lundi 23 septembre 2019

Perception de l’enseignement par les parents d’élèves : Une question de moyens, d’abord !

L’enseignement est au cœur des préoccupations au niveau national. Notamment pour ses travers qui semblent insurmontables. Vu son importance pour le présent et l’avenir du pays, ce secteur ne peut être qu’érigé en priorité nationale, mais…

Dans le cadre de la Vision stratégique 2015-2030 pour la réforme de l’école marocaine, le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) a réalisé une étude auprès de 3.000 ménages marocains répartis dans toutes les régions du Maroc, sur leur perception du système éducatif, dont les conclusions ont été présentées mercredi 12 juin 2019, à Rabat. Elles sont édifiantes !

La gratuité de l’école, un droit irrévocable

L’une des principales conclusions de l’étude sur la perception de l’école au Maroc est liée à la question de gratuité de l’enseignement dans le Royaume. Dans ce sens, plus de 64,9% des ménages interrogés se sont prononcés pour le maintien de la gratuité de l’école publique, alors que 31,3% ont souligné le manque de moyens financier nécessaires qui constitue un obstacle devant l’inscription de leurs enfants dans une école privée. Pour cette catégorie de répondants, le recours au crédit bancaire demeure le seul moyen à leur disposition pour dépasser cet obstacle. 

L’étude du CSEFRS a en outre souligné, chiffres à l’appui, que le coût de scolarisation des enfants issus de ménages aisés est 13 fois plus élevé que celui subi par les familles modestes.

Ce n’est pas la première fois que les Marocains se disent attachés à la gratuité de l’école publique. En 2017, le Haut-commissariat au Plan (HCP) a relevé, dans l’un de ses rapports, que les ménages marocains manquent de ressources financières à même de leur permettre d’inscrire leurs enfants dans des établissements scolaires privés. Dans ce sens, le HCP a expliqué que la part de l’enseignement dans les dépenses de consommation des ménages marocains a connu une forte hausse au cours des vingt dernières années, passant de 1,6% en 2001 à 3,7% en 2014. Cette hausse s’explique essentiellement, selon le Haut-commissariat au Plan, par le recours accru des ménages marocains à l’enseignement privé, face à la baisse de niveau que connaît l’enseignement public.

Pour les spécialistes des questions de l’éducation et de la formation, le recours par les familles marocaines à l’enseignement privé pose une autre problématique liée à la fixation des frais de scolarités que déboursent les parents d’élèves, concernant l’école privée. Effectivement, les tarifs appliqués par les établissements scolaires privés échappent au contrôle du ministère de l’Education nationale. Cela fait que le département de tutelle n’intervient pas dans la tarification appliquée par les écoles privées. Cette absence de contrôle de la part de l’Etat permet souvent des dépassements par des établissements, lesquels imposent leurs propres tarifs aux parents d’élèves, sans consulter personne. Bien que les frais soient très chers, quand ils ne sont pas hors de portée, la majorité des familles mettent la main à la poche pour offrir le meilleur à leurs enfants.

Aujourd’hui, en l’absence d’un enseignement public de qualité, les écarts entre les classes sociales au Maroc se répercutent directement sur la qualité de la scolarisation. En somme, l’enquête du CSEFRS démontre que les facteurs socio-économiques impactent négativement le principe d’égalité des chances en matière d’éducation au Maroc.

Mohcine Lourhzal

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