vendredi 20 octobre 2017

Ramadan/Poisson : Panga vietnamien, crevette chinoise… Tromperies et révélations de professionnels

La période du Ramadan est aussi l’occasion d’écouler sur le marché des quantités de poisson de très mauvaise qualité. Dans les milieux professionnels, on évoque, cette semaine, des poissons asiatiques qui sont mis sur les étals et que les fraudeurs font passer pour des poissons marocains.

Les Casablancais sont-ils sûrs qu’ils achètent du poisson «non infecté»? Dans les milieux professionnels, on rapporte qu’un poisson «infecté», provenant de pays asiatiques, inonde depuis un certain temps le marché national. «De grandes quantités de ce poisson, appelé «panga», sont  stockées dans des unités clandestines à Casablanca», déclare une source à l’Association nationale des mareyeurs grossistes de poisson blanc. La Fédération marocaine des droits de consommateurs avait déjà prévenu, elle aussi, les autorités du danger de ce poisson, dont «la qualité est mauvaise». «Le consommateur marocain court un danger réel. Ce poisson vietnamien, se nourrit de déchets et de poissons morts. Il ne doit pas être importé par le Maroc», avertit un vétérinaire de la Fédération.

Il y a encore quelques années, le panga était inconnu des Marocains. Mais ce poisson, cultivé dans le Mékong, un des fleuves les plus pollués au monde, a envahi les étals des hypermarchés. Il est commercialisé sous forme de filets, à un prix très bon marché, soit deux fois moins cher que le cabillaud. Une chance pour les consommateurs non avertis!?

Le mois du Ramadan est souvent l’occasion pour certains fraudeurs de mettre sur les étals des poissons asiatiques qu’ils font passer pour des poissons marocains. Nos sources professionnelles évoquent aussi la petite crevette chinoise ou encore les crevettes provenant des EAU, dont regorgent nos marchés. Le consommateur ne peut pas faire la différence entre ces produits étrangers et ceux marocains. Selon nos sources, les grands importateurs de ce type de poisson existent à Agadir. Ce sont eux qui approvisionnent les unités de Casablanca. Certains quartiers de la capitale économique sont même devenus des endroits privilégiés de stockage clandestin de ces poissons importés, affirme un membre de l’Association nationale des mareyeurs grossistes de poisson blanc. «A Sidi Bernoussi, dans la zone d’Anoual ou encore à Bourgogne, de grandes quantités sont stockées dans des dépôts non agréés, par des unités ne respectant guère les normes d’hygiène», assure une source bien informée. Comment ne pas se faire arnaquer? «La première précaution, c’est de s’interroger dès lors que le prix proposé est très bas. Un poisson congelé ou un poisson asiatique se vend moins cher que le frais», expliquent les mêmes sources. Celles-ci vont encore plus loin en affirmant que les fraudeurs vont jusqu’à faire mariner dans l’eau le poisson congelé, dont notamment le panga qui reste le plus concerné par cette pratique. «Avant d’être exposé sur les étals des marchés ou dans les grandes surfaces, le poisson congelé marine pendant longtemps dans l’eau et ce, pour que son poids gonfle. Et ce n’est pas tout. Ce qui est encore grave, c’est que les fraudeurs utilisent des additifs chimiques pour favoriser la rétention d’eau», révèle un industriel non sans colère.

Côté prix, les intermédiaires à l’origine de la flambée

A moins de dix jours du Ramadan, les prix du poisson flambent déjà dans les marchés casablancais. Selon des sources professionnelles au port de pêche de Casablanca, les prix devraient encore connaître une hausse pendant le Ramadan, en raison de la forte demande en produits de mer durant cette période. «On ne devrait pas espérer une accalmie pendant le mois de Ramadan», prévoient des mareyeurs grossistes de poisson blanc. Ces derniers pointent du doigt les intermédiaires qui font un business juteux. «De la sortie de la halle au panier de la ménagère, les prix sont multipliés par deux, voire par trois pour certaines espèces. La cause en est les intermédiaires», précisent les mêmes sources. Chez les poissonniers, les crevettes, le merlan, le calamar et la sardine sont actuellement commercialisés respectivement à 80, 90, 110 et 15 DH le kilogramme. Les prix ont connu une hausse de 10%, selon des marchands de la place. Ainsi, la sardine valait, par exemple, 13 DH et la crevette 70 DH, il y a deux semaines. «Les prix ont connu une augmentation en raison du mauvais temps. L’activité a connu un ralentissement au niveau du port de Casablanca, à cause d’un vent très fort, constaté ces derniers jours au large», précise-t-on.

Naîma Cherii

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