dimanche 23 septembre 2018

Sommet Union Européenne-Afrique : La migration au cœur des préoccupations

SM le Roi Mohammed VI, accompagné de SAR le Prince Moulay Rachid et du Prince Moulay Ismail, ainsi que d’une importante délégation officielle, a participé au 5ème Sommet Union Européenne (UE)-Afrique, tenu les 29 et 30 novembre 2017, à Abidjan (Côte d’Ivoire). Plusieurs sujets d’intérêt commun y ont été traités, à leur tête le dossier migratoire.  

C’est à Abidjan que les dirigeants des 28 Etats de l’UE et leurs homologues africains se sont rencontrés durant deux jours, pour débattre des défis multiples auxquels font face les deux continents, l’Europe et l’Afrique. A leur tête, la question de la migration et les moyens à même de permettre une meilleure gestion de ce phénomène transfrontalier.

La migration, un problème mondial

En effet, la migration et les multiples problèmes qu’elle pose à la fois aux pays européens et africains, ont figuré en tête de l’agenda des discussions, lors du Sommet UE-Afrique. Le choix de ce sujet n’a pas été fortuit. En effet, la communauté internationale ne s’est pas encore remise du choc qu’a suscité la diffusion d’images et de séquences vidéos montrant des migrants capturés en Libye, pour la plupart des Subsahariens, pour être par la suite vendus comme esclaves. Ce crime contre l’humanité, comme l’ont qualifié plusieurs associations de défense des droits de l’Homme à travers le monde, est d’autant plus grave qu’il est intervenu au moment où la communauté internationale s’enorgueillit d’avoir tout mis en œuvre pour combattre la traite des êtres humains, pratique qui a la peau dure dans certains pays, comme la Libye, pays par lequel le scandale de l’esclavagisme en 2017 est arrivé.

L’expérience poignante du Maroc   

En ce qui concerne le Maroc, le dossier migratoire a toujours occupé une place de choix dans ses politiques publiques. La question de la migration a, rappelons-le, une place encore prépondérante, depuis que SM le Roi Mohammed VI a décidé de lancer l’opération de régularisation de la situation des sans-papiers résidant au Maroc, notamment les Subsahariens. Grâce à cette politique royale avant-gardiste, le Maroc est devenu un pays de résidence, après avoir été longtemps été considéré comme un pays de transit. Les efforts du Maroc dans ce domaine lui ont également valu l’acclamation de la communauté internationale qui a salué le courage du Souverain et sa volonté de changer la perception de la migration.

Il ne suffit plus de s’indigner…

Si le Maroc a pris conscience de la nécessité de faire des migrants une opportunité, au lieu de les considérer comme un fardeau, force est de constater que la communauté internationale n’a pas encore dépassé le stade de l’indignation. Le 20 novembre 2017, le SG de l’Organisation des Nations Unies (ONU), Antonio Guterres, s’est dit «horrifié» des images choquantes montrant des immigrés clandestins traités de façon inhumaine, avant d’être vendus dans un marché aux esclaves en Libye. «L’esclavage n’a pas sa place dans notre monde. Ces actions comptent parmi les violations les plus flagrantes des droits de l’homme. Je demande donc à chaque nation d’adopter et d’appliquer la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée, ainsi que son Protocole sur la traite des personnes. J’exhorte la communauté internationale à s’unir pour combattre ce fléau», a déploré le SG de l’ONU.    

Le dossier migratoire est à traiter avec le sérieux et l’implication nécessaires. Le Maroc justifie d’une expérience conséquente dans ce domaine. Il est de ce fait, comme le soulignent plusieurs responsables africains et occidentaux, mieux placé pour mettre en place une feuille de route capable de permettre à un grand nombre de pays africains et européens de trouver des solutions radicales, humaines et durables à ce phénomène qui revêt de nos jours un caractère transfrontalier.

Mohcine Lourhzal

Bon à savoir

– En 2016, le Maroc a adopté le projet de loi relatif à la lutte contre la traite des êtres humains, avec pour objectif l’adaptation des réglementations nationales à celles internationales relatives au Protocole additionnel de l’ONU sur la traite des personnes.

– En décidant, en 2014, de régulariser la situation de pas moins de 25.000 migrants sans-papiers, le Maroc est devenu le seul pays du Sud à avoir opté pour une telle démarche. L’Espagne avait également adopté cette politique en 2005, en régularisant près de 700.000 étrangers parmi lesquels des Equatoriens, des Roumains, des Marocains et des Colombiens.

– L’opération de régularisation de la situation des migrants sans-papiers au Maroc, a concerné principalement les Sénégalais, suivis des Syriens, des Nigérians et des Ivoiriens. La plupart des personnes qui ont reçu leur carte de séjour délivrée par les autorités marocaines sont originaires, par ordre d’importante, de Syrie, du Sénégal, de la République démocratique du Congo et de la Côte d’Ivoire.

– Rabat a été la ville qui a enregistré le plus de demandes de régularisation, avec plus de 8.400 dossiers déposés lors de la première phase de cette opération.

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