lundi 11 décembre 2017

Institutions de BrettonWoods : Le Maroc sous la loupe

Lagarde et wali jouahri et ministre boussif

A la veille du Congrès d’Amman, organisé conjointement par le gouvernement jordanien, le FMI et le FADES, Christine Lagarde, DG du FMI, s’est rendue au Maroc où elle a eu des entretiens avec les responsables marocains; des rencontres qu’elle a d’ailleurs qualifiées de «fructueuses» et marquées par «un dialogue amical et franc».

Pour Christine Lagarde, le Maroc et le FMI partagent le même objectif de stabilité et de croissance inclusive… Au même moment, des responsables de la Banque Mondiale ont eu des entretiens avec leurs homologues marocains…

Cet intérêt accordé subitement au Maroc par les institutions de Bretton Woods pousse à bien des interrogations. Il est certes une marque de confiance en une économie marocaine qui se déploie comme il faut pour se maintenir à un bon niveau, en dépit d’un contexte international marqué par la crise. Mais, il est aussi synonyme d’assistance de ces institutions, en ce sens que les choses ne vont pas, malgré tout, dans le bon sens et que les réformes menées sont insuffisantes ou inefficaces. Il y a ainsi lieu de se demander s’il faut se réjouir de cet intérêt ou plutôt s’en inquiéter, vu qu’il peut cacher de bien mauvaises surprises à l’économie marocaine.

Plutôt s’en réjouir…

C’est surtout l’avis des responsables marocains qui y voient aussi un appui majeur à l’initiative marocaine de bâtir une économie assez forte dans un cadre stable, sécurisé et sécurisant.
Le fait que le FMI mette ainsi le Maroc sous la loupe doit être un bon argument pour accélérer les démarches et aller de l’avant dans les réformes entamées. C’est sur les réformes que Lagarde a insisté dans presque tous ses propos. La DG du FMI a d’ailleurs souligné dans ce sens qu’elle encourage le Maroc à poursuivre «des réformes budgétaires difficiles» et à mettre en œuvre un programme de réformes structurelles visant à rehausser la compétitivité, à améliorer le climat des affaires et à créer davantage d’emplois.
Ceci est aujourd’hui possible, a estimé Lagarde, grâce au fait que «le Maroc, affirme-t-elle, dispose d’un potentiel considérable». Cependant, «il doit surmonter un certain nombre d’obstacles pour accélérer sa croissance». Une croissance qui, selon elle, risque d’être en deçà des attentes. «Nous prévoyons que la croissance du Royaume ralentira au-dessous de 4% en 2014, car la production agricole devrait se rapprocher de son niveau normal, mais l’activité hors agriculture devrait se redresser grâce notamment à la reprise en Europe», a-t-elle estimé. Et Lagarde de noter aussi que le déficit des transactions courantes devrait continuer à se contracter en raison notamment de l’action soutenue des pouvoirs publics et de la baisse des prix mondiaux de l’énergie. La responsable du FMI a par ailleurs souligné la nécessité de s’employer à dégager un consensus sur les réformes les plus importantes, telles que celles des subventions et des retraites.
Dans ce cadre, Lagarde s’est réjouie des progrès accomplis par le Maroc et des mesures importantes prises récemment pour réduire les déséquilibres économiques, notamment la réforme des subventions et le développement des programmes sociaux en faveur des populations les plus pauvres. A cet effet, elle a souligné: «Les résultats économiques du Maroc se sont améliorés en 2013 en dépit d’un environnement international difficile. L’action vigoureuse des pouvoirs publics, conjuguée à la baisse des prix internationaux du pétrole, a contribué à réduire le déficit budgétaire de près de 2% du PIB, à 5,4%». Ceci dit, elle a réitéré l’engagement du FMI à appuyer les efforts que le Maroc déploie à travers ses conseils, son aide financière et son assistance technique.
La Directrice générale de l’institution de Bretton Woods a par ailleurs recommandé aux pays de la région du Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) de consolider les piliers économique et social à travers la mise en place des actions de soutien aux petites et moyennes entreprises (PME), la constitution d’une classe moyenne solide et l’utilisation intelligente des données publiques.
Evoquant la vocation africaine du Maroc, la DG du FMI a souligné que le Royaume a des liens historiques profonds avec les pays de l’Afrique subsaharienne, relevant que le souci du Maroc de faire valoir ces liens historiques pour promouvoir la coopération sud-sud avec cette sous-région procède d’une «vision stratégique intelligente».

La LPL intelligemment utilisée

Pour ce qui est de la Ligne de précaution et de liquidité (LPL), qui vient à expiration le 2 août 2014, Lagarde a rappelé qu’elle n’a pas été tirée par le Maroc, mais a été utilisée plutôt comme un gage de bonne gestion afin de renforcer davantage la confiance des investisseurs internationaux dans le Royaume. «Le FMI est toujours disposé à évoquer une autre LPL avec le Royaume, si les autorités marocaines l’estiment utile», a-t-elle fait savoir à ce sujet, notant aussi que le Maroc a utilisé avec une «grande intelligence» et un «grand discernement» la Ligne de précaution et de liquidité et que ce mécanisme financier, qui sert à donner un signal fort aux investisseurs nationaux et étrangers, est un indicateur assurant l’engagement du pays sur la voie des réformes importantes.
Pour sa part , le ministre marocain de l’Economie et des Finances, Mohamed Boussaid, a dans ce sens assuré que cette LPL a permis au Maroc de se prémunir contre les chocs externes, de rétablir le redressement des finances publiques et de fournir une assurance aux investisseurs et aux bailleurs de fonds.
Il n’y a apparemment pas lieu de se soucier de cette approche en masse des institutions financières intéressées par le cas du Maroc. Mais il y a quand même lieu de se demander si le Maroc saura maintenir le cap pour ce qui est de la poursuite des réformes, seule garantie d’une réelle économie constructive d’un exemple, voire d’un modèle prospère et exportable. Tout compte fait, ces gens-là ne font que leur travail et le Maroc doit aussi faire ce qu’il a à faire.

Hamid Dades
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SM le Roi reçoit Christine Lagarde


SM le Roi Mohammed VI a reçu en audience Christine Lagarde, Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), qui a tenu à cette occasion à féliciter le Souverain pour les «réformes en profondeur» engagées par le Royaume au cours des derniers mois. Cette audience a été l’occasion d’évoquer la situation économique du Maroc et de faire part à SM le Roi des «encouragements du FMI pour la poursuite des réformes dans le cadre desquelles le Fonds reste un partenaire au service du Royaume du Maroc». Lagarde a par ailleurs affirmé qu’elle a été «éblouie» par la connaissance précise et détaillée que le Souverain a de tous les dossiers, petits et grands.

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Leurs avis

lagarde FMI 2014

«Le Maroc reste un modèle de stabilité, malgré une conjoncture difficile marquée notamment par la crise économique en Europe et les transitions politiques dans le monde arabe. De par son emplacement à la croisée des chemins de l’Afrique, de l’Europe et du Moyen-Orient, le Maroc ouvre des perspectives fort prometteuses comme pôle de rayonnement économique pour la région du Moyen-Orient et Afrique du Nord. Dans cet environnement régional et international délicat, l’économie marocaine a fait preuve de résilience et de profondes réformes sont en cours».
Christine Lagarde, DG du FMI

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Jouahri 2014

«L’impact de la récente hausse du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) sur l’inflation s’élève à 0,2%. Pour ce qui est de la politique de change du Maroc, l’ouverture extérieure du Royaume impose une évolution du régime de change qui sera envisagée dans les meilleures conditions possibles».
Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib

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boussaid

«Le Maroc a réussi la politique de rééquilibrage de ses finances publiques, à la faveur de grandes réformes financières et économiques. Ces réformes ouvrent la voie au Maroc pour renforcer son positionnement en tant que pôle d’exception pouvant drainer des investissements étrangers privés et développer son exercice économique, afin de donner une nouvelle dynamique au développement et réduire les écarts sociaux et les disparités spatiales. Ces réformes ouvrent également la voie devant le Royaume pour diversifier son économie, ainsi que ses partenariats aux niveaux sectoriel et géographique, notamment au sein du continent africain. Par rapport à d’autres pays, le Maroc a pu développer un modèle économique unique qui a pu montrer une certaine résilience face à la crise mondiale, les fluctuations des prix et les chocs économiques qui ont impacté son équilibre financier. La conjoncture internationale étant saine et en perpétuelle amélioration, le Maroc peut se réjouir d’être en position de force pour tirer profit de l’ensemble des opportunités offertes dans le sillage du nouveau décollage de l’économie mondiale».
Mohammed Boussaid, ministre de l’Economie et des Finances

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«Le risque de crédit du Royaume est tombé à son plus bas niveau en près de 3 ans, suite à la déclaration du ministre des Finances, Mohamed Boussaid, soulignant que le Maroc cherchera à renouveler une facilité de crédit (LPL) du Fonds monétaire international (FMI) de 6,2 milliards de dollars. Le coût de l’assurance de la dette libellée en dollars du Maroc, contre un défaut de paiement, a chuté de 15 points de base (lundi 12 mai), à 178, le plus bas depuis août 2011».
Source: Agence Bloomberg
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Ouverture économique du Maroc
Ministère des Finances et Banque mondiale décortiquent…

Banque mondiale et ministere des finances maroc mai 2014

Les travaux du forum sur l’ouverture économique au Maroc, à Rabat, ont permis d’analyser sans complaisance l’économie du Maroc et d’évaluer l’impact de son ouverture…

Le Forum public-privé sur l’impact de l’ouverture économique du Maroc sur les équilibres macroéconomiques et la performance commerciale des entreprises marocaines s’est tenu le 9 mai à Rabat. Cet événement a été organisé par la Direction des Etudes et des Prévisions Financières (DEPF) du ministère de l’Economie et des Finances, en partenariat avec la Banque Mondiale. «Cette rencontre constitue une occasion précieuse pour faire le point sur le processus de l’ouverture et de l’intégration au Maroc, avec un accent particulier sur les effets de l’ouverture économique sur les équilibres macro-économiques, ainsi que les transformations structurelles qu’elle engendre, dans un contexte mondial marqué par une reconfiguration des chaînes de valeur mondiales et des mutations profondes des systèmes productifs internationaux», a déclaré Mohamed Boussaid, ministre de l’Economie et des Finances.
Ce Forum a réuni des représentants des secteurs public et privé pour réfléchir sur les opportunités et les défis liés à l’ouverture de l’économie marocaine. Il a de ce fait constitué l’occasion de faire le point sur le processus de l’ouverture et de l’intégration au Maroc.
Il faut dire qu’une attention particulière a été accordée aux effets de l’ouverture économique sur les équilibres macro-économiques, ainsi que sur les transformations structurelles qu’elle engendre. La problématique de la convergence réglementaire a été également abordée.
Le Maroc s’est engagé dans la voie de l’ouverture économique. Ce choix a aidé à la transformation structurelle du royaume au cours des années passées tout en continuant d’être porteur de perspectives favorables pour l’avenir, moyennant la mise en œuvre de politiques d’accompagnement pour renforcer la compétitivité et la transformation économique et sociale qui distinguent le Royaume dans la région.
L’objectif de cette rencontre était donc de partager les résultats des travaux analytiques qui ont été initiés par la Banque Mondiale et les autorités marocaines pour évaluer les conséquences de l’ouverture commerciale du Maroc et éclairer les choix futurs de politique économique.
Parallèlement, l’organisation de cette manifestation s’est inscrite dans le cadre de la préparation du second programme d’appui de la Banque Mondiale au gouvernement marocain. «Cette rencontre intervient à la veille de la préparation du second programme d’appui de la Banque Mondiale au gouvernement marocain pour le renforcement de la compétitivité économique du pays», selon Mohamed Boussaid. Ce programme vise à soutenir des réformes transversales portant sur l’amélioration du climat des affaires, l’approfondissement des politiques liées au commerce et à la facilitation des échanges et le renforcement de la gouvernance économique. Le forum s’inscrit également dans le cadre de la préparation du projet de Mémorandum économique de la Banque Mondiale sur le thème «Une société plus ouverte pour une économie prospère, inclusive et résiliente». A cela s’ajoute la dynamique en cours qui a pour but de promouvoir le développement industriel, ainsi que la compétitivité économique du Maroc.

Axes pour améliorer l’ouverture économique

Pour sa part, Jean-Pierre Chauffour, économiste de la Banque Mondiale, a présenté quelques axes pour améliorer les indicateurs d’ouverture économique du royaume. L’économiste pense que, malgré les plans émergence successifs, il y a toujours un déclin du secteur industriel et que le royaume a investi à un rythme élevé sans pour autant avoir une productivité importante. Il a également pointé du doigt le creusement du déficit budgétaire de l’Etat à cause d’un plus grand nombre de subventions que d’investissements lors de l’année 2012. A cela s’ajoute le manque de transparence des marchés publics qui conduit le Maroc à acheter à prix élevé. Enfin, il a proposé trois solutions, afin de booster l’économie marocaine et contrer le déficit de la balance commerciale. Il s’agit d’adopter une stratégie budgétaire maîtrisée, un taux de change davantage flexible et une épargne plus importante.
«Le Maroc a fait d’énormes progrès au cours de la dernière décennie pour ouvrir son économie aux marchés internationaux. Les barrières tarifaires et non-tarifaires ont progressivement été réduites et les procédures de commerce extérieur ont été simplifiées. Les infrastructures liées au commerce se sont modernisées pour tous les modes de transport et le pays a engagé un processus de mise à niveau de ses règles douanières et autres modalités logistiques», a souligné Joumana Cobein, chef du bureau IFC (International Finance Corporation) pour la région Maghreb. A rappeler que l’IFC, membre du groupe de la Banque Mondiale, est la plus importante institution mondiale d’aide au développement dont les activités concernent exclusivement le secteur privé.

Anas Hassy

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