jeudi 21 septembre 2017

Affaire Merdas : Un crime crapuleux !

C’est une affaire qui a défrayé la chronique et a intrigué les enquêteurs tout au long des trois dernières semaines. Il s’agit du meurtre du député de l’Union Constitutionnelle, Abdellatif Merdas.

Ce dernier étant un homme politique, les supputations se sont facilement orientées vers un assassinat politique… D’autant que l’effet pervers des déclarations de Chabat et de ses allusions à Oued Cherrat ne s’était pas encore estompé…

Ensuite, des informations ayant circulé sur les nombreux déplacements du défunt en Espagne –et sachant que personne au Maroc ne se sert d’armes à feu pour régler ses comptes- la piste mafieuse a été envisagée…

Or, ce que l’on découvre dépasse tout entendement !  

Retour sur cette tragédie.

7 mars 2017. Au moment où il s’apprêtait à garer sa voiture dans sa villa située au quartier Californie de Casablanca, le député Abdellatif Merdas a été victime d’une attaque à l’arme à feu, un fusil de chasse. Grièvement atteint au niveau du crâne, il n’a eu aucune chance de s’en sortir. Il a rendu l’âme quelques minutes après l’attaque. Aussitôt le crime commis et rapporté par les médias qui se sont rendus sur le lieu du drame, une enquête judiciaire a été ouverte pour définir les circonstances du crime.

L’enquête dans l’impasse

Au début, les soupçons se sont portés sur l’ancien ami et mentor du défunt à l’UC, Mohamed Khanjar. Les éléments recueillis au lendemain de l’assassinat du député ont laissé croire, dans un premier temps, à une implication du fils de Khanjar qui voulait venger sa sœur qui entretenait une liaison avec Merdas. Très vite, grâce aux interrogatoires approfondis menés par les éléments de la Brigade Nationale de la Police Judiciaire (BNPJ), les soupçons se sont éloignés de la famille Khanjar. Le principal présumé assassin avait en effet un alibi qui l’a mis hors de cause. Au moment du crime, il suivait avec un groupe d’amis un match de football à des kilomètres du quartier Californie.

En mettant hors de cause la famille Khanjar, les enquêteurs se sont trouvés face à un puzzle qu’il fallait rapidement recomposer, pour identifier le ou les assassins du député Merdas. Le temps pressait et les médias, comme les citoyens, se posaient bien de questions, entre autres: qui a tué Merdas et pourquoi?

L’intervention salutaire du BCIJ

Pour apporter des réponses à ces questions, il fallait déployer les grands moyens. Ainsi, les enquêteurs ont sollicité l’aide des hommes de Abdelhak Khiame, patron du Bureau Central des Investigations Judicaires (BCIJ) relevant de la Direction Générale de la Surveillance du Territoire (DGST). Créé pour faire face aux menaces terroristes qui planent sur le Royaume, le  BCIJ a pu élucider de nombreuses affaires, toutes aussi complexes les unes que les autres. Ainsi, quelques jours à peine après avoir pris en main le dossier de l’assassinat de Abdellatif Merdas, il a pu résoudre l’énigme et arrêter les meurtriers et leurs complices.

En effet, vendredi 24 mars 2017, soit 17 jours seulement après l’assassinat du député de l’UC, le BCIJ a annoncé l’arrestation des présumés impliqués dans cette affaire. «Les efforts des services de sécurité déployés ont permis l’identification et l’arrestation des présumés impliqués dans cet acte criminel, ainsi que la saisie de la voiture qui a servi lors de ce crime», a indiqué le BCIJ. La même source a précisé  que les perquisitions effectuées dans les domiciles des mis en cause ont permis la saisie d’un fusil de chasse et des cartouches similaires à celles utilisées pour commettre l’homicide. Elle a ajouté que ces objets ont été remis au laboratoire national de la police scientifique et technique pour les soumettre à une expertise balistique. «Les investigations menées dans le cadre de cette affaire ont abouti grâce à la collecte de données techniques et à leur analyse, outre la découverte de preuves matérielles irréfutables sur la base des indices prélevés sur la scène du crime», a encore indiqué le BCIJ en soulignant que les prévenus ont été placés en garde à vue et mis à la disposition de l’enquête, diligentée sous la supervision du parquet général compétent.

Mohcine Lourhzal

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