mardi 12 décembre 2017

Leur avis sur le parti et le congrès de la discorde…

Les ténors du parti de l’Istiqlal donnent au «Reporter» leur avis sur le Congrès de la discorde et, plus généralement, sur le parti. (Voir l’avis de Taoufik Hjira, plus long, in rubrique «Entretiens»).

Noureddine Modyane : «Ils veulent nuire au Parti de l’Istiqlal»

Que dites-vous des incidents qui ont entaché les travaux du 17ème Congrès national du Parti de l’Istiqlal?

Il s’agit d’une simple bousculade et rien d’autre. La fougue d’une jeunesse, chose très normale.

Une fougue qui fait voler des assiettes et des chaises?

Et qui s’est terminée par une réconciliation et des embrassades entre les belligérants. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit de quelque 6.000 congressistes.

Et l’après-congrès?

Ce congrès est un nouvel élan pour notre parti.

Une réconciliation aussi?

Est-ce que, à votre avis, la concurrence est synonyme de bagarre? Il faut juste veiller sérieusement à faire valoir les règles de la démocratie. Ce qui nous intéresse, c’est assurément la réussite de cette étape historique.

Pourquoi vous êtes-vous contentés, au Parti de l’Istiqlal, de la présentation de deux candidats, sans plus?

La compétition est restée ouverte durant toute une semaine.

On a parlé de falsification des badges …

Des paroles, ni plus, ni moins.

Il y aurait même des parachutages et la distribution des badges aux partisans de Hamdi Ould Errachid?

Ce sont des propos que tiennent ceux qui veulent nuire à l’image du Parti de l’Istiqlal. Ils sont d’ailleurs payés pour cette sale besogne. Il n’y a rien de tout cela, croyez-moi.

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Adil Benhamza, porte-parole du Congrès de l’Istiqlal : «Un fâcheux et regrettable incident»

Le Parti de l’Istiqlal a vécu des moments difficiles…

Le 17ème congrès du Parti de l’Istiqlal est une station importante dans la vie du parti, considérant que le congrès est la plus haute autorité de notre formation politique. Je rappellerais cependant que le 17ème congrès se tient dans des circonstances et une conjoncture que tout le monde connaît. Le parti a vécu de grandes divergences et, malgré cela, nous avons réussi à réduire le fossé entre les différentes parties au sein du PI et à trouver un nouvel espace commun qui nous aide à aborder, unis, le Congrès national. Bien entendu, celui-ci est l’espace opportun et le lien où s’illustrent différences et points de vue divers. Pour ce qui est de l’organisation et des institutions électorales, ce sont les urnes et la démocratie qui tranchent.

Quel débat au sein des commissions?

Le Congrès national se tient, par ailleurs, dans une conjoncture politique, économique et sociale délicate qui a fait l’objet d’un sérieux débat au sein des différentes commissions. Bien entendu, c’est cela le bilan de la Commission préparatoire durant plus de quatre mois.

Deux jours durant, les différentes commissions, ainsi que les plénières se sont attelées à débattre de questions importantes pour le devenir de notre pays et du peuple marocain.

S’agissant du fâcheux incident?

Concernant les incidents qui ont terni quelque peu l’image du Parti de l’Istiqlal, ce que je peux dire, c’est qu’ils n’honorent pas notre formation politique, ni ses militants et encore moins la vie partisane. Ils ne nous permettent pas de présenter l’image du parti à laquelle nous aspirons. Il nous appartient donc, à nous tous, de nous excuser pour ce fâcheux contretemps auprès de l’opinion nationale, du peuple marocain et de toutes les forces vives pour cette image qui est véritablement une exception avec quelque cinq mille congressistes.

Bien sûr, cette situation, le Parti de l’Istiqlal ne la mérite pas. Cependant, aujourd’hui, les frères Secrétaire général et Nizar Baraka sont arrivés ensemble au Palais des congrès et j’espère que les médias relèvent ce point, somme toute positif. Pour l’incident, je peux dire qu’il s’est agi d’un cas isolé.

Et l’image générale du Congrès?

L’image générale du Congrès national du Parti de l’Istiqlal est totalement positive: c’est un dialogue libre, des comportements démocratiques et des relations humaines entre les militants, pour corriger l’image de marque du Parti. C’est cela l’ambiance générale qui a primé durant les assises du 17ème Congrès national. Nous ne pointons personne, en particulier pour le fâcheux incident du vendredi soir: nous assumons tous la responsabilité.

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Chabat : «Nous refusons toute intervention»

«Nous refusons catégoriquement toutes interventions extérieures au Parti de l’Istiqlal; je dis bien, de toute partie, quelle qu’elle soit. Je rappelle que le dernier Congrès national du parti avait consacré le principe de la démocratie intérieure.

Pour ce qui est des événements qui ont entaché les assises du Congrès national, nous savons qui est derrière, preuves tangibles à l’appui!»

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Dr Zidouh Mohamed, membre du Conseil national de l’Istiqlal : «Il faut rendre au parti sa grandeur d’antan»

Qu’espérez-vous de ce Congrès?

Notre espérance et notre doléance après la fin du 17ème Congrès national du Parti de l’Istiqlal, c’est que, tout d’abord, la démocratie prime et que toute personne qui sera élue par voie démocratique soit le SG de tous les Istiqlaliens et de tous les membres du Conseil national du parti. Par conséquent, mon espoir est que le Comité exécutif soit un comité capable de faire en sorte que tout le parti en profite et non pas l’inverse; capable de lancer les défis évoqués par SM le Roi Mohammed VI dans son Discours historique du 30 juillet 2017. Notre Comité exécutif doit avoir une vision lointaine pour remettre le Parti de l’Istiqlal dans sa situation politique de grandeur, de leader et d’équilibre. C’est un grand parti, car l’Istiqlal a toujours joué le rôle d’équilibre. Cependant, on a perdu beaucoup de notre électorat. Nous demandons d’autres rendez-vous pour dire pourquoi le Parti de l’Istiqlal est arrivé à ce niveau, sachant que sa survie est toujours sûre et certaine. C’est cela notre but et c’est cela l’espérance du Comité exécutif qui sera élu le 7 octobre 2017.

Vous n’autorisez que deux super candidats. Pourquoi?

Aujourd’hui, chaque membre du Conseil national est libre d’élire qui il veut. Nous avons deux candidats et la démocratie doit être respectée. Toute personne qui sera élue, sera le SG du Parti de l’Istiqlal, celui de tous les Istiqlaliens. Car nous ne sommes pas un parti de division, mais plutôt d’unification.

Chabat est-il toujours la bête noire?

(Rires) Chabat est un militant du Parti de l’Istiqlal. On ne peut pas le lui enlever. Il a milité au sein du syndicat du parti. Donc, il est là. S’il n’est pas élu, il demeurera toujours le militant qu’il a toujours été. Il sera parmi nous et j’espère d’ailleurs qu’il le restera, parce que le débat politique est ainsi. Il y a aujourd’hui une victoire, demain ce sera peut-être une déception. Dans tous les cas, Hamid Chabat sera un militant et jouira du respect de tous les militants, mais également du nouveau Secrétaire général qui sera élu le 7 octobre 2017, comme du Comité exécutif. Il suffit qu’il reste présent parmi nous.

Propos recueillis par Mohammed Nafaa

Entretiens réalisés par Mohamed Nafaa

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