jeudi 27 juillet 2017

Istiqlal : Comment Chabat a perdu la 1ère manche…

Face à l’insoumission de ses détracteurs, le SG du Parti de l’Istiqlal (PI), Hamid Chabat, a été contraint de lâcher du lest. Objectif de cette tactique, se maintenir le plus longtemps possible aux commandes du PI. 

C’est dans ce sens qu’une réunion a été tenue, jeudi 13 avril 2017 à Rabat, au domicile de Bouamar Taghouane, un des cadres du parti. Les participants à cette rencontre de la dernière chance (voir photo) se sont fixé comme objectif de dépasser les obstacles et éponger les malentendus entre les deux courants (anti et pro Chabat). Y étaient également présents le très influent Hamdi Ould Rachid, Mohamed Soussi, Abdelouahed El Fassi et Abdelkader El Kihel qui représentait Hamid Chabat.

La réunion s’est soldée par un accord perçu différemment. D’aucuns le considèrent comme un échec pour Chabat, alors que d’autres le voient comme une simple manœuvre de la part de cet ancien syndicaliste habitué aux confrontations.

Chabat plié par les réformateurs

Cet accord de réconciliation a été paraphé par les personnalités présentes et le représentant de Hamid Chabat. Parmi les points sur lesquels il y a eu consensus, la tenue d’un Conseil national extraordinaire, le 29 avril 2017, avant la tenue du Congrès national du parti, lequel verra l’élection d’un nouveau Secrétaire général du PI (ou la réélection de l’actuel SG qui occupe ce poste depuis 2012).

Lors de cette réunion du 13 avril, il a également été décidé de procéder à  l’amendement, à l’occasion de la tenue du Conseil national du 29 avril,  de l’article 91 des statuts du Parti de l’Istiqlal, ce qui permettra l’élargissement de la composition du Comité préparatoire du prochain Congrès national et la révision à la hausse des quotas de représentation de chaque région du parti au Congrès. Les parties présentes à la réunion au domicile de Bouamar Taghouane se sont également mises d’accord pour assouplir les conditions préalables à toute candidature au poste de SG du Parti de l’Istiqlal exigées par l’article 54 du règlement intérieur du parti. Ainsi, en modifiant cet article, l’obligation d’être membre actif du Comité Exécutif du parti ne sera plus un frein pour les istiqlaliens. Ce cas de figure concerne surtout Nizar Baraka empêché, de par ses responsabilités en tant que président du Conseil Economique, Social et Environnemental, d’assister aux réunions dudit Comité. Cette situation faisait qu’il ne pouvait pas se présenter comme candidat contre Hamid Chabat. La réunion du 13 avril, appelée «réunion de la réconciliation», a également été l’occasion de soulever le cas de Yasmina Baddou, Karim Ghellab et Taoufiq Hejira en leur permettant de reprendre leurs activités au sein du parti, à condition de présenter des excuses au SG.  Pour rappel, ces trois cadres dirigeants du PI ont fait l’objet, le 9 février 2017, d’une décision de suspension pour «manque de discipline».

Le jour où Chabat a commis un impair

En effet, ce conflit a commencé le 24 décembre 2016, lors d’une rencontre organisée au siège de l’Union Générale des Travailleurs du Maroc (UGTM), quand Chabat a remis en question la souveraineté de la Mauritanie sur son territoire, après avoir fait de même avec Sebta et Mellilia. Selon Hamid Chabat, «la Mauritanie fait partie du territoire marocain». Cette sortie médiatique est intervenue à un moment où le Maroc avait besoin du soutien des pays africains pour acter son retour à l’Union Africaine (UA) et faire échouer les complots ourdis par les ennemis du Royaume, à leur tête le trio composé du Polisario, de l’Algérie et de l’Afrique du Sud. A rappeler que le Conseiller de SM le Roi Mohammed VI, Taieb Fassi Fihri, invité sur le plateau de la première chaîne de TV (Al Aoula), pour commenter le discours historique du Souverain devant les membres de l’UA, avait affirmé: «Les déclarations irresponsables du SG d’un parti important au sujet de la Mauritanie ont compliqué davantage la tâche du Maroc, au moment où le pays avait besoin et cherchait des soutiens supplémentaires pour son retour à l’Union Africaine».

Constatant que ses déclarations sur la Mauritanie allaient lui jouer de très mauvais tours, Chabat s’est empressé de présenter ses excuses. Hélas, c’était trop tard! Car, commentant les déclarations du SG du PI et mettant en garde contre leurs retombées négatives sur l’image et la notoriété du parti, aussi-bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, trois cadres dirigeants du parti, à savoir Yasmina Baddou, Karim Ghellab et Taoufik Hejira ont appelé au changement au sein de leur parti. Ils ont estimé que le PI méritait un leader autre que Hamid Chabat. Celui-ci n’a pas tardé à riposter.

Ainsi, le 9 février 2017, Baddou, Ghellab et Hejira ont été suspendus du parti pour une durée de 18 mois. Les chefs d’inculpation retenus contre eux étaient la «violation des règlements du parti», la «nuisance aux intérêts du P.I» et le «manque de discipline».

Contestant cette décision, Baddou et Ghellab ont décidé de porter devant la justice cette décision qu’ils jugeaient partiale. En effet, la justice leur a donné raison. Vendredi 3 mars 2017, le tribunal administratif de Rabat a décidé de lever la suspension et le gel de leurs activités au parti.

Selon le politologue Mohamed Zineddine, l’étau se resserre autour de Hamid Chabat. Il affirme que le mandat de ce dernier à la tête du parti de la balance ne durera pas longtemps; sauf rebondissement de dernière minute pendant le prochain Congrès national du parti.  Cet avis est partagé par plusieurs istiqlaliens qui aspirent au changement à la tête de leur parti. D’autres pensent que Chabat ne se laissera pas faire et fera tout pour se maintenir à son poste, soutenu surtout par son bras droit Abdelkader El Kihel.

Quoi qu’il en soit, le prochain SG devra composer avec la vieille garde du Parti de l’Istiqlal qui reste profondément attachée à Chabat.

Chabat change d’avis

Réuni mardi 18 avril 2017 à Rabat, le Comité exécutif a finalement validé les principaux points figurant dans l’accord de réconciliation signé le 13 avril 2017 à Rabat. Certains membres du parti craignent néanmoins un retournement de veste de la part de Hamid Chabat qui s’est montré, lors de la réunion du Comité exécutif de son parti, hésitant en ce qui concerne la révision des articles 54 et 91 du règlement intérieur du parti. Il a néanmoins promis de les soumettre au vote des congressistes lors du prochain Conseil du parti. Wait and See… !

Mohcine Lourhzal

Texte original de l’accord en question: 

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