samedi 16 décembre 2017

Santé-Maroc : Etudiants en colère et bonnes nouvelles

Louardi ministre sante maroc 2015

Gouvernement et étudiants en médecine sont en négociation. Au centre du débat, la recherche d’un consensus autour du projet gouvernemental concernant le Service médical national obligatoire. Des échanges instructifs, mais ça coince toujours.

C’est un ministre de la Santé irrité et frustré qui s’est adressé à la presse (lundi 5 octobre 2015), pour lui faire part de sa déception de l’issue des négociations entre le gouvernement et les étudiants en médecine, concernant le projet de Service médical obligatoire et sur moult points du cahier revendicatif des médecins internes.

Lahoucine Louardi n’a pas caché son amertume. Il a reconnu qu’il ne comprenait pas pourquoi les longues négociations n’ont pas abouti à un compromis entre les deux parties. Les réunions marathoniennes entre les représentants du ministre de la Santé, les représentants de la Commission nationale des internes, des résidents au Maroc et de la Coordination nationale des étudiants en médecine (CNEM) n’ont pas réussi à briser la glace.
Le ministre, qui avouait franchement ne pas comprendre les motivations des étudiants en médecine qui s’obstinaient, selon lui, à camper sur leurs positions par rapport au projet gouvernemental «le Service sanitaire national», sans suggérer une alternative à ce texte, a répété plusieurs fois, lors de son point de presse, qu’il restait ouvert au dialogue et que le projet ne passerait qu’une fois un consensus total dégagé.
Il ne s’agit pas là d’un projet de service médical obligatoire, fruit d’une prétendue initiative du ministère de la Santé. «J’ai soumis le texte au conseil de gouvernement, a dévoilé le ministre. Il s’agit donc d’une décision gouvernementale. Lorsque le Chef de gouvernement m’a dit ‘‘Vas-y !’’, je lui ai demandé une lettre écrite et signée par lui, dans laquelle il nous demande d’entamer le dialogue avec les centrales syndicales, le Secrétariat général du gouvernement et le Conseil national des médecins. Tout cela est consigné et existe».
Décortiquant les raisons qui, selon lui, ont justifié la mise en place du service sanitaire national, Lahoucine Louardi a évoqué en priorité le manque criant de ressources humaines sanitaires et a cité, pour apporter de l’eau à son moulin, le témoignage de l’Organisation mondiale de la santé qui classe le Maroc entre les 57 Etats qui souffrent d’un déficit aigu des professionnels de la santé, vu que leur densité ne dépasse pas 1,51 pour mille habitants, alors que le seuil minimum pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement est de 2,5 professionnels de la santé pour 1.000 habitants.
Le manque patent du Maroc en ressources humaines sanitaires est évalué à 16.000 médecins et infirmiers. Ajouté à cela les disproportions existantes, s’agissant de l’offre des soins entre le monde rural et celui urbain où se concentrent plus de 45% de l’ensemble des médecins dans les régions de Rabat et Casablanca, alors que les médecins qui travaillent dans le monde rural ne dépassent pas 24%.
Pour faire face à ce manque aigu de ressources humaines, le ministère de la Santé a articulé sa stratégie autour de trois priorités:
1- Rehausser le nombre des postes budgétaires du ministère de la Santé qui est de 3.000 postes annuels depuis 2013; un grand effort de la part du gouvernement même s’il reste insuffisant au vu du manque flagrant des ressources humaines dans ce secteur.
2- Améliorer les conditions de travail des hôpitaux publics situés dans les régions lointaines.
3- La répartition équitable des ressources humaines entre les différentes régions du Royaume, plus particulièrement dans le monde rural.
Chiffres à l’appui, le ministre de la santé a démontré l’impact du projet de Service sanitaire national que les étudiants en médecine continuent de bouder, entre autres, a-t-il précisé, conforter les ressources humaines de 8.400 professionnels de la santé, restreindre les disparités entre les régions et les provinces de 20%, acquérir l’expérience professionnelle sur le terrain et ouvrir tous les établissements sanitaires fermés dans les régions lointaines et le monde rural. Cerise sur le gâteau, les médecins spécialisés et les médecins généralistes, ainsi que les infirmiers percevront le même salaire que leurs homologues au ministère de la santé.
Pour les détracteurs de ce projet, qui disent n’avoir pas pris connaissance du contenu des réunions des représentants des étudiants en médecine au nombre de 22, Lahoucine Louardi a lu quelques paragraphes du PV de la réunion du 28 septembre 2015, flanqué de signatures des étudiants-médecins et de la Commission nationale des médecins internes et résidents. Il a avoué, tout en reconnaissant la légitimité de leurs revendications, ne rien comprendre: «Je ne comprends pas qu’ils se réunissent avec nous au siège du ministère de la Santé et qu’en quittant, ils disent autre chose». Et le ministre de souligner, visiblement contrarié: «En me réunissant avec eux, je leur ai dit: il faut se dire tout, les yeux dans les yeux». Le ministre n’a pas caché sa déception et son profond regret quant à l’éventualité d’une année blanche. «Une deuxième année blanche est possible aussi».
Quant aux salaires, le ministre s’en est lavé les mains. Il ne s’agissait pas d’une décision du ministre de la Santé, mais bien du gouvernement. Ne dit-on pas «Travail non fait, c’est salaire non perçu»?
Malgré tout, Louardi est resté confiant et a tendu la main: «J’espère, a-t-il dit, que les choses prendront une autre tournure. Nous respectons leurs points de vue et espérons une heureuse issue. La solution réside dans le dialogue et le consensus». Et de conclure sur un ton optimiste: «Après tout, ceux qui habitent dans des régions lointaines sont des Marocains qui ont besoin eux aussi d’être soignés».

Mohammed Nafaa
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Les bonnes nouvelles du ministre de la Santé


Le point de presse a été une occasion pour le ministre de la Santé de lancer les bonnes nouvelles qu’il avait promises. «Après la baisse du prix de nombre de médicaments, nous projetons de baisser aussi les prix de 1.000 équipements techniques, tels les valves pour le cœur, d’autres pour l’ophtalmologie et la traumatologie».
Une autre initiative qui ne manquera pas de réjouir les malades souffrant d’hépatite C (ils sont au nombre de 625.000): le médicament (laboratoire américain) coûte 1 million de dirhams.
Manufacturé au Maroc sous forme de médicament générique, il ne coûtera plus aux patients que 3.000 DH. «Nous avons pris toutes les dispositions et tout est en marche pour faire ainsi du Maroc un pays sans hépatite C», a lancé Louardi d’un air triomphateur».
Autre sujet évoqué par le ministre lors de ce point de presse, la maladie du charbon, détectée à Midelt. Elle n’existe pas uniquement au Maroc (20 cas par an), mais également aux USA, en France et en Australie. Celle-ci possède de vastes pâturages et un grand cheptel de vaches. Il s’agit, a expliqué le ministre-médecin, d’une bactérie qui vit dans les pâturages. Broutée par les ovins et les bovins, elle est transmise aux humains (mais jamais des humains aux humains). L’abattage clandestin est souvent une des causes premières de cette maladie.
Le traitement se fait par comprimés et vaccin aux patients et leurs familles. Les bêtes, elles, sont incinérées.
Le dossier «Bouya Omar» n’a pas échappé à l’examen. Le ministre de la Santé n’a pas caché son amertume. «Certes, a-t-il dit, nous reconnaissons certaines dysfonctions, mais les locataires de Bouya Omar sont des Marocains et il est inadmissible qu’ils vivent depuis des années enchaînés. Même les chiens et les chats ne sont pas enchaînés».

MN

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Un commentaire

  1. De quel salaire parle t’il moi je ne prend aucun salaire , ah il parle de l’indemnité de 3500dh ah oui c’est grave !!

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