Moussaoui Ajlaoui, expert au Centre d’études pour l’Afrique et le Moyen-Orient

Moussaoui Ajlaoui, expert au Centre d’études pour l’Afrique et le Moyen-Orient

Moussaoui Ajlaoui, expert au Centre d’études pour l’Afrique et le Moyen-Orient, (AMES Center) est catégorique pour dire que c’est le pouvoir algérien qui a fomenté l’attaque dont ont été victimes les Marocains de France, lors de la manifestation du 28 novembre 2020, en plein cœur de la capitale française, en soutien à l’intervention des Forces Armées Royales (FAR) à Guergarat. Selon Ajlaoui, les services secrets algériens ont toujours offert un soutien logistique et financier aux séparatistes. Et Moussaoui Ajlaoui de lancer un appel aux Marocains de France de ne pas lâcher l’affaire, d’autant plus que des groupes de séparatistes du Polisario et de ressortissants algériens établis en France, ont brûlé et piétiné l’emblème national, ce qui constitue un crime impardonnable et puni par la loi.

«Les voyous qui ont agressé nos concitoyens marocains étaient encadrés par les services secrets algériens»

Des individus armés se sont infiltrés dans la manifestation organisée par un groupe de Marocains résidant en France, le 28 novembre 2020. Armés de battes et d’armes blanches, ils se sont violemment attaqués à des civils désarmés, dont des femmes.  Quelle lecture faites-vous de cet incident grave et inacceptable?

Les gesticulations du Polisario soutenu par le régime algérien doivent être analysées selon une approche approfondie. Il faut relier tous ces éléments dans le sens des relations entre l’Algérie et le Maroc, via le Polisario. On ne peut donc pas séparer ce qui s’est passé à Paris avec les développements à Guergarat et l’intervention réussie des Forces Armées Royales pour libérer ce point de passage des milices du Polisario. Aussi, faut-il faire le lien entre l’agression dont ont été victimes les Marocains de France, en plein centre de Paris, avec les échecs successifs des séparatistes que ce soit au niveau régional ou international.

Les photos et vidéos partagées sur les réseaux sociaux ont montré que parmi les assaillants, figuraient des ressortissants algériens. Dans quelle mesure le pouvoir algérien était-il impliqué dans cette affaire?

Lorsqu’on analyse de près les images et les vidéos de la manifestation du 28 novembre, on s’aperçoit vite que les voyous qui ont agressé nos concitoyens marocains étaient encadrés par les services secrets algériens. Rejeté par le peuple, et faisant face à une crise économique, politique et sociale sans précédent, le régime d’Algérie essaie par tous les moyens  de détourner les regards de la crise que connaît le pays et qui a poussé les Algériens à investir les rues pour régler leur comptes avec leurs dirigeants despotiques, corrompus et pourris jusqu’à la moelle.

Des baltajis pro-Polisario ont non seulement agressé des membres de la communauté marocaine établie en France, ils ont brûlé le drapeau marocain. Quelle est votre réaction?

En brûlant le drapeau marocain, le Polisario est l’Algérie veulent provoquer le Maroc pour qu’il réagisse de manière impulsive.  Il ne faut pas oublier que l’Afrique du Sud préside le Conseil de sécurité, depuis le 1er décembre 2020 pour une durée d’un mois. L’Algérie et le Polisario veulent en profiter pour remettre sur la table la question du Sahara et inscrire ce dossier à l’ordre du jour de l’organe exécutif de l’Organisation des Nations Unies (ONU).

Je rappelle que l’obstruction du passage de Guergarat fait partie d’un plan élaboré par un certain Chafik Mesbah que le président  algérien Abdelmajid Tebboune, a nommé en avril 2020, à la tête de l’Agence algérienne de coopération internationale, créée par décret présidentiel. Je rappelle que Mesbah était le bras droit du général Taoufik, ex-patron du Département du renseignement et de la sécurité (DRS). Cette Agence est directement liée à la Direction centrale de la sécurité de l’armée (DCSA) qui surveille les militaires algériens.

L’Union des associations des Marocains de l’Essonne compte porter plainte contre le Polisario pour coups et blessures. Une bonne décision?

Toutes les associations regroupant des Marocains établis en France doivent porter plainte avec constitution de partie civile contre les mercenaires du Polisario qui n’ont ni foi ni loi. Les Marocains résidant en France doivent multiplier les actions pour amener la justice française à intervenir pour stopper les provocations des séparatistes l’égard du Maroc, surtout lorsqu’elles sont commises sur le territoire français.

Il ne faut pas oublier que l’Algérie et le Polisario, ont toujours multiplié les tentatives pour polluer le partenariat stratégique entre les pays de l’Union européenne et le Royaume du Maroc. La dernière bataille qui avait clos ce chapitre fut l’adoption par le Parlement européen du nouvel accord de pêche Maroc- UE, dont la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a rejeté la demande introduite par le Polisario, chaperonné par les services algériens pour l’annuler, en vain.  A cette position claire, il faut rajouter une perception européenne du Polisario comme un élément chronique de déstabilisations dans une région sous la menace permanente de groupes terroristes armés.

La question se pose de savoir pourquoi la police n’est pas intervenue pour empêcher les polisariens  de commettre cette attaque contre des manifestants non-violents?

C’est une interrogation qui se pose et à laquelle il convient d’apporter une réponse. L’attitude que je qualifie de passive, de la part de la police parisienne est incompréhensible, sachant que leur rôle principal, en tant que gardiens de la paix, leur impose de veiller à la protection des personnes et des biens.  J’espère que les associations qui ont annoncé leur intention de trainer les assaillants devant la justice pour coups et blessures, iront jusqu’au bout de la procédure. On saura alors, qui étaient les vrais auteurs, instigateurs et complices de ces actes abominables.

Propos recueillis par Mohcine Lourhzal

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