jeudi 21 novembre 2019

Abdelwahab Rafiki (Abou Hafs), ancien détenu salafiste : «Restaurer l’autorité de l’Etat»

Abdelwahab Rafiki (Abou Hafs), ancien détenu salafiste : «Restaurer l’autorité de l’Etat»

Pour l’ancien détenu salafiste, aujourd’hui plus modéré dans le propos, Abdelwahab Rafiki, l’Etat doit frapper avec sévérité, pour faire face aux individus qui se prennent pour des gardiens de la morale. Rafiki rappelle que les dernières affaires d’agressions dont ont été victimes des citoyens, dans plusieurs villes marocaines, à cause de leur différence, doivent  interpeller aussi bien les autorités que la société civile, appelés à faire bloc contre ce phénomène étranger à la société marocaine.  

Comment voyez-vous les agressions en série commises contre des citoyens, à cause de leur différence?

Le Maroc fait face, depuis quelques années, à la multiplication d’actes de violence commis par des individus qui prétendent être investis d’une mission divine, celle de remettre les êtres humains sur le droit chemin. Ce phénomène étranger à la société marocaine, laquelle est connue pour son ouverture et sa tolérance, donne une très mauvaise image du Maroc à l’étranger et constitue une menace sur les libertés individuelles.

Face à ce danger, comment doivent se comporter les autorités, selon vous?  

C’est un phénomène qu’il faut traiter avec la fermeté et l’intransigeance requises. L’Etat doit barrer la route à ceux qui veulent dominer la société marocaine et imposer au pays leurs propres lois archaïques. Le Maroc est un Etat de droit et d’institutions. L’Etat doit mettre les bouchées doubles pour restaurer son autorité face à tous ceux qui véhiculent l’illusion et veulent abrutir les citoyens.

L’école a-t-elle un quelconque rôle à jouer dans ce combat?

La lutte contre cette culture de faire soi-même justice passe aussi par un travail de sensibilisation à mener au plus vite et par différents moyens. Aujourd’hui, la jeunesse marocaine est en perte de repères et ne croit plus en l’avenir. Tâchons de changer cette perception chez les hommes et les femmes de demain. Aussi, l’école et les médias ont-il un rôle important et décisif à jouer dans ce domaine. N’oublions pas la réforme du champ religieux menée par le Maroc, sous la conduite de SM le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine. Le Souverain, en sa qualité de garant de l’unité religieuse, multiplie les initiatives en faveur du renforcement et de la mise en valeur du modèle religieux marocain basé sur la tolérance et la lutte contre toutes les formes d’extrémisme religieux.

Propos recueillis par Mohcine Lourhzal

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