vendredi 16 novembre 2018

Charte de la majorité : Ils se sont engagés à quoi ?

Les six partis de la majorité (PJD, RNI, USFP, MP, UC et PPS) ont signé, lundi 19 février à Rabat, la Charte de la majorité. La question est de savoir en quoi cette charte engage ses signataires ?

Sur papier, ces derniers se sont engagés à consacrer la bonne gouvernance, développer le modèle économique du Royaume, promouvoir l’emploi et renforcer le développement humain et le rayonnement international du Maroc, entre autres. Le chef de gouvernement, Saâd-Eddine El Othmani, a affirmé à cette occasion que cette Charte est une feuille de route et un engagement politique et moral encadrant l’action gouvernementale vis-à-vis des citoyens.

En présidant la cérémonie de signature de la Charte de la majorité, El Othmani a tenté de redorer le blason de son gouvernement et faire taire la polémique sur les dissonances qui ont terni, ces dernières semaines, l’action gouvernementale, suite à la sortie de Abdelilah Benkirane contre le président du RNI. 

La bonne volonté d’El Othmani n’a pourtant pas suffi à faire taire ses détracteurs. Notamment au sein des partis de l’opposition qui ont estimé que l’actuel chef de l’Exécutif s’efforce de donner une fausse impression de solidarité et d’homogénéité au sein de la sa coalition. Les mêmes sources ont ajouté qu’en réalité, les individualités continuent de prendre le dessus, donnant lieu à des restructurations et des tournées régionales organisées par les partis de la majorité, chacun tout seul. Ce qui porte à croire que l’objectif final de chaque parti de l’actuelle majorité, n’est autre que l’échéance électorale de 2021. La course se dessine notamment entre le PJD et le RNI. La récente surchauffe provoquée par Abdelilah Benkirane en atteste.

Selon le politologue Hafid Zahri, joint par le Reporter, la dissonance au sein de l’Exécutif impacte l’action gouvernementale, au point de se poser des questions sur la portée de la Charte de la majorité et sa réelle utilité. Nombre d’observateurs expliquent que, jusque-là, rien n’a été fait pour faire face aux défaillances dans les secteurs sociaux les plus importants aux yeux du citoyen, à savoir l’enseignement, la santé et le logement. Outre l’augmentation des prix à la consommation qui n’arrangent en rien le quotidien du citoyen… Et le chômage qui ne cesse de grimper.

Le timing de la signature de la Charte de la majorité pose une autre question de logique. Le gouvernement d’El Othmani est bien là depuis déjà dix mois. La communauté de vue et la solidarité devaient, naturellement, être finalisées au moment de la présentation de la Déclaration gouvernementale, puis réaffirmée au moment de l’élaboration de la loi de Finances. D’autant que selon la loi organique des Finances, les projets d’investissement du Gouvernement doivent être arrêtés pour une période de 3 ans.

Si tous ces engagements communs ont déjà été actés par les partis de la majorité et que la Charte n’empêchera pas ces mêmes partis de faire cavalier seul, le cas échéant, alors à quoi se sont-ils engagés ?  Outre le fait qu’elle est, dans l’ensemble, vague quant au fond, cette Charte ne semble, donc, devoir apporter rien de déterminant pour la cohésion de la majorité. Il faudra continuer de croiser les doigts, espérant que la symbolique suffira…

Mohcine Lourhzal

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