lundi 23 avril 2018
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Maroc/Flexibilité du dirham : Petite ou grande dépréciation ?

Alors que JP Morgan s’attend à une dépréciation du dirham de l’ordre de 7%, Bank Al-Maghrib, le FMI, Moody’s et Fitch Ratings qualifient ce risque de modéré, le limitant au-dessous de la barre des 2%. Qu’en est-il?

Plus d’une semaine s’est écoulée depuis l’entrée en vigueur, lundi 15 janvier 2018, du régime de change flexible. Cette réforme, appliquée furtivement pour éviter le risque de pratiques spéculatives, élargissait la bande de fluctuation du dirham marocain de +/-0,3% à +/-2,5%, exposant davantage la monnaie nationale aux règles de l’offre et de la demande sur le marché international des devises. Un premier pas vers la libéralisation du dirham qui concentre à la fois enthousiasme et inquiétudes, notamment pour ce qui est de l’impact d’une telle mesure sur le pouvoir d’achat des Marocains. C’est, d’ailleurs, pour cette raison que Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib (BAM) et Mohamed Boussaïd, ministre de l’Economie et des Finances, ont tenu, jeudi 18 janvier (soit 4 jours à peine après l’enclenchement de ladite réforme), un point de presse au siège de la Banque centrale à Rabat pour, d’une part démystifier le concept de flexibilisation et, d’autre part, répondre aux inquiétudes formulées par l’opinion publique et présenter, chiffres à l’appui, le dispositif de prudence mis en place par l’autorité monétaire pour que l’éventuelle dépréciation du dirham soit limitée et ses effets maîtrisés et convertis en avantage compétitif pour l’économie du Royaume. Et c’était un Jouahri particulièrement entreprenant qui s’est livré à l’exercice des questions/réponses face à une salle comble, riche en interrogations. S’agissant de l’impact sur l’inflation, le gouverneur de BAM a assuré que le pire scénario de la configuration actuelle, en l’occurrence une dépréciation du dirham de l’ordre de 2,5%, aurait un impact minime sur l’inflation: +0,4%. Une augmentation qui n’en est pas une, selon lui, puisque le taux d’inflation total ne dépasserait pas les 2% (la loi de Finances 2018 prévoit un taux d’inflation de 1,5%). Par ailleurs, Jouahri a soutenu que «la flexibilité du dirham -et c’est une flexibilisation et non une libéralisation totale- aura un impact positif sur la croissance». C’est justement ce que JP Morgan avait confirmé, à l’occasion d’un rapport publié voilà près d’une semaine, dans lequel la holding financière a indiqué que cette réforme, si elle est conduite sous le regard attentif de BAM, donnerait un surcroît de compétitivité aux exportations marocaines, notant toutefois qu’il existe un risque de dépréciation de la monnaie nationale de 7% sur 12 mois. Une contre-performance qui desservirait les projections de la Banque centrale.

En effet, cette dernière estime le risque de dépréciation à 1,5% sur l’ensemble de l’année 2017, 1,2% en 2018 et 0,7% en 2019, tirant profit d’une inflation domestique faible. Abdellatif Jouahri, lors de son exercice de vulgarisation, s’est montré sceptique vis-à-vis des projections de JP Morgan et il n’était pas le seul: Moody’s, Fitch Ratings et le Fonds monétaire international (FMI) ont tous relevé un risque modéré sur l’inflation, avec un dirham solide dès les premiers jours de l’entrée en vigueur de la réforme et une variation normale de sa valeur, confinée aux limites de l’ancienne bande de fluctuation, avec des perspectives de croissance rassurantes et un potentiel de compétitivité à l’export inouï.

Mehdi Mouttalib

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