Transport international : Voyageurs du Maroc, MRE et Tanger MED bloqués ?

Le secteur du transport international routier de voyageurs au Maroc risque d’être complètement paralysé. Plusieurs mouvements de protestation sont envisagés, pour déplorer les dernières mesures de contrôle instaurées, récemment, par les autorités portuaires d’Algésiras. Les Détails.

La grève des transporteurs internationaux, entamée samedi 18 mai, contre les nouvelles mesures de contrôle imposées le 8 mai 2019 par les autorités portuaires d’Algésiras, particulièrement aux autocars assurant le déplacement des MRE entre les deux rives de la Méditerranée, va-t-elle prendre fin? Pas sûr. A la Fédération nationale du transport international routier de voyageurs -principale organisatrice de la grève- on assure, en tout cas, que la grève reste maintenue.

Par ailleurs, des sources bien informées nous affirmaient, ce lundi 20 mai, qu’une délégation, constituée du département de l’Intérieur et de celui du transport, allait se déplacer, mardi 21 mai, à Madrid, avec pour objectif d’engager, avec les autorités espagnoles, les discussions habituelles que les deux parties –marocaine et espagnole- ont chaque année, à la veille de l’opération Marhaba. Les dernières mesures de contrôle imposées récemment par les autorités portuaires d’Algésiras figuraient également à l’ordre du jour de la réunion de la Commission mixte maroco-espagnole chargée du déroulement de cette opération.

«Ce sujet nous préoccupe. Car il s’agit d’une mesure qui est en effet contraignante pour les voyageurs et aussi pour les opérateurs marocains. La réunion de la Commission a été l’occasion pour exposer la problématique», souligne une source proche du dossier, laquelle affirme que le sujet est actuellement en examen par les autorités espagnoles.

A noter que les opérateurs du secteur du transport international routier de voyageurs ont interpellé, il y a quelques jours, les ministères des MRE et des Affaires étrangères, ainsi que le ministre de tutelle, menaçant de paralyser tout le secteur, en protestation contre la décision des autorités espagnoles.

Annulations, opération Marhaba menacée…

Cette décision espagnole -qualifiée d’«abusive»- ne cesse de susciter la colère aussi bien des transporteurs que des voyageurs, estime Othmane Khnibila, SG de la Fédération nationale du transport international routier de voyageurs, sous la bannière de l’Union générale des entreprises et des professions (UGEP). Celui-ci déclare que le secteur risque de vivre une véritable crise, si les autorités espagnoles refusent de revenir sur leur décision. Il explique, non sans colère, que «depuis le 8 mai, les voyageurs subissent un contrôle rigoureux des bagages au niveau du port d’Algesiras». Il a ajouté que «la nouvelle mesure  provoque des désagréments, notamment aux voyageurs en transit». Dès qu’un autocar marocain arrive à Algésiras, explique-t-il, il est obligé d’embarquer sur le bateau sans les bagages des voyageurs.

Dans ce même ordre d’idées, le SG de la fédération précise que les nouvelles mesures de contrôle imposent la présence physique des voyageurs à côté de leurs bagages, malgré la conformité des bagages, ajoutant que cela oblige donc les voyageurs à porter, eux-mêmes, leurs bagages sur plus de 800 mètres du lieu d’embarquement.

Notre interlocuteur ne manquera pas de souligner que la décision espagnole a impacté les sociétés marocaines. «Cela n’arrange pas les voyageurs qui ont l’habitude de prendre avec eux des bagages que leur confient des membres de leurs familles. D’ailleurs, plusieurs annulations ont été faites à cause de cette décision», affirme Othmane Khnibila. C’est ce qui fait dire à notre interlocuteur que l’opération Marhaba de cette année connaîtra certainement des perturbations en été.

Le SG de la fédération estime que les opérateurs marocains se sentent lésés par cette nouvelle mesure «abusive» et déplorent les agissements provocateurs des autorités portuaires d’Algésiras, qui les empêchent d’assurer le transport des MRE entre le Maroc et l’Europe. C’est pourquoi dans les milieux des transporteurs internationaux, dit-il, les tensions restent fortes.

Après avoir consulté ses membres, lors d’une réunion, qui a été organisée en urgence le 16 mai à Casablanca, avec l’ensemble des opérateurs représentant le secteur, cette fédération a fait savoir dans un communiqué, rendu public au début de cette semaine, qu’elle entendait poursuivre son mouvement de contestation.   

Sit in à Tanger Med programmé

A l’issue de cette réunion, il a été décidé d’organiser plusieurs mouvements de protestation. Samedi 18 mai, ils ont, en effet, entamé une grève ouverte. Et ce vendredi 24 mai, les contestataires envisagent également de tenir un sit-in au port Tanger-Med, à Tanger. Selon la fédération, 52 sociétés opérant dans le transport international routier de voyageurs à destination des pays européens ont déjà suspendu leur activité. Soit plus d’une centaine de bus assurant la liaison entre le Maroc et l’Europe, lesquels seraient actuellement en arrêt d’activité, selon le SG. Celui-ci assure que le secteur risque encore d’être complètement paralysé. Puisque, dit-il, d’autres opérateurs -notamment ceux de la Fédération nationale du transport touristique- menacent de se joindre à ce mouvement de protestation.

Pour rappel, en 2016, les autocars opérant dans le secteur du transport  international routier de voyageurs ont été autorisés à «transporter, entre le Maroc et l’Europe, des bagages et des colis non accompagnés par leurs propriétaires, à condition de les mettre dans les soutes des autocars et non pas dans les remorques attelées à ces bus, tout en respectant les conditions de la charge réglementaire en vigueur». Les bagages et les colis en question ne doivent pas comporter des contenus dangereux ou interdits, ou encore des marchandises subventionnées par l’Etat.

Notons enfin que le marché du transport international routier de voyageurs au Maroc est un marché saisonnier. Son activité connaît son apogée surtout pendant la période d’été, avec le retour massif des Marocains résidents à l’étranger (MRE) qui viennent passer leurs vacances au pays.

Naîma Cherii

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