Discrimination fondée sur le genre | L’égalité des sexes, facteur de croissance

La réduction de l’écart entre l’emploi des femmes par rapport à celui des hommes aboutirait à une augmentation du Produit Intérieur Brut (PIB).

Une réduction complète de l’écart des niveaux d’activité entre les hommes et les femmes, générerait une hausse du PIB par habitant de 39,5% comme effet maximal, relève-t-on des conclusions d’une étude sous le thème «Coûts économiques des inégalités de genre dans le marché du travail au Maroc», menée par la Direction des Etudes et des Prévisions Financières (DEPF) relevant du ministère de l’Economie et des Finances, en partenariat avec le Centre d’Excellence pour la Budgétisation Sensible au Genre (CE-BSG) et ONU-Femmes.

Baisse continue du taux d’emploi des femmes

S’exprimant le 5 mars 2021, lors d’un webinaire consacré à la présentation des résultats de l’étude, le Directeur des Etudes et des Prévisions Financières Mounssif Aderkaoui, a précisé que le Maroc a connu une baisse tendancielle du taux d’activité des femmes dans les deux dernières décennies qui est passée en l’espace de deux décennies de 30,4% en 1999 à 19,9% en 2020. «Au-delà des inquiétudes qu’elle soulève, cette baisse peut être interprétée aussi comme révélatrice de l’existence de réserves de croissance économique non encore utilisées, que le Maroc pourrait mobiliser pour qu’il parvienne en réunissant les conditions requises, à régler les multiples dysfonctionnements qui entravent la mobilisation du potentiel des femmes», a affirmé Aderkaoui. Et de souligner que durant les deux dernières décennies, le Maroc s’est engagé de manière volontariste, dans un vaste chantier de réformes multidimensionnelles, permettant d’ouvrir des perspectives prometteuses, y compris en matière de promotion de l’égalité des genres en particulier la nouvelle Constitution qui a consacré cette égalité dans l’accès aux droits politiques, économiques, sociaux et culturels et environnementaux. «Les programmes stratégiques et les stratégies sectorielles s’inscrivent dans la même perspective et affichent désormais un intérêt particulier pour la valorisation du rôle de la femme. Cependant, si les efforts consentis jusqu’à présent demeurent encourageants et prometteurs, ceci ne devrait pas faire perdre de vue la persistance de certaines insuffisances liées particulièrement aux contraintes d’accès des femmes aux opportunités économiques», a-t-il précisé.

Instaurer une nouvelle approche genre

De son côté, la représentante du Bureau Multi-pays de l’ONU-Femmes pour le Maghreb, Leila Rhiwi, a fait observer que plusieurs obstacles subsistent face à l’intégration des femmes au marché de l’emploi. Cependant, la gent féminine continue à travailler plus, appelant à diminuer les obstacles systémiques qui empêchent la femme marocaine de participer de manière égale dans les secteurs public et privé. Ces inégalités entre les femmes et les hommes au niveau de l’accès au marché du travail impactent directement la croissance économique du pays, a-t-elle insisté, faisant observer que «la majorité des femmes continuent à avoir un emploi précaire et informel». Et d’ajouter que malgré des avancées enregistrées en la matière, des défis persistent encore, particulièrement, ceux liés à la faiblesse de l’accès des femmes aux opportunités économiques, induisant des pertes en points de croissance sous l’effet de la sous-utilisation de l’ensemble des potentialités humaines dont dispose le Maroc. La réduction de ces inégalités d’accès à l’emploi, a-t-elle poursuivi, appelle à la réalisation de deux prérequis économiques. Il s’agit d’une part du renforcement d’un modèle du développement économique générateur d’emplois suffisants et adaptés aux compétences et qualifications des citoyennes et des citoyens, et d’autre part de la mise en place de politiques socio-économiques efficaces et adéquates dans les secteurs clés tels que l’éducation, la santé, la sécurité sociale.

Quant au Directeur de l’Agence Française de Développement (AFD) au Maroc, Mihoub Mezoughi, il a souligné la nécessité d’instaurer une culture genre au sein de l’administration et de l’entreprise, en se basant sur des approches intégrées et des objectifs assez clairs. Abordant la Budgétisation Sensible au Genre (CE-BSG), Mezoughi a indiqué qu’il s’agit d’une politique inédite et originale qui assure un cadre pour formuler des politiques publiques qui encouragent et facilitent l’accès des femmes aux services publics et un accompagnement de l’administration. Elle instaure aussi un cadre de redevabilité donnant lieu à un engagement durable et réel. Selon le directeur de l’AFD, la réduction des inégalités de genre dans le marché du travail est intimement liée à la croissance économique du Maroc notant que l’accès des femmes aux opportunités économiques s’avère un puissant levier de développement et un gage d’édification d’une société inclusive qui valorise l’ensemble de ses membres.

ML

Covid-19 et difficultés financières

La double peine des marocaines

La situation financière des femmes s’est nettement détériorée lors de la crise sanitaire due au nouveau Coronavirus (Covid-19). La principale cause résulte de leur vulnérabilité sur le marché du travail. Ainsi, les ménages dirigés par des femmes ont davantage souffert de la perte de revenus et ont été plus exposés aux crises financières. Dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie, du commerce et des services, respectivement 36%, 58%, 72% et 41% des ménages dirigés par des femmes se sont retrouvés sans revenus contre 32,5%, 53% 46% et 33% de ceux dirigés par des hommes. Tels sont les principaux constats faits par le Haut-Commissariat au Plan (HCP) et ONU Femmes-Maroc, dans le cadre d’un rapport conjoint intitulé «Analyse genre de l’impact du coronavirus sur la situation économique, sociale et psychologique des ménages». Il y est relevé, principalement que la part des femmes cadres moyens ayant perdu leur emploi depuis le début de la crise Covid, s’est établie à 55% contre 40% pour les hommes. Dans les ménages où seules les femmes sont actives occupées (les ménages composés de veuves ou de femmes célibataires ou divorcées), elles sont plus nombreuses à déclarer que leur ménage n’a plus aucune source de revenu.

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