mercredi 23 mai 2018
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Défi de la baleine bleue : Le très dangereux jeu qui sévit au Maroc

Plusieurs cas de suicide causés par le jeu du défi «La baleine bleue» ou «Blue Whale Challenge», ont été recensés ces dernières semaines au Maroc. Le dernier en date est celui d’un collégien à Benguérir qui, par chance, s’est ressaisi au bon moment. Sommes-nous face à un nouveau phénomène de société ou s’agit-il de cas isolés et sans gravité?  Eclairage.

Les parents de Brahim, 13 ans, n’ont jamais imaginé que leur propre fils, collégien au parcours scolaire brillant, devienne accro à un jeu quel qu’il soit et encore moins à ce jeu de défi, «La baleine bleue», venu directement de Russie et qui, de fil au aguille, pousse ceux et celles qui décident d’y jouer à se suicider.

D’après le témoignage du père du jeune collégien, le comportement de son fils avait beaucoup changé ces derniers temps. Anxiété, nervosité, désintérêt pour les études et perte d’appétit, ont été autant de signes qui lui ont mis la puce à l’oreille. Ne sachant comment réagir face à ce changement de comportement inexpliqué, le père du jeune Brahim a finalement décidé de le faire ausculter par un médecin à Benguérir. A la surprise générale, il a été constaté que l’adolescent portait sur son avant-bras  des mutilations ayant la forme d’une baleine.

L’interrogatoire effectué par l’infirmière qui a accueilli le jeune garçon a été suffisant pour faire éclater la vérité. Le diagnostic a été sans appel. Brahim est bel et bien tombé dans les filets de «La baleine bleue». La grave dépression décelée chez le jeune patient est venue compliquer les choses. Face à la gravité de la situation, les médecins de l’hôpital qui ont accueilli le jeune garçon ont aussitôt décidé de le transférer à Marrakech pour un suivi plus approprié, sachant qu’il a montré des signes de poussées suicidaires graves, causées par ce jeu morbide.    

Comment le piège de la baleine bleue se referme peu à peu

Selon le père de Brahim, ce dernier a téléchargé le jeu de «La baleine bleue» sur son smartphone par pure curiosité. Il ne savait pas que, depuis ce jour, sa vie allait basculer et virer au drame. Brahim, qui s’est confié directement à son père, lui a affirmé qu’au début, les défis de «La baleine bleue» étaient assez faciles, avant de se corser petit à petit, au point qu’il lui a été demandé de se taillader l’avant-bras, s’enfoncer un clou dans la main, le pied et la cuisse, regarder des films d’horreur et fréquenter des endroits déserts au beau milieu de la nuit, entre autres défis plus hallucinants les uns que les autres. Au fur et à mesure que la jeune victime s’exécutait, la dépression s’emparait de lui jusqu’au jour où il lui a été demandé de mettre fin à ses jours. Heureusement que le jeune Brahim a pu se ressaisir et faire marche arrière au bon moment. Ce qui lui a valu des messages, envoyés par des inconnus sur son téléphone portable, qui le menaçaient dans son intégrité physique et celle des membres de sa famille.

Mais si le jeune collégien de Benguérir a eu la chance d’échapper au suicide dicté par «La baleine bleue», d’autres jeunes Marocains ont payé de leur vie leur addiction à ce jeu énigmatique.

Suicides inexpliqués et inquiétude parmi les parents

Ainsi, depuis le début de 2018, plusieurs cas de suicide inexpliqués ont été enregistrés dans plusieurs villes du Royaume. Bien que les autorités aient estimé que ces morts accidentelles ne sont pas liées à ce jeu de défi qui fait fureur dans le monde, un grand nombre de citoyens demeurent  convaincus que c’est à cause de «La baleine bleue» que les jeunes Marocains se donnent de plus en plus la mort, ces derniers temps. A Agadir, par exemple, l’une des présumées victimes de la baleine bleue a sauté, le 2 janvier 2018, de la terrasse du domicile parental haut de 7 mètres. Souffrant de troubles mentaux, elle a été confiée aux services psychiatriques à Inezgane. A Tikiouine, près de la capitale du Souss, un adolescent de 17 ans s’est donné la mort, le 3 janvier dernier, en avalant du raticide. A Khénifra, le 6 janvier, une jeune femme s’est suicidée en ingurgitant de la mort-aux-rats. D’autres cas de suicides douteux ont été rapportés, à Casablanca, en 2017. Le premier à Hay Mohammadi, le 2 décembre 2017 et le deuxième à Sidi Moumen, le 25 décembre.

Si la version officielle veut que ces cas de suicide soient liés à des perturbations mentales ou des chagrins d’amour, plusieurs acteurs de la société civile estiment que leur montée en flèche est le résultat direct de «La baleine bleue», appelant les autorités à prendre au sérieux ce jeu de défi morbide et la menace qu’il représente sur la vie des jeunes Marocains, surtout parmi les adeptes du web et des nouvelles technologies.  

L’association «Touche pas à mes enfants» pour la protection de l’enfance a été la première à attirer l’attention, quant aux risques de ce jeu. La présidence de l’ONG, Najia Adib, a appelé à l’organisation d’une rencontre de sensibilisation au profit des enfants et des parents. Selon elle, beaucoup de parents sont totalement largués par l’évolution des nouvelles technologies et la précocité de certains enfants. D’où l’importance de multiplier les rencontres de communication et de sensibilisation aux dangers de ce genre de jeux sur les jeunes. Pour sa part, l’association «Sourire de Réda», qui lutte contre le suicide et vient en aide aux jeunes en souffrance, a mis en garde contre les conséquences dramatiques du jeu de défi de «La baleine bleue». Selon la directrice de l’association, Véronique Fima, ce chalenge existe bel et bien et il n’y a aucune raison que le Maroc soit épargné. Qu’il y ait des morts ou non, il faut en parler et le remettre dans un contexte, celui de la souffrance et du mal-être dont souffrent un grand nombre de jeunes et d’enfants marocains.

De l’avis de nombreux sociologues et spécialistes en criminologie, la famille a un rôle important à jouer dans le sens où un enfant bien entouré a beaucoup moins de chances de passer à l’acte et mettre fin à ses jours en exécutant les ordres de «La baleine bleue».

Récemment, des voix se sont élevées au Maroc, comme partout dans le monde, contre le jeu de «La baleine bleue». Selon les sociologues et les criminologues, la famille doit jouer son rôle d’encadrement, de même que la société appelée à encadrer les jeunes en souffrance et en manque de repères.

Mohcine Lourhzal

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