mardi 11 décembre 2018

Croissance dans la région MENA : La Banque mondiale inquiète pour le Maroc

Les instituts nationaux de statistiques avaient déjà tiré la sonnette d’alarme sur un éventuel repli de la croissance au Maroc. Dans son dernier rapport semestriel de suivi de la situation économique dans la région MENA, la Banque Mondiale (BM) vient confirmer cette inquiétude.   

Le Maroc a mal à sa croissance. Les pronostics de la Banque Mondiale, contenus dans son dernier rapport sur la situation économique dans la région Moyen-Orient-Afrique du Nord (MENA), intitulé «Une nouvelle économie pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord», ne sont guère optimistes à propos de l’évolution de l’économie nationale.   

Une croissance atone

Dans sa partie réservée au Maroc, le rapport de la BM prévoit un repli de la croissance du Produit Intérieur Brut (PIB). Dans le détail, les prévisions de cette institution internationale annoncent une croissance économique de 3,2% en 2018, soit près d’un point de moins qu’en 2017 (4,1%). Selon les mêmes projections, la situation ne devrait pas s’améliorer en 2019, en ce sens que le PIB ne dépasserait pas 2,9% avant de donner quelques signes d’amélioration en 2020, avec 3,5%. «La croissance économique du Maroc reste atone», estime le rapport de la Banque Mondiale. Cette dernière explique, en outre, que le principal facteur, qui empêche le pays d’enregistrer une croissance satisfaisante et soutenue, est lié principalement à la baisse de la Valeur Ajoutée (VA), notamment dans le  secteur agricole. Ainsi, cette dernière est passée de 4,8% au premier trimestre 2017, à 2,5% au premier trimestre 2018, fait savoir le rapport de la BM.

La solution passe par l’emploi…

L’incapacité de l’économie nationale à prendre son envolée n’est pas seulement une question de facteurs micro-économiques. En effet, dans son rapport, la Banque Mondiale pointe du doigt le chômage en tant que principal frein au développement économique, de manière générale, dans le Royaume. «Le chômage est un fléau pour beaucoup de jeunes. Ce problème va continuer de s’aggraver, à moins d’en faire un atout. Il faut exploiter la dynamique de croissance actuelle, pour accélérer le rythme des réformes et accroître leur ambition. Et s’attacher en priorité à bâtir une économie moderne qui mette à profit les nouvelles technologies et repose sur l’énergie et la capacité d’innovation des jeunes générations», préconise le rapport de la Banque Mondiale. Cette dernière souligne dans ce cadre que le Maroc, à l’instar des autres pays de la région MENA, doit miser davantage sur les nouveaux métiers, dans le cadre de la nouvelle tendance économique à caractère numérique. «Les pays de la région MENA ne doivent plus suivre la voie traditionnelle du développement qui repose sur les exportations de produits manufacturés, mais doivent plutôt développer une économie numérique qui tire parti de sa main-d’œuvre jeune et instruite», note la BM en expliquant que cette stratégie permettra de rattraper les économies avancées dans l’économie numérique, en quelques années seulement.

…Et l’implication générale

Toutefois, la Banque Mondiale rappelle que les objectifs économiques et sociales ne peuvent être réalisés que si les pouvoirs publics, les citoyens et le  secteur privé y adhèrent, dans le cadre d’un effort collectif. «Cet élan pourrait transformer les économies de la région MENA et permettre à ses millions de jeunes de trouver un emploi de qualité et de contribuer à la croissance grâce à leurs compétences et leur créativité», conclut-elle.

In fine, le Maroc, à l’instar d’autres pays émergents, peut enregistrer des taux de croissance satisfaisants. Comme expliqué par plusieurs économistes, le nouveau modèle de développement auquel a appelé SM le Roi Mohammed VI constitue une solution idoine pour une nouvelle accélération économique du Royaume qui se répercute forcément sur le social, en premier lieu l’emploi qui constitue l’un des facteurs de création de richesses et de valeur ajoutée, aussi bien au Maroc que dans tous les pays du monde.

Mohcine Lourhzal

Algérie, pays riche, peuple pauvre

S’agissant des perspectives économiques régionales, le rapport de la Banque Mondiale prévoit la poursuite d’une reprise modérée, avec un taux de croissance qui devrait atteindre 2,8% en moyenne, d’ici fin 2020. Bien que la région soit actuellement exposée à un risque d’instabilité susceptible de s’aggraver et d’affaiblir la croissance, les pays exportateurs de pétrole devraient tirer avantage de la bonne tenue des prix du pétrole et de la demande. Les pays importateurs d’hydrocarbures devraient, quant à eux, bénéficier des effets des réformes de la gestion des dépenses publiques, ainsi que de l’augmentation des échanges commerciaux avec l’Europe et la Chine et des apports financiers des exportateurs de pétrole de la région. Le même rapport souligne que les pays de la région MENA exportateurs de pétrole ont pu économiser un total de près de 180 milliards de dollars, ce qui élargit les marges de manœuvre budgétaires de leurs gouvernements. Ceci dit, il ne suffit pas de disposer de ressources naturelles, comme le pétrole, pour être un pays développé, avec une croissance satisfaisante. Dans le cas de l’Algérie, par exemple, des spécialises économiques rappellent que les revenus collectés grâce à la commercialisation de l’or noir n’a pas permis à la population algérienne de baigner dans l’aisance, bien au contraire. Dans ce pays, la pauvreté continue d’asphyxier la population.

Repères

A retenir:

* 4,1%: croissance enregistrée par le Maroc en 2017

* 3,2%: taux prévu pour l’année 2018

* 2,9%: projection de croissance du PIB marocain en 2020.

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