées dans les pays de l’Afrique subsaharienne-, a été de surcroît confirmé par la nouvelle Constitution du Royaume de 2011 qui a consacré la priorité stratégique de l’Afrique pour le Maroc. De par son rôle historique en Afrique (promoteur du panafricanisme et fondateur de l’OUA) et sa position géostratégique (trait d’union entre l’Afrique et l’Europe), ainsi que par l’attractivité qu’il suscite auprès de plusieurs pays africains, eu égard à ses nombreux atouts en tant que pôle de stabilité et partenaire crédible, le Maroc est à même de pouvoir jouer un rôle de leader en Afrique. Une telle perspective représente une obligation qui exige du Maroc de préserver et consolider ses acquis en Afrique, notamment dans son pré-carré traditionnel et lui impose de défendre ses intérêts fondamentaux, voire même vitaux, en l’occurrence la question de l’intégrité territoriale. Elle représente également une véritable opportunité à même de permettre au Maroc de se positionner à l’avant-garde d’un agenda africain moderne et en phase avec les mutations géopolitiques mondiales et de promouvoir la vision d’un partenariat Sud-Sud, agissant et solidaire. Cette perspective est également dictée par les grands défis qui pèsent sur l’Afrique (sécurité, changements climatiques, migration, développement…), par le jeu d’influence auquel se prêtent les «puissances locales» africaines, ainsi que par les convoitises «nouvelles» que suscite l’Afrique auprès de puissances étrangères aussi bien anciennes qu’émergentes.

Et qu’en est-il de l’intégration sous régionale?

L’intégration sous régionale occupe aussi une place de plus en plus importante dans l’architecture africaine. Le Maroc, de par sa grande expérience en matière d’ouverture économique, a pour objectif de promouvoir cette forme d’intégration comme cadre de référence, pour une grande efficacité et une meilleure visibilité de son action en Afrique.
Dans ce cadre, le renforcement de la coopération avec certaines organisations régionales devra constituer une priorité. Ainsi, les relations avec la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), où le Maroc bénéficie d’un statut d’observateur, devront se renforcer davantage à travers l’établissement de coopérations renforcées et ciblées où le Royaume dispose d’un savoir-faire reconnu, comme les mécanismes de prévention et de résolution des crises, ainsi que la médiation.
Le renfoncement de la coopération avec la CEDEAO pourra passer également par la promotion d’un nouveau type de partenariat à travers le lancement d’un dialogue UMA-UE-CEDEAO. En effet, lors du discours Sa Majesté le Roi au dernier Sommet CEDEAO de décembre 2012, le Souverain a plaidé en faveur de l’instauration de ce dialogue
(UMA-CEDEAO) dans une dynamique d’équilibre et de renforcement de la coopération avec l’Afrique.

Propos recueillis par Hamid Dades

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