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Cameroun/ COVID-19 | La solidarité n’est pas d’actualité

Cameroun/ COVID-19 | La solidarité n’est pas d’actualité

Six bénévoles mandatés par le principal opposant au président Paul Biya, qui distribuaient masques et gel hydro alcoolique au Cameroun, sont en garde à vue depuis lundi, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

«Six bénévoles» recrutés pour le compte de l’opération de l’opposant Maurice Kamto baptisée Survie Cameroon-Survival initiative, ont été interpellés lundi par la police alors qu’ils distribuaient des masques et du gel hydro alcoolique dans un marché de Yaoundé, dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, a affirmé à l’AFP Hippolyte Meli, l’un de leurs avocats.

La police les accuse de «distribution illégale de cache-nez et de gel hydro alcoolique», a ajouté leur conseil, précisant qu’ils étaient toujours en garde à vue vendredi.

Contactées par l’AFP, les autorités camerounaises n’avaient pas encore réagi vendredi.

Le pouvoir avait déjà empêché une collecte de fonds pour lutter contre le coronavirus, lancée par Maurice Kamto, candidat malheureux au second tour de la présidentielle de 2018, en ordonnant fin avril aux opérateurs de fermer les comptes de téléphonie mobile ouverts pour cette initiative, jugée «illégale».

Selon l’organisation de défense des droits humains Human rights watch (HRW), les six bénévoles sont accusés de «rébellion», un chef d’accusation passible de quatre ans d’emprisonnement.

«Distribuer des masques gratuits à ceux qui en ont besoin n’est pas un signe de rébellion et ne devrait certainement pas conduire à des incarcérations», a réagi jeudi, HRW sur son site internet.

«Les autorités camerounaises semblent davantage soucieuses de vaincre l’opposition que de protéger la santé publique», a déploré l’organisation.

Deux proches de Maurice Kamto, dont le principal responsable de son initiative, Christian Penda Ekoka, ont aussi été convoqués pour une audition jeudi et vendredi par la police judiciaire dans le cadre d’une enquête sur cette opération.

Parmi les pays d’Afrique subsaharienne les plus touchés par le virus, le Cameroun a déjà recensé quelque 3 000 cas, dont 139 décès à ce jour.

Cette épidémie est l’occasion d’une nouvelle passe d’armes entre la majorité et Maurice Kamto, qui avait passé en 2019, huit mois en prison, avant d’être libéré en octobre.

L’opposant a essayé de lancer mi-avril une procédure pour faire constater la vacance du pouvoir au Cameroun, estimant «irresponsable» l’absence «prolongée» du président Paul Biya.

Le chef de l’Etat, âgé de 87 ans et au pouvoir depuis 1982, ne s’est pas exprimé à la télévision depuis le début de l’épidémie.

LR/AFP

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