samedi 24 juin 2017

Maroc : Grand débat sur la procréation médicalement assistée

La stérilité au Maroc est devenue un réel problème de santé publique. Aussi, la couverture sociale s’impose-t-elle avec insistance, plus que jamais. Et il y a la question de la PMA…

Environ 15% des couples en âge de procréer souffrent de l’infertilité. C’est le cri d’alarme lancé par le Colloque national sur la procréation médicalement assistée (PMA) au sein de la société marocaine. 

L’objectif de ce Colloque, organisé à Rabat par l’Ordre national des médecins, en partenariat avec la Société Marocaine des Sciences Médicales, était de débattre des répercussions de la stérilité qui est devenue un réel problème de santé publique, de revoir, consolider et amender l’arsenal juridique, avec en tête la loi 47-14 et de faire avancer le processus de couverture médicale au regard de la cherté des soins relatifs aux problèmes de fertilité chez les couples, plus particulièrement la prise en charge des éventuels couples qui en souffriraient.

Bébés in vitro

La réussite en Grande-Bretagne de la naissance du premier bébé par fécondation in vitro, l’enfant Louise Brown, le 25 juillet 1978, a révolutionné la médecine dans le monde. Au Maroc, il a fallu attendre l’année 1990 pour voir la première naissance in vitro.

Le droit à la santé

Inaugurant le Colloque sur la procréation médicalement assistée, auquel ont participé d’éminentes personnalités du monde de la médecine, du droit et de la société civile, le Professeur Hussein Maouni, Président du Conseil national de l’Ordre des médecins au Maroc, a souligné que le droit à la santé est un droit constitutionnel. Il a rappelé que la problématique de la procréation médicalement assistée avait été soulevée dans le Livre blanc de 1999 et que le ministère de la Santé avait élaboré, en 2013, le projet de loi 47-14 relatif à l’assistance médicale.

Une loi adaptée aux avancées médicales

Dans ce colloque, les intervenants ont été unanimes à préciser qu’à la lecture de ce texte de projet de loi, il s’est avéré que les remarques précédentes n’ont pas été prises en compte. Les scientifiques souhaiteraient une loi adaptée aux avancées réalisées par la science, ainsi qu’à la religion musulmane. «Nous demandons un cadre juridique pour exercer cette spécialité que nous jugeons très pointue», nous a confié Bahae Benomar, biologiste, responsable d’un centre de fécondation in vitro.

Du retard quand même

Intervenant à son tour, le Secrétaire général du ministère de la Justice et des Libertés a, dans un discours au nom du ministre, rappelé: «Nous devons admettre que, étant un pays émergeant qui occupe une place importante parmi les pays modernes et qui dispose d’un arsenal juridique très avancé dans divers domaines, nous avons enregistré quelque retard dans l’encadrement de ce domaine, du fait que la loi n’a pas suivi l’évolution scientifique et médicale que le Maroc a connue». Et le ministre de souligner: «Dieu merci, nous avons pu dépasser ce retard par la mise sur pied d’un cadre juridique, à savoir la loi 47-14 qui a été adoptée en conseil de gouvernement le 7 avril 2016, ce qui a comblé le vide enregistré dans ce domaine et maîtrisé clairement les limites de l’intervention médicale dans l’assistance à la procréation et ses conditions». Et le ministre de la Justice de conclure: «Il n’y aura plus de récidive de la pagaille dans ce domaine ou d’humeur personnelle».

Le volet religieux présent

Le volet religieux a été présent lors de ce Colloque. Les participants ont émis beaucoup d’interrogations et de questionnements. Surtout que plusieurs Fatwas avaient vu le jour dans nombre de pays, en l’occurrence l’Egypte, l’Arabie Saoudite et le Koweït, nous a confié Bahae Benomar. La Fatwa égyptienne d’Al Azhar (en 1980) autorise la PMA au couple marié, avec les gamètes parentaux. Pour le spécialiste en biologie, «l’Islam encourage la procréation au sein du couple marié. C’est la première règle. Mais tout ce qui relève du don est interdit». Et Bahae Benomar de préciser: «Faire appel à une femme porteuse qui va prêter son utérus est tout aussi interdit».

Un problème de santé

A l’unanimité, les médecins ont mis en évidence le fait que la stérilité est devenue un réel problème de santé publique, d’où la nécessité de mettre en œuvre une couverture médicale, étant donné la cherté des frais d’hospitalisation et des médicaments.

17 centres seulement

Un médecin biologiste a affirmé en soupirant: il existe seulement17 centres privés de procréation médicalement assistée, un centre public déjà opérationnel et un deuxième centre qui le sera incessamment, alors que la France, par exemple, dispose d’une centaine de centres pour faire face aux problématiques de la fécondation chez les couples. Les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sont tout aussi éloquents qu’alarmants: entre 12 et 15% de couples en âge de procréation souffrent d’infertilité.

(Voir aussi l’avis des spécialistes, in rubrique Entretien)

Mohammed Nafaa

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2 Commentaires

  1. Seulement 17 centres de pma dans le pays, c’est très insuffisant! Mon mari et moi nous avons du faire notre fiv do dans une clinique ukrainienne Biotex et heureusement tout s’est bien passé, nous sommes parnets d’une jolie fille:) Je souhaite que les couples infertiles puissent devenir heureux dans leur propre pays sans se déplacer ailleurs.

  2. je suis d’accord avec Guzel c’est vraiment très peu cette quantité de centres pma! moi je le ressens très bien parce que je suis infertile et je suis contrainte de chercher des solutions qui soient pas trop chères et efficaces à la fois. j’ai entendu parler de l’Ukraine comme destination pma et probabalement cela vaut la peine d’y penser.

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