lundi 23 octobre 2017

Internet : les Marocains et les Buzz

Affaire du aiser condamne a Nador maroc

Fait nouveau au Maroc, d’importants événements drôles, insolites, ou même sérieux, créent le buzz sur les réseaux sociaux. Les internautes s’activent à réagir librement et à dire leurs points de vue dans un monde virtuel ou rien n’est contrôlé.

Le net permet à l’internaute de contribuer, d’échanger et de collaborer sous différentes formes. En conséquence, cet internaute devient une personne active sur la toile, créant le Web social. Facebook, Tweeter, Youtube… sont ainsi ces réseaux sociaux qui favorisent tout cela et surtout les interactions entre les groupes d’internautes concernant de nombreux sujets. Dans ces sites, l’information tombe en temps réel ou avec un très léger décalage temporel et suscite des réactions immédiates. En majorité, les informations véhiculées remontent de la source. Mais parfois, l’internaute se pose la question de savoir si elles sont réelles ou non, d’où la nécessite du recoupement des informations. Celles-ci suscitent et déclenchent des discussions où chacun avance son point de vue avec liberté. Mais dire son point de vue est un fait et proférer des insultes envers les autres en est un autre, ce qui représente une forme de dérive de ce système et cela, on le voit de temps en temps. Avec Facebook, par exemple, les amis peuvent lire le contenu des messages et les partager s’ils l’aiment. Rien n’est donc contrôlé, contrairement à d’autres systèmes mis en place par des groupes de discussions (forums). Cependant, ces réseaux sociaux restent un bon moyen pour cultiver la notion d’opinion publique quasi absente dans nos pays. Au Maroc, à l’instar des autres pays du monde, des événements de la société marocaine ne passent pas sans être commentés dans ces sites. De nombreux faits marquants ont suscité des tollés dans ce monde virtuel où les gens se sont constitués en force pour exprimer leur opposition et leurs points de vue.

Le baiser interdit

L’arrestation de trois adolescents, en novembre dernier, suite à une diffusion sur internet des photos d’un baiser entre une fille de 14 ans, Raja et un garçon de 15 ans, Mouhcine de Nador, ainsi que leur ami auteur des clichés, Oussama, a immédiatement enflammé les réseaux sociaux. Les «Facebookers» ont exprimé clairement leur opposition à l’arrestation de ces adolescents même s’ils avaient tort. De nombreux tweets de soutien ont été postés sous le «# free boussa» et d’autres personnes se sont même rassemblées devant le Parlement à Rabat pour s’embrasser publiquement en soutien aux adolescents de Nador, poursuivis pour avoir posté sur le net leurs photos en train de s’embrasser. Mais la manifestation n’a pas duré longtemps, des contre-manifestants l’ayant interrompue. «On est dans un pays islamique et s’embrasser en public est interdit. Ce sont des athées qui agissent contre l’islam», avait-on crié dans une vidéo qui a fait le tour des réseaux sociaux. A la fin du mois de novembre, les adolescents ont été libérés par les autorités judiciaires.

La Darija à la place de l’arabe classique?

ayouch

Un autre fait marquant a été la proposition de Noureddine Ayouch, président de la Fondation Zakoura, d’utiliser la Darija dans l’enseignement, notamment dans le primaire. Un fait qui a fait couler beaucoup d’encre. Il a fait réagir les internautes et les a partagés entre opposants et adhérents à cette proposition. Ces réactions multiples et vives ont suscité un débat dans notre pays au point que l’historien et intellectuel Abdellah Laroui est sorti de son silence et a pris part à un face-à-face sur 2M avec le publicitaire Noureddine Ayouche. Durant ce débat, Ayouch a essayé de défendre sa proposition et Laroui a donné une leçon magistrale à ceux qui voulaient faire de la Darija une langue d’enseignement. Selon l’historien, c’est une proposition superflue, puisque la Darija n’est pas une langue transcrite et la transcrire reviendrait à la figer et à ne plus suivre l’évolution d’une société. «Aujourd’hui, les Turcs sont dans l’incapacité de comprendre les discours de Mustapha Kemal», a-t-il fait savoir. Adopter donc ce dialecte est une erreur fatale qui aura des conséquences fâcheuses. Ce sera une perte de crédit et de temps, de moyens et d’efforts, surtout qu’il n’y a pas une seule Darija ou une seule langue maternelle, ce qui complique encore l’opération et favorise l’anarchie linguistique. Ce projet porte surtout atteinte à l’unité des Marocains, selon Abdellah Laroui.

La marche des ânes

La marche des anes

Au mois de septembre dernier, la participation de milliers de manifestants, essentiellement du Parti de l’Istiqlal, à une marche contre le gouvernement de Benkirane a versé dans la polémique et a été vivement critiquée par les internautes. Les manifestants de cette marche ont défilé avec des ânes menés par des jeunes du PI. Têtes baissées, ces baudets marchaient en portant des pancartes sur lesquelles étaient écrits des slogans anti-Benkirane. Certains ânes portaient des affiches ou encore l’écriteau de «Fahmtini walla la?» (tu as compris ou pas ?), expression que le chef de gouvernement ne cesse de répéter dans ses discours. Les photos de cette marche ont fait le tour des réseaux sociaux, surtout sur Facebook. Les internautes n’ont pas manqué cette occasion pour dire que Hamid Chabat était visiblement peu inspiré.

Michelle Obama jalouse

Obama a soweto 2013

Michelle obama change de place

Depuis la cérémonie d’hommage de Nelson Mandela, la «selfie» d’Obama en compagnie de David Cameron et de la Première ministre danoise Helle Thorning Schmidt fait parler du président US sur toute la toile. Nombreux sont les montages de photos qui montrent la première dame de la Maison Blanche, Michelle Obama, à gauche du président, avec un air contrarié et figé. Les photos montrent aussi que la First Lady, très jalouse, a changé de place pour s’intercaler entre son mari et la Première ministre danoise: raison de plus pour enflammer les réseaux sociaux.

La cérémonie d’ouverture de la Coupe du Monde des clubs

Ouverture du mondialito agadir maroc 2013

La cérémonie d’ouverture de la Coupe du Monde des Clubs, mercredi 11 décembre à Agadir, a été décevante en raison d’un spectacle indigne d’un pays qui rêve d’organiser la Coupe du Monde de football. Cette cérémonie était une occasion propice pour gagner des points et prouver que le Maroc est un sérieux prétendant à l’organisation de la Coupe du Monde 2026. Mais il est passé totalement à côté, suite à l’improvisation et à l’amateurisme des organisateurs. Heureusement que le Raja de Casablanca a réalisé une très belle performance, chose qui a sauvé la face.
Cette cérémonie a donc fait un buzz sur les réseaux sociaux. Les internautes marocains ont critiqué de façon acerbe le Comité organisateur et exprimé vivement leur déception, alors que cette cérémonie devait donner une belle image du Maroc. Pourtant, ce n’était pas la première fois que le Royaume organisait un événement d’envergure mondiale. En effet, Casablanca a abrité, du 8 au 17 septembre 1983, les Jeux méditerranéens et la cérémonie d’ouverture de ces jeux était à la hauteur de l’événement. Faire défiler des troupes folkloriques était une bonne chose, mais les présenter avec un tel amateurisme, c’était une réelle catastrophe, selon les internautes.

Le Code numérique

Moulay hafid alami ministre maroc 2013

L’avant-projet du Code numérique, que le département de Moulay Hafid El Alamy, ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie numérique avait présenté, a soulevé de vives réactions chez les utilisateurs d’internet. Sur les 114 articles de l’avant-projet, c’est le 73ème qui a fait couler beaucoup d’encre. Car cet article interdit la diffusion, qu’elle soit explicite ou implicite, par les images ou les propos, des scènes violentes ou contraires aux bonnes mœurs et à l’ordre public, des éléments pouvant encourager les abus, imprudences ou négligences ou pouvant porter atteinte à la religion musulmane, aux politiques du public ou à la vie privée des personnes. La formulation est vague et peut conduire la Justice ou les services de sécurité à l’appliquer ou l’interpréter de manière à bloquer dangereusement l’expression des opinions et des idées, politiques et intellectuelles contraires à la ligne officielle du pays. Ainsi, au moment même où le débat sur la suppression des peines privatives de liberté dans le Code de la presse s’amplifie, voilà que ce Code numérique en prévoit d’autres. Le gouvernement a par conséquent retiré son projet de Code numérique fort controversé, après une vigoureuse levée de boucliers sur les réseaux sociaux. Le ministre Hafid El Alamy a dit à ce sujet que le projet a été retiré pour révision et non du fait de cette opposition.

Badia Dref

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