vendredi 20 octobre 2017

Entretien avec Yasmina Baddou, membre du CE du parti de l’Istiqlal

Quelle appréciation faites-vous de cette étape d’élection du Secrétaire général du Parti de l’Istiqlal?

Pour le moment (il était 12H00, samedi 7 octobre), tout se passe dans de bonnes conditions. On a commencé à voter.

Vous dites que ça se passe bien…

Oui, bien entendu, il y a une partie qui, comme à son habitude, essaie de semer le trouble. Mais, heureusement, les militants veulent en découdre avec ces pratiques.

Restez-vous optimiste quant à l’issue de cette élection?

Oui, nous restons très confiants quant au déroulement et au résultat de cette élection.

Le candidat Hamid Chabat l’est aussi ou, du moins, c’est ce qu’il avance.

Vous savez, s’il était sûr de remporter cette élection, comme il le dit, il aurait laissé les congressistes aller voter tranquillement et le plus normalement possible.

Est-ce que ce sera un vote en sa faveur, à votre avis?

Pas du tout, parce que les militants n’en peuvent plus.

Pourquoi?

Nous avons trop souffert.

Quel genre de souffrance?

Quand je parle de souffrance, c’est une véritable souffrance dans toute l’acception du terme.

Comment évaluez-vous les discours respectifs des deux candidats, Nizar Baraka et Hamid Chabat?

Diamétralement opposés. On a vu la différence entre les deux discours. Nizar Baraka vient dans une vidéo parler de valeurs, de réconciliation, de dignité des Marocains et des Istiqlaliens… Chabat, lui, ne tape que sur Nizar qui a été «amené», selon lui. Et moi, je dis qu’il n’a besoin d’être amené par personne. D’ailleurs, le petit-fils du Zaïm Allal El Fassi ne peut qu’être empreint des valeurs de l’Istiqlal, des valeurs patriotiques nationalistes et de l’intérêt général.

Certains avancent que si Nizar Baraka est réélu, ce sera la fin du Parti de l’Istiqlal…

Au contraire, la fin du Parti de l’Istiqlal, nous l’avons vécue avec Hamid Chabat. Nous avons vu et vécu les résultats. Il dit avoir réalisé 80% de son programme et qu’il n’en reste que 20. C’est peut-être ces derniers sièges (au parlement) qu’il nous a fait perdre. Peut-être que c’est de cela qu’il parle. Le parti est mort avec Hamid Chabat et nous allons, inch Allah, avec l’élection de Nizar Baraka, le ressusciter avec du renouveau!

Vous semblez confiante dans les résultats de ce vote…

Nous sommes très confiants et très motivés pour reprendre notre travail.

Il faudra peut-être aussi travailler, concernant le volet communication du parti avec les médias.

Nous avons eu peur que Chabat ne draine des journalistes qui ne le sont pas réellement, vu que nombre de cartes de presse circulent ici et là, en toute liberté. C’est donc uniquement pour des raisons sécuritaires que les organisateurs ont agi. Il faut le comprendre et «âadrouna». Je m’excuse auprès du corps de la presse, si vous avez été vexés.

Deux candidats seulement à l’élection du secrétaire général?

Vous savez, on ne peut pas obliger les gens à se présenter et puis, est-ce que c’est seulement pour un semblant de démocratie? Nous avons toujours eu au parti un Zaïm que nous portions triomphalement sur nos épaules.

Les Zaïms, vous y croyez toujours ? En existe-il encore?

Il est clair que nous ne pouvons parler aujourd’hui de Zaïm. Nous pouvons par contre parler de leader et de leadership.

Interview réalisée par Mohammed Nafaa

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