jeudi 12 décembre 2019

Rapports amoureux : Cette hypocrisie des Islamistes…

Bien sûr, nul n’est censé ignorer la loi. Et la loi au Maroc est claire: aucun rapport amoureux entre l’homme et la femme n’est permis, hors mariage. Sinon, le délit relève du pénal, avec amende et peine de prison assurées.

Mais les jeunes, souvent, ne tiennent pas compte de cette loi.

La jeunesse !

Quand on est étudiant et qu’on a un «petit faible» pour sa/ou son/ camarade, on ne pense pas forcément à la loi.

On noue une relation amoureuse, spontanément. On sort ensemble. On va là où vont les jeunes, prendre un sandwich, ensemble. On se promène au bord de la mer et on essaie de s’éloigner de la foule…

Cela, nous le voyons tous les jours.

Pourtant, un après midi, on ne sait pas pourquoi, la fourgonnette de police s’arrête à la hauteur de jeunes tourtereaux. Leur carte d’identité leur est demandée, en même temps que des explications sur leur présence ensemble. Terrorisés, ils n’ont pas de réponse. Ils sont amis. Ils sont là, ensemble… C’est tout ! Non, ce n’est pas tout. Il leur est demandé de justifier de liens légaux leur permettant d’être là, ensemble. Et comme ils n’en ont pas, ils sont embarqués. Et commence la galère…

Les jeunes ne se marient plus très jeunes. Selon des enquêtes officielles, la décision de «convoler en justes noces» n’est prise qu’autour de la trentaine. Un peu moins pour la femme (29 ans), un peu plus pour l’homme (32 ans).

Alors, en attendant le mariage… Ils font quoi, s’ils s’aiment et qu’ils ne sont pas assez sûrs pour se passer la corde au cou ? Ils se regardent de loin ? Ça, c’était valable jusqu’au 19ème siècle.

Aujourd’hui, allez dire à des jeunes de se contenter de se regarder dans le blanc des yeux…

Allez dire à des moins jeunes –des «quadras» ou « quinquas», hommes ou femmes, veufs ou divorcés- de se comporter comme des mineurs, dans leurs relations amoureuses…

Il faut donc une sacrée dose d’hypocrisie pour continuer de croire que la loi est respectée partout et tout le temps !

Mais l’hypocrisie la plus révoltante, c’est celle des Islamistes et prétendus religieux qui interdisent que le code pénal évolue vers une dépénalisation des relations hors mariage, poussant des cris d’Orfraie chaque fois que des acteurs de la société civile le réclament, mais usent et abusent de la parade qu’ils ont trouvée.

Ces gardiens du dogme, qui instrumentalisent la religion à des fins multiples, s’offrent autant de relations sexuelles hors mariage qu’ils le souhaitent, en invoquant juste «la Fatiha» et le mariage orfi ou moutâa ! Un mariage sans acte, qui est conclu en récitant «la Fatiha» et peut être dissous de la même manière.

Eux, pour que leur acte sexuel hors mariage devienne «halal», il leur suffit d’invoquer un verset du Coran. Le reste de la population, pour le même acte, est accusé de péché, en plus d’aller en prison !

L’hypocrisie est poussée jusqu’à son extrême quand, alors même que le mariage orfi a été interdit –et que, donc, il n’est plus valable aux yeux de la loi- ils continuent de l’invoquer, au nom de la religion !!!

Trop, c’est trop ! De deux choses l’une. Ou la loi interdit les relations sexuelles hors mariage à tous. Ou la religion les autorise à tous, puisque réciter le verset coranique avant le libertinage absout de tout péché !

Et le plus drôle, c’est que c’est l’affaire d’une Islamiste –Hajar Raïssouni, pour ne pas la nommer- qui remet ce débat sur la table.

Elle est journaliste, fille de grande famille d’islamistes, d’où la médiatisation de son cas… Elle a été arrêtée pour avortement et relations sexuelles hors mariage. Concernant l’avortement, il ne s’agit pas d’une interruption volontaire de grossesse, mais d’un avortement spontané (un accident naturel), selon le Professeur Chraïbi, grand militant de la légalisation de l’avortement. Et concernant les relations hors mariage avec son compagnon soudanais, ils évoquent un mariage orfi…

La question est: si n’importe quelle autre Marocaine s’était retrouvée dans le même cas, qu’en auraient dit les Islamistes, les religieux et tous les gardiens du dogme auto-proclamés que compte la société ?

Bahia Amrani

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