Pouvoir Lorsque l’amour est desservi…

savoir… Quitter la table… Lorsque l’amour est desservi… Sans s’accrocher l’air pitoyable… Mais partir sans faire de bruit…» ?

Voir quelqu’un s’accrocher à un amour perdu est toujours pathétique.

Tout autant que voir quelqu’un s’accrocher à un pouvoir perdu.

 

A la différence que, lorsqu’il s’agit de pouvoir qui échappe à celui qui l’avait et qui décide de s’y agripper de toutes ses forces (morales, physiques et… Militaires), le pathétique s’accompagne souvent de tragique. On n’en est plus à l’entêtement sentimental et à la larmichette, comme dans le cas de l’amoureux éconduit. Là, il s’agit du chef rejeté. On bascule donc dans la répression et la folie meurtrière qui se solde par des centaines, voire des milliers de vies sacrifiées sur l’autel de ses ambitions. On en a eu –et on en a, hélas, encore aujourd’hui- une large illustration, dans le cadre du «printemps arabe».

En Libye, en Egypte, au Yemen, en Syrie, l’amour perdu du peuple –et la perte de pouvoir qui en a résulté pour les chefs d’Etat de ces pays- n’ont pas été traités avec intelligence par les régimes en place.

Lorsqu’on voit le pouvoir vous filer entre les doigts, comme lorsqu’on voit l’amour vous tourner le dos, il n’y a que deux attitudes à avoir. Soit en prendre acte, se draper dans sa dignité et passer la main. Soit se jeter corps et âme dans une opération de reconquête. Mais une reconquête par la séduction, la persuasion et, ce qui est quasi-incontournable, des concessions !

La force, elle, ne donne aucun résultat… Si ce n’est celui d’aggraver le rejet.

Comment Mouammar Kadhafi, hier, pensait-il pouvoir garder le pouvoir en bombardant la population de Benghazi ?

Et comment Bachar Al Assad, aujourd’hui, pense-t-il le garder en bombardant celle de Homs ?

Comment, d’une façon générale, peut-on garder le pouvoir, contre le gré de ceux sur lesquels il s’exerce ?

Garder le pouvoir, coûte que coûte. Mettre son pays à feu et à sang. Vouloir rester à la tête de l’Etat, alors qu’on a fait tuer pour ça des milliers de ses concitoyens, à coup de tirs sur la foule et d’obus lâchés sur des villes entières…

Cette folie-là dépasse l’entendement !

La marche de solidarité avec le peuple syrien, organisée cette semaine au Maroc, ne pèse sans doute pas lourd face au soutien qu’apportent à Bachar Al Assad la Russie, la Chine et l’Iran. Comment une simple marche réussirait-elle, là où les initiatives de la communauté internationale, au plus haut niveau (ONU, Ligue arabe, UE…) restent sans effet ? Mais elle aura exprimé, à son humble niveau, l’horreur que ressent le monde à assister, impuissant, au massacre quotidien des Syriens.

Cela étant, tôt ou tard, le clan Al Assad paiera pour n’avoir eu que des balles et des bombes à opposer aux siens afin de s’imposer à eux… Alors qu’un effort de réponse à leurs revendications de démocratie l’aurait tout autant maintenu au pouvoir, mais en préservant leur vie.

Et d’ailleurs, pourquoi se maintenir au pouvoir, coûte que coûte ? Quand il s’agit de monarchies, on peut à la limite comprendre qu’aucun roi ne veuille endosser la responsabilité de mettre fin à la dynastie -souvent pluriséculaire- de ses aïeux. Encore que les rois d’aujourd’hui, compte tenu de l’évolution des choses, ont l’intelligence, pour préserver leur trône justement, de confier la gestion des affaires à ceux de leurs sujets que les urnes ont donnés vainqueurs, leur laissant par la même occasion le soin de rendre des comptes…

Mais quand il s’agit de républiques…? Le propre d’une république n’est-il pas d’être dirigée par ceux que le peuple a choisis ? Le fait est que les républiques ressemblent de plus en plus aux monarchies. Les dirigeants veulent y garder le pouvoir à vie et usent de tous les subterfuges pour légaliser cette option (amendement de la constitution, comme en Algérie… Jeux de chaises musicales, comme en Russie…). De plus, au moment de quitter le pouvoir, ils poussent leurs proches –fils ou frères- à prendre le relais (En Syrie, Bachar Al Assad a succédé à son père Hafed Al Assad. Tout comme le fils Bongo, au Gabon. En Libye, Kadhafi préparait son fils, Seif Al Islam. De même qu’en Egypte, Moubarak voulait passer le flambeau au sien. Pareil au Sénégal. En Algérie, le frère du Président Bouteflika était pressenti pour lui succéder, etc). Alors, quand le peuple se soulève pour contrer de tels projets, il ne reste en effet plus qu’à le mater. «Quitter la table, sans s’accrocher l’air pitoyable» n’est pas prévu.

Il est vrai que la chanson d’Aznavour se termine par: «mais moi je ne sais pas, mais moi je ne peux pas».

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