samedi 22 février 2020

Abdelâdim El Guerrouj, ministre chargé de la Fonction publique et de la Modernisation de l’Administration

A El Guerrouj ministre de la Fonction publique Maroc

Pour une meilleure relation administration-citoyens, en Afrique

Réunis à Rabat pour débattre des conditions à même de mettre en place un gouvernement ouvert, les pays africains ont sur le tapis la problématique de l’accès à l’information pour laquelle le Maroc, pionnier dans ce domaine, a consacré un projet de loi.

Rabat abrite pendant trois jours le 9ème Forum panafricain sur la modernisation des services publics et des institutions de l’Etat. Quel est l’objectif de cette manifestation?

C’est une manifestation importante dans la mesure où elle regroupe la plupart des pays africains. Le CAFRAD (Centre Africain de Formation et de Recherches Administratives pour le Développement) a pour ambition d’être une plate-forme d’échanges et d’idées, un ciment qui lie les pays africains et un espace pour pouvoir réfléchir sur les questions qui nous préoccupent.

Est-ce que ces questions sont communes à tout le continent africain?

Elles le sont, effectivement, du fait que nous avons une histoire commune. Nous avons aussi plusieurs dimensions qui constituent notre identité.

Quels défis à relever entre Africains?

Il y a le défi du gouvernement ouvert.

Qu’entendez-vous par gouvernement ouvert?

Ce n’est en fait, d’une façon générale, que la traduction d’une meilleure relation entre le citoyen, l’administration et les institutions, surtout l’administration avec laquelle les citoyens ont une relation au quotidien.

Comment améliorer cette relation?

A travers une administration plus efficace, plus attentive et plus à l’écoute du citoyen et de ses attentes; une administration qui soit aussi plus ouverte et plus transparente. Ce n’est qu’ainsi que nous pouvons mettre le citoyen au cœur des préoccupations de politique publique de l’administration elle-même, pour le faire participer à tous les projets et services que produit l’administration.

Quel rôle alors pour le citoyen?

Il deviendra partenaire de cette administration et vice-versa et non pas une relation classique. C’est ce qui va nous permettre à l’avenir d’avoir une relation plus solide et plus confiante entre l’administration et le citoyen et de renforcer tout ce qui a été fait au Maroc à travers la démocratie participative.
Le rendez-vous de Rabat est aujourd’hui l’occasion idoine de partager tout ceci avec nos confrères et consœurs africains et discuter des moyens de pouvoir renforcer cet esprit.

Qu’est-ce qui a dicté cette volonté de mieux faire?

Le fait que nous soyons en ces temps en pleine mutation aux niveaux régional et africain. Nous sommes également dans une conjoncture économique et financière internationale qui n’est pas du tout facile.

Et comment réagir à cette conjoncture?

Face à cette situation, nous devons d’abord améliorer la relation entre administration et citoyens, mais aussi explorer tous les gisements d’optimisation pour permettre à nos économies d’être encore plus résistantes, productives et plus enclines à répartir cette production de la richesse entre tous les citoyens, toutes classes sociales confondues. C’est ce qui nous permet aujourd’hui de choisir cette thématique et de faire en sorte qu’elle devienne d’actualité.

Est-ce que l’Afrique est prête aujourd’hui à réaliser ce saut qualitatif?

L’Afrique a énormément d’acquis historiques, culturels, politiques et également une prédisposition, des ambitions et énormément de potentialités pour pouvoir avancer dans cette thématique. Je suis convaincu que chacun, en fonction de ses caractéristiques nationales et ses spécificités, fera tous les efforts nécessaires pour aller dans ce sens.

Le Forum a soulevé une thématique importante, «oui à l’accès à l’information», tout en faisant en sorte de préserver les secrets d’Etat. Qu’en pensez-vous personnellement?

C’est une thématique d’actualité pour nous. Elle fait l’objet d’un colloque national à Rabat (jeudi 13 juin 2013) et le Maroc se montre très ouvert à travers le projet de loi sur l’accès à l’information.

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