lundi 1 mai 2017

Assassinat du député Merdas : La veuve «noire» et son complice

Il a fallu moins de vingt jours aux enquêteurs, après l’intervention du BCIJ, pour jeter toute la lumière sur l’assassinat du député de l’UC, Abdellatif Merdas. Voici ce qu’ils ont découvert.

Les enquêteurs sont parvenus à mettre la main sur les assassins du député de l’UC. Il s’agit, outre les deux tireurs dont l’un est toujours en cavale hors du territoire national, d’un élu local de l’arrondissement de Sbata et… De l’épouse de la victime ! Invraisemblable, mais vrai.

Une veuve aux attitudes bizarroïdes

Dès les premiers jours après l’assassinat de son mari, la veuve de Abdellatif Merdas multiplie les déclarations et les sorties médiatiques. Elle se fait passer pour une épouse affligée, anéantie et au bord de l’hystérie, à cause de la perte brusque et tragique de son époux qu’elle dit chérir plus que tout au monde. Pour calmer la veuve attristée, connaissances, amis et compagnons de la vie politique du défunt se ruent vers le domicile de Merdas. Ils expriment à la veuve leur sympathie et leur soutien en ces moments douloureux. Ce qu’ils ignorent, c’est qu’elle est mouillée jusqu’au cou dans l’assassinat de son mari et père de ses enfants.

Malheureusement pour elle, la pièce de théâtre qu’elle monte de toutes pièces avec ses complices ne dure que quelques jours. Dès le début, les enquêteurs soupçonnent la veuve de Abdellatif Merdas et de son principal complice, l’élu local de Sbata, Hicham Mouchtari, partant de leur attitude. Pour en avoir le cœur net, ils s’intéressent de très près aux deux présumés assassins, surtout lors de la cérémonie des obsèques de Merdas qui a duré 3 jours. L’emploi du temps ante et post assassinat du député de l’UC est passé au peigne fin. Ce que les éléments de l’enquête révèlent par la suite laisse tout le monde sous le choc. 

Le passé sombre de Mme Merdas

En remontant un peu dans le passé de la veuve Merdas, il s’est avéré que cette dernière entretenait des relations douteuses avec des individus issus du monde de la prostitution à Casablanca, plus précisément des entremetteuses. Et ce n’est pas tout. Les éléments de l’enquête ont permis d’établir un lien de cause à effet dans les relations entretenues par l’épouse du député assassiné avec le milieu du sexe et sa rencontre avec son amant, l’élu local de Sbata. Celui-ci n’est autre que le frère d’une ancienne voisine, reconvertie en voyante, de la veuve Merdas. Les éléments de l’enquête toujours en cours, ont permis de savoir que la voyante en question a conseillé à l’épouse du député assassiné d’annuler sa demande officielle de divorce avec son mari. Elle avait une autre solution plus radicale.

L’enquête menée conjointement par les services de la police judicaire et du BNPJ a permis de dévoiler un autre volet de cette affaire. Ainsi, il s’est avéré qu’un lien d’amitié existait entre la veuve de Merdas et la sœur de l’élu local de Sbata. Et c’est cette dernière qui a soufflé à l’oreille de son frère, qui en a parlé à sa maîtresse, le plan machiavélique suggérant la liquidation physique du député de l’UC.

Le jour du passage à l’acte

Vient alors le jour J. Le 7 mars 2017, tard dans la soirée, le député Abdellatif Merdas s’apprêtait à garer sa voiture en face de sa luxueuse demeure située au quartier Californie de Casablanca, quand il a été attaqué par des individus à bord d’une voiture de couleur noire. Les assaillants lui ont tiré plusieurs balles dans la tête, à l’aide d’un fusil de chasse, ce qui lui a été fatal. Le plan préparé soigneusement par le trio voyante-élu local de Sbata-épouse du député Merdas, a été conçu de sorte à leurrer les enquêteurs en faisant croire à un assassinat politique ou un règlement de compte lié à des mafias internationales. En effet, le défunt avait effectué plusieurs voyages en Espagne et c’est ce qui faisait croire aux assassins et à leurs complices qu’ils ne seraient jamais identifiés, à commencer par la veuve de Merdas qui, à un certain moment, avait cru qu’en se faisant passer pour une femme anéantie, suite à la perte tragique de son époux, allait la prémunir de tout soupçon. Mais elle avait tort, la vérité a vite éclaté.

L’enquête qui va tout dévoiler

L’enquête en cours dans cette affaire d’assassinat, première en son genre de par son modus operandi et la qualité de ses acteurs, a également permis de relever un détail des plus importants. Quelques jours avant son assassinat, le député de l’UC, Abdellatif Merdas, avait décidé d’annuler toutes les donations de biens qu’il avait effectuées dans le passé au profit de son épouse. Avait-il soupçonné qu’elle le trompait avec un autre et qu’elle complotait pour s’accaparer tous ses biens. C’est à ce moment précis que l’amant a décidé de passer à l’action, après en avoir informé sa maîtresse, l’épouse de Merdas. L’élu local de Sbata avait tout à gagner de la disparition de Merdas. Primo, il allait se débarrasser de son rival politique. Secundo, lui prendre son épouse avec tous les plaisirs qui allaient avec. Et tertio, renforcer son influence politique à l’aide de l’argent et des biens de Merdas. Le plan a donc été réfléchi de telle sorte que le meurtre ressemble à un règlement de compte politique ou à un crime mafieux. Ce scénario allait presque réussir, si ce n’était le flair des enquêteurs de la police judiciaire et du BCIJ. Mais aussi le résultat d’écoutes téléphoniques effectuées sur le téléphone de la veuve de Merdas. C’était le fil conducteur qui les a conduits directement vers les principaux suspects, à savoir la veule éplorée et son amant, l’élu local qui avait la  gâchette facile, ainsi que les autres.

A souligner que l’épouse de Merdas s’est crue maligne en utilisant, pour ses échanges téléphoniques, une puce de GSM appartenant à sa fille, impliquant cette dernière –qui n’était au courant de rien- dans les interrogatoires de police. Quel genre de mère était-ce !?   

Fin donc d’un parcours pour la veuve du député de l’UC et de ses complices. Ils auront largement le temps de se remémorer le film de l’événement qu’ils ont créé, en prison cette fois-ci où ils vont certainement passer le restant de leur vie.

Mohcine Lourhzal

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