Guerre d’Ukraine | Sanctions contre la Russie, Le Boomerang pour l’Europe, Et l’impact sur le Maroc ?

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La guerre d’Ukraine se poursuit, près de boucler sa 3ème semaine.

De longs jours de bombes, de morts, de décombres et de détresse pour tout le peuple d’Ukraine.

Le Président Poutine l’a dit, la Russie est déterminée à atteindre ses objectifs quelle que soit l’approche adoptée pour y arriver, guerre ou négociations. Ses objectifs étant d’empêcher que l’OTAN s’installe à ses frontières.

En face, les Etats Unis et l’Europe sont confrontés à un dilemme. Ils sont du côté de l’Ukraine et veulent l’aider, mais ils ne peuvent pas engager leurs forces militaires sur le territoire ukrainien, la Russie menaçant de recourir à l’arme nucléaire. Ce qui appellerait une riposte équivalente et transformerait la guerre d’Ukraine en 3ème guerre mondiale.

La diplomatie ayant échoué et la confrontation militaire étant exclue, il ne reste aux Occidentaux mobilisés derrière l’Ukraine que l’arme économique.

Ils ont donc décidé une série de sanctions économiques et financières contre la Russie.

Sanctions qui portent un coup à l’économie russe, certes, la liste continuant d’ailleurs de s’allonger. Mais à y regarder de plus près, ces sanctions pèchent par deux de leurs aspects.

D’abord, toute l’opinion publique sait aujourd’hui qu’elles sont sélectives. Sur les plus de 400 banques que compte la Russie, par exemple, seules 7 sont sanctionnées. Pourquoi ? Parce que pour les autres, il y a un risque d’effet boomerang pour les Occidentaux –notamment les pays européens- qui achètent le Gaz, le pétrole et le charbon russes.

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Ensuite, certaines sanctions ont bien été prises mais, effet boomerang effectif cette fois, elles se retournent contre ceux qui les ont décidées.

Ainsi par exemple, l’exclusion des banques russes du Système Swift (Society for worldwideinterbankfinancialtelecommunication. Unréseaucomptant 11.000 institutions financières permettant aux banques de passerdes ordres d’achat ou de vente via cette même plateforme) est autant pénalisante pour les banques russes que pour les Européens qui exportent ou importent de Russie.

Or, la France exporte chaque année vers la Russie l’équivalent de cinq milliards d’euros. Et pour les vingt-sept États membres de l’UE, les exportations en direction de la Russie atteignent 89 milliards d’euros… C’est dire si le système Swift va leur manquer.

Plus encore, si la Russie a elle-même son propre système Swift qu’elle pourra développer davantage à l’avenir, cette mesure d’exclusion des banques russes de Swift les a poussées vers la Chine qui a un système similaire qui va en prenant de l’importance et que lorgnent désormais plusieurs pays, au détriment de l’Europe et de son système.

Quelle que soit la durée de la guerre d’Ukraine, il ne fait déjà plus de doute que l’économie mondiale en souffrira.

Et les plus impactés seront encore les mêmes: les pays aux faibles moyens qui n’ont ni ressources, ni réserves. Mais aussi les pays dont les principaux partenaires commerciaux sont ceux impliqués dans cette guerre !

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Au Maroc, où les dernières flambées des prix des hydrocarbures et des denrées (ou composantes) importées ont poussé certains secteurs à manifester leur inquiétude –voire leur exaspération- le Gouvernement est sur tous les fronts, assurant que toutes les précautions ont été prises afin qu’il n’y ait aucune pénurie.

Pour les prix, par contre, certaines hausses ne pourront pas être évitées. Cela s’appelle l’inflation importée. C’est le tribut de la mondialisation. Le pays se bat depuis longtemps pour s’assurer une autosuffisance à tous les niveaux, mais quand la sécheresse s’en mêle, comme cette année où elle est particulièrement sévère… Il n’y a rien à y faire. Entre les plus de 100 millions de quintaux de productioncéréalière l’année dernière et les prévisions d’à peine une trentaine de millions de quintaux, cette année, il n’y a pas photo ! Il faudra importer au prix du marché international. Les prix actuels ne changeront pas, assure l’Etat qui promet de prendre en charge la différence. Pour les hydrocarbures aussi, l’Etat mettra la main à la poche, comme il l’a promis aux transporteurs. On le voit, le 1er impact sera pour la Caisse de compensation… Il ne reste plus qu’à prier pour que cette guerre ne s’éternise pas.

Bahia Amrani

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