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Majorité Les tractations commencent…

Mezouar Benkirane

Le coup d’envoi des tractations politiques pour la composition d’une nouvelle coalition gouvernementale devait être donné après la visite au Maroc du Roi Juan Carlos. On y est…

Selon une source proche du chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane veut donner la priorité au Rassemblement National des Indépendants (RNI) pour remplacer les ministres istiqlaliens qui se sont retirés du gouvernement. Mais Benkirane ne souhaite plus faire cavalier seul pour sortir de la crise politique qui a résulté du retrait du Parti de l’Istiqlal du gouvernement. Et pour cause, la voie pour constituer une nouvelle majorité ne sera pas des plus aisées.

Ainsi, avant de commencer les consultations avec le RNI, le chef de gouvernement mobilise ses partenaires. Ce lundi 15 juillet à Rabat, PJD, PPS et MP se sont réunis en urgence pour débattre de l’avenir du gouvernement et se concerter pour convaincre le RNI de les rallier.
Même si le RNI se dit prêt à participer au gouvernement Benkirane II, le parti de la colombe ne veut pas être le bouc émissaire de la crise gouvernementale que traverse le pays en raison du retrait du PI du gouvernement. Selon une source proche du président du RNI, le parti de la colombe a formulé ses conditions pour prendre part à la nouvelle coalition gouvernementale. D’après cette même source, qui a assisté à la réunion du Bureau politique du RNI, le Rassemblement National des Indépendants a chargé Salaheddine Mezouar de mener les négociations politiques, ajoutant que personne n’a encore contacté – jusqu’à l’écriture de ces lignes- les dirigeants du parti. D’autres informations ont fait état de la tenue d’une rencontre entre un haut responsable du PJD et un dirigeant du RNI pour échanger leurs vues sur une éventuelle entrée du Rassemblement au gouvernement. Lors d’une réunion du Bureau exécutif tenue ce lundi à Casablanca, le président du RNI a souligné que «l’opinion publique nous demande de participer à la gestion de la chose publique», a-t-on indiqué. Toutefois, les RNIstes veulent une position au sein du gouvernement Benkirane II qui soit digne du poids de leur Parti. Salaheddine Mezouar aurait souligné que son parti négocierait avec le PJD sur la base des principes déclinés dans le mémorandum du Parti de l’Istiqlal, selon la même source. Mezouar, qui attend toujours l’offre de Benkirane, aurait demandé que ce mémorandum soit examiné de nouveau pour ne pas tomber dans les mêmes erreurs commises par les composantes du gouvernement Benkirane I.
De son côté, la majorité a chargé le chef de gouvernement de gérer le dossier des tractations politiques. Elle pose, elle aussi, ses conditions pour participer à la coalition gouvernementale actuelle en vue de poursuivre l’action du gouvernement Benkirane I, à savoir ne pas abandonner l’amendement du programme gouvernemental ou l’arrêt des réformes entamées par le gouvernement, a-t-on précisé. Le Parti de la Justice et du Développement (PJD) a appelé, samedi 13 juillet, son Secrétariat général à entamer des consultations dans les meilleurs délais pour former une nouvelle majorité gouvernementale. Cette décision a été prise lors d’une réunion de cette instance dirigeante, ce même samedi à Rabat, au cours de laquelle il était question de passer en revue les derniers développements politiques qui ont découlé de la présentation par des ministres istiqlaliens de leur démission du gouvernement. Lors de cette réunion, il a également été décidé de charger le secrétaire général du PJD de fixer une date pour la tenue d’une session du Conseil national du Parti en vue de statuer sur les options possibles.
Par ailleurs, des sources parlementaires indiquent que les PJDistes rassemblent les signatures pour amener Karim Ghellab, président de la Chambre des représentants, à présenter sa démission. La majorité cherche une voie juridique pour demander à l’Istiqlalien de présenter sa démission de la présidence de la Chambre des représentants, en ligne avec la position de son parti, d’après les mêmes sources. Mais une source istiqlalienne a fait savoir que Ghellab ne déposera pas sa démission, surtout que le gouvernement Benkirane est devenu minoritaire. Cependant, l’entrée en lice de Salaheddine Mezouar, président du RNI, rend très probable l’hypothèse de l’élection d’un nouveau président de la 1ère Chambre en cas de composition d’une nouvelle alliance gouvernementale.
De leur côté, les partis de l’Istiqlal et de l’USFP menacent le chef de gouvernement d’une «opposition acharnée» et d’une «rentrée sociale brûlante». Lors d’une réunion des deux partis, lundi 15 juillet à Rabat, les SG respectifs des deux organisations politiques ont décidé de faire endosser la responsabilité de la crise gouvernementale actuelle au parti de la lampe. Un communiqué conjoint, rendu public après la réunion des deux partis, souligne que le PI et l’USFP tenteront de mettre en application la nouvelle Constitution suivant une lecture démocratique et moderniste des principes qu’elle énonce. Dans ce même ordre d’idées, une source de l’UGTM a fait état de contacts établis entre l’UGTM, la FDT et la CDT pour former un «front syndical unifié» dans le but de faire face aux «graves» reculs du gouvernement de Benkirane sur le plan social.
Au cas où Abdelillah Benkirane ne réussit pas à gérer sa majorité gouvernementale, le Souverain pourrait charger le parti politique arrivé en deuxième position lors des législatives précédentes, à savoir l’Istiqlal, de former un nouveau gouvernement et de soumettre au parlement un projet de révision de certaines dispositions de la Constitution, conformément à l’article 174 de la loi fondamentale du pays, selon une source parlementaire. Mais, vu l’orientation que semblent prendre les premières tractations, ce scénario ne serait pas exécuté, selon des observateurs de la chose politique.

(Voir aussi les entretiens avec Mohamed El Yazghi, Abdellah Bouanou, Abdelahad Fassi Fihri, en cliquant sur les liens)

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