lundi 21 août 2017

Fondation AWB : Quelles voies de relance de l’ascenseur social pour la classe moyenne?

Conference fondation attijariwafa sur classe moyenne novembre 2014

Dans le cadre de son cycle «Echanger pour mieux comprendre», la Fondation Attijariwafa bank a organisé, au siège de la banque, une nouvelle conférence autour du thème «Classe moyenne et croissance durable partagée: quels outils pour mieux répartir la richesse nationale au Maroc?».

Animée par trois jeunes experts et intellectuels marocains, la thématique de cette conférence s’est imposée, selon Saloua Benmehrez, Directeur Exécutif du groupe Attijariwafa bank en charge de la Communication groupe et de la Fondation Attijariwafa bank, aux organisateurs qui ont le sentiment que «cette classe moyenne, a-t-elle souligné, s’est fragilisée ces dernières années alors qu’elle est censée être un facteur de cohésion sociale et un moteur de développement de l’économie». Rappelant que la classe moyenne marocaine est confrontée, depuis 2008, aux effets de la crise économique, elle a également évoqué d’autres difficultés contribuant à enrayer l’ascenseur social.
La conférence a démarré par une intervention qui a présenté un benchmark international en traitant de la classe moyenne et des modalités de redistribution des fruits de la croissance dans les pays émergents. S. Benmehrez a aussi analysé les conditions d’émergence et de consolidation des classes moyennes dans ces pays, avant de faire un focus sur l’expérience turque.
Par ailleurs, il a été souligné que la préoccupation première de tous les gouvernants à travers le monde est d’améliorer le taux de croissance pour favoriser l’émergence d’une classe moyenne jusqu’au moment idéal où celle-ci prend le relais pour devenir elle-même un moteur de croissance de l’économie.

Une autre intervention a été axée sur les caractéristiques de la classe moyenne au Maroc qui représente environ 15% de la population, soit près de 1 million de ménages. Au Maroc, a-t-on ainsi relevé, le seuil d’accès à la classe moyenne est très élevé du fait de la défaillance des services publics. Dans les 50 prochaines années, trois facteurs seront déterminants pour la classe moyenne au Maroc. Il s’agira de la proportion des diplômes délivrés et leur qualité, du dynamisme de l’économie nationale et sa capacité à absorber les demandeurs d’emplois et du coût de l’immobilier. A partir de ces déterminants, il est possible d’identifier les leviers sur lesquels il est possible d’agir pour consolider la classe moyenne et relancer l’ascenseur social.
Confortant ce constat et les pistes d’amélioration de la redistribution des fruits de la croissance, une autre intervention a prôné la mise en place d’un Pacte social de responsabilité qui lierait les gouvernants aux gouvernés pour favoriser la mobilité sociale. Ce serait un signal fort envoyé à cette classe moyenne en guise de reconnaissance de ses efforts et de ses sacrifices car, au final, elle constitue le seul couloir possible pour l’évolution sociale. Les membres de la classe moyenne peuvent compter sur l’entreprise qui les emploie, les institutions financières qu’ils sollicitent au quotidien et les structures associatives avec lesquelles ils développent une relation de solidarité. Les Marocains ont un atout de taille qui est leur sociabilité héritée de la société traditionnelle dont ils sont issus, basée sur ce lien social fort. Et c’est cela qu’on se doit de retrouver.
Il est à souligner que la classe moyenne au Maroc vit les mêmes mutations que dans les autres pays émergents. Contrairement à l’Europe où il n’y a pas de création d’emplois et où les structures sont bien ancrées et donc difficilement modifiables, l’économie marocaine est non seulement créatrice d’emplois, mais ses structures sont en phase de construction, donc plus facilement adaptables aux nouvelles exigences du marché du travail. D’où les nombreuses opportunités d’ascension sociale pour la classe moyenne.

H.D

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Un commentaire

  1. Merci d’avoir partagé cet article fort intéressant et positif !
    Excellente journée.

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