Reconsidérer le marché de la dette privée au Maroc

Amine Amor, président de l’Association des sociétés de gestion
et fonds d’investissements marocains (Asfim).

Amine amor ASFIM

L’évolution du marché de la dette privée mérite une meilleure compréhension. Le rôle de la dette privée dans le financement de l’économie demande aujourd’hui plus d’explications. Il doit aussi s’inspirer des pratiques à l’international en matière de régulation, pour sa pérennité et son développement. Le point avec Amine Amor, président de l’Asfim.

Pourquoi une conférence-débat sur la dette privée?

Aujourd’hui, on ne fait qu’un état des lieux, juste pour nous assurer que tout est bon et que tout fonctionne bien. On a même parlé de Benchmarking international pour voir ce qui se passe ailleurs et pour mieux nous situer et décider de ce qu’il y a à faire. Le ministre des Finances s’est montré prêt à accompagner les réformes qu’il faut mettre en place et les réformes nécessaires pour accompagner le développement du marché, le tout pour une meilleure sécurité de l’épargnant. Donc, aujourd’hui, on fait un état des lieux pour voir s’il y a des perspectives et des axes de développement à mettre en œuvre… Tout le monde est d’accord pour travailler dans ce sens au vu de l’importance de la contribution des OPCVM au financement de l’économie nationale. C’est tout l’intérêt d’organiser cette conférence qui vise à dresser l’état des lieux des problématiques et des enjeux actuels et à évaluer les perspectives pour optimiser le futur tant pour les émetteurs que pour les investisseurs.

À première vue, quelle évaluation peut-on faire de l’évolution du marché?

Rien que sur les cinq dernières années, il y a eu une forte évolution du marché de la dette privée (+380 %). Celle-ci s’est faite dans un environnement assez favorable marqué, d’une part, par des investisseurs à la recherche d’alternatives d’investissement et, d’autre part, par un ralentissement de l’octroi de crédits bancaires et le faible intérêt pour le compartiment boursier comme levier de capitaux. C’est d’ailleurs dans ce cadre que le gisement de la dette privée est passé de 46 MMDH à 178 MMDH entre 2007 et 2012, conférant ainsi à ce marché une part de plus en plus importante parmi les canaux de financement de l’économie. Cependant, lorsqu’on compare le poids de la dette privée dans le financement de l’économie nationale aux pays les plus développés, on remarque que celui-ci demeure relativement faible. Alors qu’il représente, dans les économies américaine et européenne, plus du tiers du financement de l’activité économique, au Maroc, on se situe à des niveaux légèrement au-dessus de 10%.

Cette conférence est-elle suffisante pour faire le point sur l’ensemble du marché de la dette privée?

Non. L’objectif aujourd’hui est plutôt de reconsidérer le fonctionnement du marché de la dette privée au Maroc et de mettre à l’étude les mesures qui soutiendraient une meilleure structuration de ce compartiment financier. Quoi de plus intéressant qu’un renforcement de la confiance des investisseurs par le biais d’une plus grande transparence, un meilleur accès à l’information et aussi un encadrement réglementaire plus fiable! Il y a lieu aussi de penser à intégrer des PME dans la constitution même du tissu économique marocain, vu que le marché est concentré tant au niveau des émetteurs que de leur répartition sectorielle.
Cette conférence vise donc à faire un diagnostic de ce compartiment du marché des capitaux et d’identifier les perspectives qu’offre ce marché à la fois aux investisseurs et au financement de l’économie.

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