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BAD Les leçons des 48èmes assemblées annuelles

Les travaux des 48èmes Assemblées annuelles de la Banque Africaine de développement (BAD) qui se sont achevés à Marrakech ont été instructifs à plus d’un titre. Bénéfiques, tant pour le Maroc que pour tous les autres pays africains qui y ont pris part, ces travaux ont permis de tirer des leçons sur la transformation structurelle en Afrique, le partenariat, l’intégration et bien d’autres thèmes.

La BAD 48mes assembles Marrakech mai 2013

 

S’il est un premier point fort à souligner, c’est bien ce message que Sa Majesté le Roi Mohammed VI a adressé aux participants. Message dans lequel le Souverain a précisé que l’Afrique se présente comme une alternative plus qu’attrayante en termes de partenariat et de croissance économique. Sa Majesté a aussi indiqué que les Assemblées de la BAD constituent la plateforme idoine pour échanger et élaborer une vision panafricaine pour un essor durable, formulant l’espoir que les recommandations qui sanctionneront ces assises aboutiront à la concrétisation d’une vision d’avenir économique et sociale propre, qui permette de renforcer la position des pays africains face à leurs partenaires, et engendre un développement au bénéfice de leurs citoyens.

Renforcer la coopération dans la confiance

SM le Roi a également salué «la continuité remarquable de la coopération» entre le Maroc et la BAD, signe de «la confiance absolue» entre les deux parties soulignant que «les interventions de la Banque au Maroc sont tout à fait conformes aux priorités de la politique de développement du pays».
SM le Roi a par ailleurs évoqué la visite royale effectuée, en mars dernier, dans trois pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, une visite qui «traduit l’intérêt particulier» que le Souverain accorde «au renforcement des relations de coopération et de partenariats public-privé avec les pays africains frères», ainsi que sa ferme détermination «à parvenir à une intégration régionale plus poussée, à même de garantir la prospérité et le rayonnement de l’Afrique.
Dans ce sens, Sa Majesté a insisté sur le modèle que constitue «l’internationalisation du secteur bancaire marocain en Afrique», une internationalisation appelée à s’intensifier, au travers du développement de Casablanca Finance City, et qui devra permettre d’élargir la coopération existante du Maroc avec les pays frères dans des domaines aussi variés que les télécommunications, les infrastructures, le logement, les mines ou la formation.
Ainsi, au bout de cinq jours d’intenses débats, les participants se sont mis d’accord sur des engagements forts. Entre autres, la création d’un fonds africain de développement, l’élection des nouveaux membres du bureau du conseil des gouverneurs, l’adoption d’une feuille de route statuant définitivement sur le retour de la Banque en Côte d’Ivoire. Le nouveau président du conseil des gouverneurs est, désormais, Claver Gatete du Rwanda qui remplace à ce poste Mohammed Mahroug. Par cette nomination, les assemblées annuelles de 2014 se tiendront à Kigali au Rwanda du 19 mai au 23 mai. L’assemblée a aussi décidé que les assemblées annuelles 2015 et 2016 se dérouleront respectivement à Abidjan en côte d’ivoire du 25 mai au 29 mai 2015 et à Lusaka en Zambie du 23 mai au 27 mai 2016.

Retour au bercail

Dans le communiqué final, il a été souligné que la banque doit impérativement regagner son siège à Abidjan, en Côte d’Ivoire, conformément aux conditions et modalités contenues dans le document relatif à la feuille de route. Toutefois, ce retour doit se faire en collaboration avec le conseil d’administration et en consultation avec les autorités ivoiriennes. Ce retour doit aussi se matérialiser de façon ordonnée, graduelle, en tenant compte de la stabilité de l’institution et du bien-être des membres du personnel, ainsi que des implications financières du retour et des risques et mesures d’atténuation de ces risques. Cette décision est sortie dans la série de résolutions adoptées par le conseil de gouverneurs.

Faire face aux défis ensemble

Les grands défis auxquels l’Afrique fait face, tant pour les atouts du continent (que confirme une croissance de 6,6), que pour l’intérêt croissant des investisseurs pour son immense potentiel en ressources naturelles, ont fait l’objet de grands débats dont l’une des conclusions paraît clairement dans le communiqué final, où le conseil d’administration de la BAD exprime «la nécessité et l’urgence de mener à bien la transformation structurelle de l’Afrique», thème de la rencontre. Il y a donc lieu d’encourager les Etats africains à s’engager, sur le long terme, dans cette optique. Le Conseil a salué la Stratégie décennale de la Banque qui se concentre sur le développement d’une croissance inclusive et verte pour le continent autour de plusieurs priorités: les infrastructures, l’intégration économique régionale, le développement du secteur privé, la bonne gouvernance et la transparence, le développement de l’éducation et des technologies.

Une stratégie pour tout le continent

La BAD n’oublie pas non plus de se consacrer au règlement de questions encore problématiques comme les Etats fragiles, les questions de genre, l’agriculture et la sécurité alimentaire… «Nous appelons la Banque à mettre en œuvre cette stratégie sur tout le continent, grâce à des opérations régionales et sectorielles, en budgétant et en programmant», ajoute encore le communiqué. Les délibérations des gouverneurs et des participants se sont concentrées sur cinq enjeux majeurs: la mise en œuvre de la nouvelle stratégie décennale, les voies et moyens de poursuivre et augmenter les gains, les progrès enregistrés par les pays africains ces dernières années, le financement des infrastructures, le 13ème réapprovisionnement du Fonds Africain de Développement (FAD). «Nous appelons tous les donateurs à augmenter leur soutien au Fonds», indique le communiqué encourageant aussi les Etats africains à y participer également.

Et le «Fonds 50 Afrique»

En revanche, le conseil d’administration a souhaité que le projet «Fonds 50 Afrique» soit approfondi, notamment dans son mécanisme de financement, avant de le valider. En effet, les assises 2013 du groupe de la BAD ont décidé de lancer un «Fonds50 Afrique», qui doit constituer une capacité spécifique complémentaire de la banque visant à attirer de nouveaux capitaux et permettre la mise en place de capacités de structuration des projets de développement des infrastructures, pour qu’ils puissent bénéficier notamment des nouveaux fonds souverains et fonds internationaux.
La proposition de la mise en place du «Fonds 50 Afrique» pour réduire le déficit infrastructurel sur le continent a été accueillie avec satisfaction par l’ensemble des participants aux 48èmes Assemblées annuelles du groupe de la BAD.
La création du Fonds 50 Afrique a été l’une des solutions financières novatrices proposées pour réduire le déficit d’infrastructures en Afrique. Le «Fonds 50 Afrique» est «une idée importante» qu’il faut concrétiser dans l’immédiat, souligne le communiqué final.
Dans ce sens, Donald Kaberuka, président du groupe de la BAD, a estimé qu’il est grand temps pour l’Afrique de «mobiliser des ressources financières internes pour enrayer ce goulot d’étranglement que constitue le manque d’infrastructures». Ainsi, la mise en place de ce Fonds «pourrait transformer le paysage de financement de l’infrastructure» et remédier aux faiblesses qui empêchent le continent d’attirer les capitaux privés dans des projets liés aux infrastructures. Le déficit infrastructurel du continent constitue un grand obstacle à la consolidation de la croissance économique enregistrée ces dernières années en Afrique, a-t-il dit.
D’autre part, le bilan annuel du Groupe de la Banque pour l’année 2012 a été adopté, de même que l’audit des comptes et les programmes d’opérations, par les Gouverneurs de la BAD, en général des ministres des Finances ou des gouverneurs de Banque Centrale représentant 77 pays membres qui ont aussi adopté un certain nombre de résolutions. Les membres du conseil d’administration ont enfin exprimé leur satisfaction quant aux performances financières et opérationnelles de la Banque et salué son travail dans les Etats membres, notamment dans les Etats fragiles ou en proie aux conflits, comme le Mali et la Somalie.

Une nouvelle stratégie décennale

Le communiqué final relève, d’autre part, que la transformation structurelle de l’Afrique est devenue une impérieuse nécessité et requiert un engagement à long terme en vue de développer des solutions urgentes s’agissant notamment de la création d’emplois et de la répartition équitable des bénéfices de croissance et des ressources naturelles. Les participants se sont prononcés, dans ce contexte, pour l’instauration de la bonne gouvernance et d’une gestion saine des ressources naturelles, clés de voûte de la transformation structurelle, et ont souligné la nécessité d’adopter des politiques et des initiatives concertées permettant une gestion rationnelle des ressources naturelles pour que les populations puissent en bénéficier. L’accent a également été mis sur l’importance à accorder aux secteurs jugés stratégiques pour le décollage des économies en Afrique à travers la mise en œuvre de stratégies novatrices allant dans le sens de la valorisation du capital humain, le renforcement des infrastructures, l’appui aux PME et la création d’emplois pour les jeunes.
Après avoir mis en valeur la nouvelle stratégie décennale de la BAD (2013-2022) qui accorde une place de choix au développement inclusif et à l’accélération de la transition vers un développement durable, les congressistes ont exhorté la Banque à mettre en œuvre ladite stratégie dans toutes les opérations, tant au niveau régional que sectoriel, ainsi que dans l’élaboration des budgets et des programmes.

Favoriser la mobilisation des ressources financières

Lors de la séance de clôture, Nizar Baraka, ministre marocain de l’Économie et des finances, a fait remarquer que ces travaux ont été l’occasion de mettre l’accent sur la démarche la plus idoine pour la concrétisation de mécanismes à même de favoriser la mobilisation des ressources financières destinées à la réalisation de la transformation structurelle et au développement des économies en Afrique. Il a ainsi été donné, aux participants, une réelle occasion pour examiner nombre de questions jugées pertinentes pour le continent.

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