L’opposition algérienne dénonce “une répression féroce” des droits de l’Homme dans le pays

L’opposition algérienne dénonce une répression féroce des droits de l’Homme dans le pays

Le Pacte pour l’Alternative Démocratique (PAD), un rassemblement de différents partis politiques, associations et membres de la société civile en Algérie, a dénoncé “une répression féroce” des droits de l’Homme.

Il s’agit d’”une répression féroce qui n’épargne désormais aucune catégorie de la société : avocats, journalistes, partis politiques, chômeurs et femmes”, ont déploré les participants à une journée de mobilisation organisée samedi par le PAD, un collectif, constitué dans la foulée du mouvement populaire et regroupant notamment le Parti du Travail (PT), le Parti socialiste des travailleurs (PST), le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), l’Union pour le Changement et le Progrès, le Mouvement Démocratique et Social et le Front des Forces Socialistes (FSS), ainsi que la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH).

Dans ce sens, le sociologue Nacer Djabi, a estimé que les mois derniers ont été surtout marqués par “une accentuation” de la répression et de la violence contre les activistes politiques, laissant entrevoir aussi “un durcissement” qui toucherait d’autres catégories d’activistes.

“Nous sommes devant un rétrécissement inédit ayant pour origine la crise politique du système, et dont la solution ne saurait être que politique”, a-t-il affirmé.

Pour sa part, l’avocat et militant des droits de l’Homme, Mustapha Bouchachi, s’est interrogé si la justice agit réellement dans le sens de la préservation des droits et des libertés fondamentales des citoyens ou comme un outil de répression.

“Lorsque des arrestations ont lieu dans tous les recoins du pays et que des citoyens sont interdits de rassemblements et de marches, et lorsque des partis sont interdits de tenir des activités internes, il est légitime de se demander si la justice et l’administration sont au service du citoyen et des libertés, ou alors au service du pouvoir”, a-t-il assené.

Il a fait remarquer que le pays a “atteint les lignes rouges”, regrettant une régression en matière de respect des droits et des libertés dans la mesure où “nous nous dirigeons vers la dislocation de ce qui reste des institutions de l’Etat”.

De son côté, le sociologue Nacer Djabi compare la situation de 2020 à celle vécue par les Algériens au lendemain de l’indépendance, notamment durant la période de 1962 et 1963.

Citant à titre d’exemple les restrictions sur la liberté de réunion, il a souligné que “le régime n’a jamais reconnu réellement les partis politiques, même s’il a accepté le multipartisme dans les textes”.

Selon lui, il y a un sérieux risque de “connaître, à l’avenir, un degré plus élevé de la répression”. Il a estimé que cette situation est engendrée “par la crise politique dans laquelle se débat le régime”.

“Plus grave encore, il n’y a même pas un centre de décision connu sur lequel on peut compter pour régler cette crise. Cette désorientation du système influe aussi sur la presse qui est complètement verrouillée”, a-t-il expliqué.

Il ne faut pas que les Algériens fassent les frais de la crise interne au système, a-t-il souligné.

Pour le syndicaliste Keddour Chouicha, “on ne peut parler de la liberté syndicale dans un régime qui ne respecte pas les droits de l’Homme”. Il a rappelé, dans ce sens, le nombre important de syndicats qui n’ont pas été agréés, dont la Confédération générale autonome des travailleurs algériens (CGATA).

“On n’attend rien de ce régime qui est dans l’alternance clanique. La normalisation est en marche depuis le mois de mars dernier. Seuls les partis dociles et les opposants organiques sont tolérés”, a lancé, de son côté, Ali Laskri, ancien coordinateur de l’instance présidentielle du FFS.

Pour Mohcine Belabbas, président du RCD, il est impossible d’exercer les libertés sous ce régime.

“Les espaces des libertés ne cessent de se rétrécir à une vitesse vertigineuse. Maintenant, on assiste même à l’interdiction de s’attabler dans un café ou de traîner son pas à la Grande-Poste”, a-t-il regretté.

Pour sa part, Fadhila Chitour Boumendjel, présidente du réseau Wassila, qui a décrit “un climat de répression et d’attaques systématiques contre les activistes des droits de l’Homme destinées à empêcher la mobilisation citoyenne”.

Elle a fait état, dans ce sens, d’”arrestations, d’atteintes au pluralisme et de violations des droits de l’Homme”, en rendant hommage à tous ceux qui bravent la répression.

La présidente du réseau Wassila a aussi estimé que “l’heure est aux propositions et à des actions concrètes”, exigeant la libération de tous les détenus politiques.

LR

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