Femmes d’Afrique : Un forum pour tout dire

Adjaratou Fatou Ndiaye Fatima Sadiqi Assaitou Mbodj Sophie Bessis Mariem Baba Ahmed panel Forum Ph MAP

L’un des temps forts de la 18ème édition du Festival et Musiques du d’Essaouira(*), a incontestablement été le 4ème Forum organisé en partenariat avec le Conseil National des Droits de l’Homme, sous le thème « d’Afrique: créer, entreprendre».

Ainsi, des interventions passionnantes de 20 africaines de 7 pays ont permis d’engager des débats essentiels sur le rôle actuel et à venir des dans le développement de leur continent. Des échanges qui ont clairement démontré la volonté des d’Afrique d’approfondir la confrontation de leurs expériences respectives et la nécessité de créer une plate-forme où elles expriment leur force, leurs expertises, pour que les femmes africaines soient plus interconnectées.

L’Afrique à venir

A ce propos, les intervenants à ce forum, qui a réuni pendant 2 jours des femmes des mondes de la , des affaires, des médias et des arts, des responsables patronales, des académiciennes, des syndicalistes et des militantes des droits de l’Homme, ont établi un parallèle entre les écarts existants entre plusieurs pays africains au niveau de certains indicateurs socio-économiques et le degré d’évolution de la situation de la femme dans les sociétés concernées.
Ces mêmes écarts socio-économiques, touchant notamment la scolarisation des filles ou l’accès des femmes aux prestations médicales, pose, selon eux, la problématique d’établissement d’un bilan unifié, sinon homogène de la situation de la femme dans un continent qui avance à plusieurs vitesses et donne l’«illusion», pour certains, que les questions liées à la condition de la femme sont différentes d’un pays à l’autre.
Mais dans l’ensemble, les conférenciers ont observé que la condition de la femme connaît un changement un peu partout, même dans les systèmes sociaux les plus conservateurs, expliquant que parmi les facteurs qui ont conduit à ce changement, figurent l’urbanisme et la crise économique qui ont contribué au bouleversement des schémas sociaux établis, à la favorisation du travail et de la participation sociale des femmes et au développement du salariat féminin, entre autres.

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Quelle place pour ces dames?

Toutefois, certains panélistes ont regretté le fait que cette participation grandissante de la femme dans l’activité économique ne soit pas accompagnée par une évolution de sa place dans la société, qui reste entravée tantôt par un cadre juridique défavorable, tantôt par des systèmes familial, social, tribal ou coutumier qui résistent à cette mutation. D’autres ont noté le manque de volonté de la classe qui entretient le paradoxe d’un discours plaidant pour l’émancipation de la femme, mais qui ne trouve pas d’écho dans ses stratégies.

Le rôle de la famille a suscité un débat particulier entre certains intervenants qui ont plaidé pour la création des conditions propices à l’épanouissement de ce noyau dur de la société, pour en faire un outil de promotion du développement économique et d’autres qui ont considéré que la structure familiale, telle qu’elle est en Afrique actuellement, constitue un frein à l’émancipation de la femme et un incubateur d’un ensemble d’idées réduisant son rôle dans la société.

La condition au féminin

La condition des femmes en Afrique a également été décortiquée sous l’angle de la création et à travers la présentation de modèles de parcours féminins touchant les arts, la littérature, les médias, l’entreprenariat ou l’événementiel. Les panélistes ont ainsi raconté les événements qui les ont inspirées et guidées dans leurs combats liés à une quête de reconstitution de soi, de résistance ou de réappropriation de ses propres valeurs et identité.
Sur ce registre, le constat a été que les femmes africaines sont très ancrées dans le monde de la création, comme le démontrent plusieurs indicateurs liés au nombre de ces femmes créatrices, mais également leur forte présence dans les palmarès des prestigieux Prix et consécrations dédiés à ce domaine.

DNES à Essaouira, H. Dades

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