lundi 21 août 2017

Un nouveau parti, «les néo-démocrates»

Congres constitutif parti neo democrates septembre 2014

Un nouveau-né sur l’échiquier partisan vient de voir le jour, s’ajoutant ainsi sur la liste des formations politiques marocaines comportant 33 partis. Il s’agit du Parti des néo-démocrates.

C’est la première formation politique créée après l’adoption de la nouvelle Constitution (2011) et de la loi organique sur les partis. Le leader de ce nouveau parti politique n’est autre que le politologue Mohamed Darif. Les autres membres fondateurs, visiblement, ne sont pas connus sur la scène politique. Un meeting a été organisé les 12 et 13 septembre au Centre Moulay Rachid à Bouznika par les fondateurs du parti et les congressistes (2.000 selon les organisateurs). Il a été consacré à l’élection de ses instances. Lors de ce congrès constitutif, Mohamed Darif, se présentant en candidat unique, a été élu président du parti. C’était aussi l’occasion de mettre en avant les principes et les positions de cette nouvelle formation. Le premier principe mis en avant par les néo-démocrates est la «virginité politique». A ce sujet, Mohamed Darif se flatte du fait que son parti est composé, en grande partie, de membres qui adhèrent pour la première fois à l’activité partisane. «Nous avons eu le mérite de convaincre de nombreux cadres: des ingénieurs, des avocats, des pharmaciens, des médecins, etc, d’adhérer à l’action partisane. Nous avons été surpris de voir que de nombreux cadres n’étaient même pas enregistrés sur les listes électorales. Ils l’ont donc fait. Car, c’est une exigence de la loi sur les partis pour pouvoir compter parmi les fondateurs d’un parti», a-t-il précisé. Les chiffres indiquent que 85% des membres du Parti des néo-démocrates n’avaient par le passé adhéré à aucun parti. Ainsi, 8% des membres, même s’ils avaient fait un passage dans un parti, leur expérience a été un échec et 7% des membres restants sont venus d’autres formations politiques (M. Darif a parlé du PAM et du MP). Autre argument en faveur de la «virginité politique» de ces membres: le fait que le parti des néo-démocrates mette en avant la jeunesse de ses structures. À cet effet, s’agissant de l’âge des congressistes ayant participé au congrès constitutif, on avance que 23% d’entre eux sont âgés entre 18 et 25 ans, 40% entre 25 et 35 ans et 27% entre 35 et 50 ans. Seuls 10% des congressistes sont âgés de plus de 50 ans.

Démocratie interne

Autre principe mis en avant: le parti dit vouloir ériger la démocratie interne. Pour Darif, ce principe est incontournable pour redonner confiance aux citoyens dans la vie politique. Dans le même sens, le Parti des néo-démocrates estime que, dans la nouvelle Constitution, la démocratie représentative (liée aux élections) est obligatoirement accompagnée de la démocratie participative et de la démocratie citoyenne… Le Parti a choisi de se ranger du côté de l’opposition. Il considère que l’actuelle majorité n’a pas respecté ses engagements (notamment les engagements électoraux du parti qui dirige le gouvernement).

Les prochaines élections

Le parti considère que toutes les formations qui boycottent les élections n’ont pas besoin de se constituer dans le cadre d’un parti politique. De la sorte, le nouveau parti déclare son souhait de prendre part aux prochaines échéances électorales. «Nous ne prétendons pas que nous allons remporter beaucoup de sièges, mais cela va représenter pour nous un exercice et nous permettre d’apprendre comment faire face aux défis liés aux élections», souligne le président du parti.

Respect du droit à la différence

A ce titre, la nouvelle formation politique se dit ouverte sur toutes les tendances: salafistes, chiites… Toutefois, le parti refuse l’adhésion de membres qui se présenteraient en groupe. «Mais s’ils viennent à titre individuel, ils sont les bienvenus», explique Mohamed Darif.
En attendant, quelle sera la plus-value d’une telle entité? Que fera de plus ce nouveau parti par rapport aux autres qui existent pour enrichir le microcosme? Sera-t-il le refuge de ceux et de celles parmi les modérés d’Al Adl wal Ihssane qui veulent intégrer le jeu démocratique? Laissons le temps au temps et aussi aux initiateurs de ce jeune parti qui ont franchi toutes les étapes nécessaires à la création de leur formation politique comme le stipule la loi et de se préparer aux communales de 2015 avec des programmes à caractère local. A souligner que lors de ce congrès, l’absence des délégations officielles des partis politiques marocains a été remarquée, avec une faible représentativité du Parti Justice et Développement (PJD), du PPS et du Parti Libéral, mais aussi la présence des délégations des ambassades de France, des Etats-Unis, de Belgique et du Maghreb: Algérie, Tunisie et Mauritanie.

Bouchra Elkhadir

Darif présiden


Mohamed Darif

Il est vrai que rien ne laissait présager que Mohamed Darif allait passer de la posture de chercheur à celle de responsable politique. L’homme était connu comme universitaire et spécialiste de la mouvance islamiste et d’Al Adl wal Ihssane en particulier. Il a fait l’annonce, en janvier 2014, de la création du Parti des néo-démocrates. Cette première formation politique, née dans le cadre de la nouvelle Constitution adoptée en juillet 2011, a choisi comme slogan: «Peu d’idéologie, plus d’efficience et d’efficacité». Elle est composée d’un groupe de cadres qui n’ont pas d’expérience politique… Plusieurs observateurs avancent que l’heure est plutôt aux fusions dans tous les domaines pour créer des blocs et des regroupements. Pour ces observateurs, un parti politique s’appuie soit sur une légitimité historique, soit sur une idéologie ou un programme politique ou économique et donc, ce genre de rassemblement ne peut être considéré comme parti, mais plutôt un club de réflexion rassemblant des intellectuels. Les mauvaises langues avancent qu’à la veille de chaque consultation électorale, un pseudo-parti émerge. C’est ce qu’on a appelé communément: les partis «cocotte-minute». C’est ce qui explique ce pluralisme de façade qui joue fondamentalement contre la démocratie et favorise l’émiettement du champ politique. Et la preuve dans les grandes démocraties, c’est la bipolarisation qui est érigée en règle.

BEK

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