samedi 21 juillet 2018

Thé : Les Marocains pas encore rassurés !

Alors que la polémique sur l’existence de résidus de plusieurs pesticides dans le thé en Europe n’est pas encore éteinte -le problème étant déclenché en octobre dernier par le magazine 60 Millions de consommateurs-, au Maroc le sujet préoccupe aussi.

Il inquiétait déjà certaines associations de défense des consommateurs, depuis plusieurs années. En tout cas, c’est ce qu’affirme le président de la Fédération marocaine des droits de consommateurs (FMDC), Bouazza Kherrati. «Cela fait trois ans déjà que la Fédération marocaine des droits de consommateurs a soulevé la question de la qualité du thé vendu au Maroc. Nous avons même interpellé les autorités en charge du dossier de contrôle sur le sujet. A noter que chaque année, nous organisons une Journée sur les pesticides au Maroc, l’occasion de débattre  de cette problématique. Il faut dire que le thé est l’un des produits concernés par ce problème», déclare Bouazza Kherrati, pour qui le thé vendu au Maroc n’est pas aussi sain, particulièrement le thé chinois. «En Chine, le législateur n’est pas aussi sévère qu’à l’UE. Par conséquent, le thé importé de l’étranger, notamment celui provenant de ce pays, est pointé du doigt par de nombreuses associations de protection des consommateurs, notamment en Europe où la législation reste très sévère. Alors que chez nous, il n’y pas de normes. Et c’est ce qui ouvre la porte à la pagaille. Surtout que l’on n’a pas les moyens de faire analyser ce thé provenant de Chine, pour savoir combien de pesticides contient cette boisson, la plus consommée au Maroc», explique le président de la FMDC.

L’Association Uniconso se dit aussi préoccupée. Son président, Wadii Madih n’y va pas par quatre chemins. «Des informations circulent toujours, à travers les médias marocains, sur la présence de pesticides dans le thé consommé par les Marocains. Surtout après la publication, récemment, d’une enquête qui parle de 29 types de pesticides détectés dans l’ensemble des échantillons fournis. Normalement, l’ONSSA doit s’exprimer sur cette enquête. Il doit avertir les Marocains et dire si ces informations sont vraies ou fausses? Doit-on continuer à consommer le thé?», lance-t-il avant d’ajouter: «Nous sommes dans une situation de flou. On ne sait pas où est la vérité? Nous sommes très inquiets face à ce problème. Et nous le sommes encore plus, face au silence de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), devant ces nouvelles informations».

A l’heure où nous mettions sous presse, la Fédération nationale des associations de consommateurs (FNAC) s’apprêtait à interpeller l’ONSSA sur le sujet, avant de saisir le Procureur du Roi, pour exiger des clarifications quant à la présence de pesticides dans le thé, selon le président de l’Association Uniconso, membre de la FNAC.

Rappelons que, suite à la publication, il y a un mois, par certains médias d’articles faisant état de la présence, sur le marché national, de thé contenant  des traces de pesticides, l’ONSSA a réagi. En effet, le 5 février dernier, l’Office a diffusé un communiqué dans lequel il rassurait quant à la qualité et la sécurité sanitaire du thé importé et distribué par les établissements autorisés.

Le thé marocain contiendrait-il des traces de produits toxiques? La question reste, malgré tout, posée.   

Naîma Cherii

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